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Médecine générale

Médecine du voyage : vaccins, paludisme et trousse pharmacie au Maroc

Préparez vos voyages : vaccins (fièvre jaune, hépatite A, méningite Hadj), prophylaxie paludisme, trousse pharmacie et conseils par destination depuis le Maroc.

Lecture

12 min

Mots

4 425

Publié

29 avril 2026

FAQ

3 Q/R

DK

Révision médicale

Dr. Karim Lahlou

Médecin généraliste, médecine du voyage

Vérifié
Médecine du voyage : vaccins, paludisme et trousse pharmacie au MarocVitaly Gariev · Unsplash
Article révisé le 29 avril 2026

En bref

Réponses rapides aux questions essentielles

Quels vaccins sont obligatoires pour faire le Hadj ou la Oumra ?
Le vaccin antiméningocoque ACYW135 est OBLIGATOIRE pour entrer en Arabie saoudite pour Hadj et Oumra, à administrer ≥ 10 jours avant le départ et ≤ 3 ans (validité 5 ans en pratique). Le certificat de vaccination doit être présenté à la…
Faut-il prendre un traitement antipaludique pour tous les voyages en Afrique ?
Non, cela dépend de la destination précise. L'Afrique du Nord (Maroc, Tunisie, Algérie, Égypte) est sans paludisme (élimination). L'Afrique sub-saharienne est à haut risque, surtout en zones rurales. Les capitales urbaines (Dakar, Abidja…
Que faire en cas de fièvre dans les semaines suivant un voyage tropical ?
Consulter rapidement et mentionner le voyage. La fièvre dans les 3 mois suivant un retour de zone tropicale est une urgence : éliminer un paludisme (Plasmodium falciparum est mortel sans traitement), une dengue, une typhoïde, une hépatit…
Sommaire (8)+
  1. 01Consultation pré-voyage
  2. 02Vaccins selon destination
  3. 03Paludisme et prophylaxie
  4. 04Diarrhée du voyageur
  5. 05Autres risques (dengue, rage, soleil)
  6. 06Trousse pharmacie idéale
  7. 07Destinations populaires Marocains
  8. 08Centres et ressources au Maroc

01Consultation pré-voyage#

La consultation de médecine du voyage est recommandée 4-8 semaines avant le départ pour :

Cette consultation permet de mettre à jour les vaccinations appropriées — certaines nécessitent plusieurs semaines pour être pleinement efficaces —, de démarrer la prophylaxie antipaludique avant le départ si nécessaire, de recevoir des conseils spécifiques à la destination, de préparer une trousse pharmacie adaptée, et d'anticiper la gestion des maladies chroniques en voyage.

Cette consultation est recommandée pour les courts comme les longs séjours, en particulier vers l'Afrique subsaharienne, l'Asie du Sud-Est ou l'Amérique latine, pour les séjours de plus d'un mois, ainsi que pour les publics à risque : enfants, personnes âgées, femmes enceintes, personnes diabétiques, immunodéprimées ou cardiaques, personnes vivant avec le VIH, pèlerins du Hadj ou de la Oumra à La Mecque, et expatriés.

Le médecin recueille la destination précise (pays, région, milieu urbain ou rural), les dates et la durée du séjour, le type de voyage (touristique, professionnel, humanitaire, expatriation), les activités prévues (safari, plongée, trek, sports), les antécédents médicaux et les allergies, les vaccinations déjà reçues via le carnet de vaccination, et les médicaments en cours.

À partir de ces éléments — risques liés à la destination, âge, comorbidités et historique vaccinal —, le médecin établit un plan d'action personnalisé. Ces consultations sont disponibles à Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger et Agadir, auprès de médecins généralistes formés à la médecine du voyage, qui prodiguent conseils et prescrivent les médicaments nécessaires, en s'appuyant sur les recommandations de l'OMS, de l'IATA et du ministère de la Santé. La consultation coûte entre 200 et 500 MAD. Elle est idéalement programmée 6 à 8 semaines avant le départ, avec un minimum de 2 semaines pour les vaccinations urgentes — possible mais avec une protection limitée dans ce délai court.

02Vaccins selon destination#

Certains vaccins sont universellement recommandés avant tout voyage, quelle que soit la destination : le rappel du tétanos-diphtérie-poliomyélite s'il date de plus de 10 ans, et le vaccin rougeole-oreillons-rubéole chez les adultes de moins de 50 ans non vaccinés, à mettre à jour selon le calendrier vaccinal.

Le vaccin contre la fièvre jaune est obligatoire pour entrer dans certains pays, avec délivrance d'un carnet jaune international reconnu par l'OMS. Il concerne les pays endémiques d'Afrique subsaharienne et d'Amérique du Sud tropicale, et n'est administré que dans des centres agréés (CHU, centres de vaccination internationale). Une seule dose confère une protection à vie selon les recommandations de l'OMS de 2016, et doit être réalisée au moins 10 jours avant le départ. Il est contre-indiqué avant 9 mois, à évaluer au cas par cas après 60 ans, et déconseillé pendant la grossesse ou en cas d'immunodépression sévère. Son coût au Maroc est de 350 à 500 MAD.

Les pays où la fièvre jaune est exigée à l'entrée incluent notamment : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d'Ivoire, République Démocratique du Congo, Gabon, Ghana, Guinée, Liberia, Mali, Nigeria, République Centrafricaine, Rwanda, Sénégal (selon les zones), Sierra Leone, Soudan du Sud, Togo, République du Congo, entre autres.

Le vaccin contre l'hépatite A est fortement recommandé pour tout voyage en zone endémique (Afrique, Asie, Amérique latine, certains pays d'Europe de l'Est), la transmission se faisant par voie orale-fécale via l'eau ou les aliments contaminés. Le schéma classique comprend deux doses, à J0 puis entre 6 et 12 mois, offrant une protection de longue durée d'environ 25 ans ; une seule dose suffit pour une protection courte d'un an. Il est conseillé de le réaliser 2 à 4 semaines avant le départ, pour un coût au Maroc de 350 à 500 MAD par dose.

Le vaccin contre la typhoïde est recommandé pour les voyageurs se rendant dans des zones à hygiène précaire (Inde, Asie du Sud-Est, Afrique), la transmission se faisant également par voie orale-fécale. Il existe sous forme injectable, en une dose offrant une protection de 3 ans, ou sous forme orale, en 3 à 4 capsules. Son coût au Maroc est de 250 à 400 MAD.

Le vaccin contre la méningite (ACYW135) est obligatoire pour le Hadj et la Oumra à La Mecque, ainsi que pour les voyages dans la ceinture méningitique d'Afrique subsaharienne (du Sénégal à l'Éthiopie). Une seule dose, administrée au moins 10 jours avant le départ, offre une protection de 5 ans ; le carnet de vaccination est obligatoire pour le Hadj. Son coût au Maroc est de 250 à 400 MAD.

Le vaccin antirabique préventif, en 3 doses (à J0, J7 et entre J21 et J28), est recommandé pour les voyageurs se rendant en zones rurales de pays endémiques (Asie, Afrique, Amérique latine), pour les longs séjours et pour les enfants. Il ne dispense pas d'une prophylaxie post-exposition en cas de morsure, mais la simplifie considérablement. Son coût au Maroc est de 800 à 1 200 MAD pour les 3 doses.

Le vaccin contre l'encéphalite japonaise est recommandé pour les voyageurs se rendant en zones rurales d'Asie (Japon, Chine, Indonésie, Thaïlande, Inde), en particulier pour les séjours de plus d'un mois en zone d'endémie, selon un schéma de 2 doses à un mois d'intervalle, pour un coût élevé. Le vaccin contre l'encéphalite à tiques concerne les voyageurs en Europe centrale et de l'Est, en Russie et en Asie du Nord rurale, en 2 à 3 doses. Le vaccin oral contre le choléra, en 2 doses, est recommandé pour les voyageurs se rendant en zones d'épidémie ou humanitaires (Yémen, Haïti, etc.) ; il reste émergent depuis 2022 et n'est recommandé que pour les voyageurs en zones d'épidémie active associées à des facteurs de risque. Le vaccin contre l'hépatite B est recommandé universellement chez l'adulte, en particulier pour les voyageurs en long séjour, selon un schéma de 3 doses (J0, J30, 6 mois). Le vaccin contre le HPV est recommandé chez les adultes de 15 à 26 ans, femmes et hommes, et protège contre les cancers du col, de l'anus et de l'oropharynx.

RégionVaccins recommandés
Afrique sub-saharienneFièvre jaune (obligatoire), hépatite A, typhoïde, méningite, rage (long séjour)
Asie du Sud-EstHépatite A, typhoïde, encéphalite japonaise (rural), rage
Amérique latine tropicaleFièvre jaune (Amazonie), hépatite A, typhoïde
Inde, Bangladesh, PakistanHépatite A, typhoïde, encéphalite japonaise, rage
Mecque (Hadj/Oumra)Méningite ACYW135 obligatoire, grippe
EuropePas spécifiques, encéphalite tiques (forêts Est)

Le carnet de vaccination international est délivré par les centres agréés et mentionne les vaccinations reçues ; il doit être présenté aux frontières des pays les plus exigeants.

03Paludisme et prophylaxie#

Le paludisme (ou malaria) est causé par le parasite Plasmodium, transmis par la piqûre du moustique anophèle. Plasmodium falciparum, l'espèce la plus fréquente en Afrique subsaharienne, est mortelle en l'absence de traitement. Plasmodium vivax, présent en Asie et en Amérique latine, provoque des accès tardifs sous forme de rechutes. Plasmodium ovale, présent en Afrique, est moins virulent, tandis que Plasmodium knowlesi constitue une zoonose émergente en Asie du Sud-Est.

Les symptômes du paludisme comprennent une fièvre constante accompagnée de frissons, des céphalées, des nausées et des vomissements, ainsi que des douleurs musculaires, apparaissant généralement 1 à 3 semaines après la piqûre infectante. Dans les formes graves, un neuropaludisme ou une défaillance multiviscérale peuvent survenir, potentiellement mortels : le diagnostic doit alors être posé en urgence par frottis sanguin, goutte épaisse ou test de diagnostic rapide.

RisquePays exemples
Élevé (P, falciparum, transmission permanente)Afrique sub-saharienne, Papouasie
ModéréAsie du Sud-Est rurale, Amazonie, Amérique centrale rurale
FaibleInde villes, Asie du Sud-Est urbaine, Mexique frontière
Pas de risqueMaroc, Tunisie, Algérie, Égypte (élimination), Europe, Amérique du Nord

Le Maroc a été certifié par l'OMS comme ayant éliminé le paludisme depuis 2010. Pour les voyageurs se rendant en zone à risque, la prévention repose sur deux piliers. Le premier est la protection contre les piqûres de moustiques, essentielle et efficace à plus de 80 % :

Elle passe par l'usage de répulsifs cutanés à base de DEET (30-50 %), d'IR3535, de picaridine ou de citriodiol, à réappliquer toutes les 6 à 8 heures, le port de vêtements longs et clairs imprégnés de perméthrine, l'usage d'une moustiquaire imprégnée la nuit — les anophèles piquant surtout au crépuscule et la nuit en climat tropical —, et la climatisation ou un ventilateur qui réduisent également les piqûres. Il est conseillé de sortir bien équipé en soirée, période à plus haut risque.

Le second pilier est la chimioprophylaxie médicamenteuse, à choisir selon la zone visitée en raison de résistances variables du parasite selon les régions.

La doxycycline se prend à 100 mg par jour au cours d'un repas, en débutant 1 à 2 jours avant le départ, pendant tout le séjour, et à poursuivre 4 semaines après le retour. Ses effets secondaires incluent une photosensibilité, des douleurs gastriques et des candidoses ; elle est contre-indiquée chez l'enfant de moins de 8 ans et pendant la grossesse. Son coût est de 50 à 100 MAD par mois, et elle est largement utilisée pour les séjours en Afrique subsaharienne.

La méfloquine se prend à raison de 250 mg (1 comprimé) par semaine, en débutant 2 à 3 semaines avant le départ pour tester la tolérance, à poursuivre pendant le séjour et 4 semaines après le retour. Elle peut provoquer des effets neuropsychiatriques (insomnie, vertiges, dépression, rêves vifs) et ne doit pas être prise en cas d'antécédents psychiatriques, d'épilepsie ou de troubles psychiatriques. Son coût est de 200 à 400 MAD par mois.

L'atovaquone-proguanil (Malarone) se prend à raison d'un comprimé par jour au cours d'un repas, en débutant la veille du départ et à poursuivre seulement 7 jours après le retour. Généralement bien toléré, avec de légers effets digestifs, il reste plus coûteux (environ 800-1 500 MAD par mois), mais s'avère particulièrement intéressant pour les voyages courts.

Le choix entre doxycycline, méfloquine et atovaquone-proguanil dépend de la zone et des résistances : la doxycycline est souvent préférée dans les zones où la résistance à la méfloquine est fréquente. Quel que soit le médicament choisi, l'observance est essentielle : il ne faut jamais oublier de dose ni interrompre le traitement avant la fin de la période recommandée après le retour. Pour les voyages prolongés en zone endémique, il est conseillé d'emporter un test de diagnostic rapide (TDR) : en cas de fièvre, le test permet d'instaurer un traitement présomptif en cas de positivité, tout en consultant rapidement un médecin. Le traitement curatif repose sur l'artéméther-luméfantrine (Coartem), ou sur l'artésunate par voie intraveineuse dans les formes graves nécessitant une hospitalisation en urgence. Ces médicaments sont disponibles en pharmacie sur ordonnance, et la consultation d'un médecin du voyage avant le départ reste obligatoire pour déterminer la prophylaxie adaptée.

04Diarrhée du voyageur#

Elle touche 30 à 50 % des voyageurs en zones tropicales.

Les bactéries sont responsables de 80 % des cas : Escherichia coli entérotoxigène (ETEC), Shigella, Salmonella ou Campylobacter. Les virus, notamment le norovirus et le rotavirus, sont en cause dans 20 % des cas, et les parasites — Giardia, amibes, cryptosporidies — dans 5 à 10 % des cas, surtout lors de séjours prolongés.

La contamination se fait via l'eau ou les aliments souillés, les mains sales, les mouches, ou des conditions d'hygiène précaires. Elle se manifeste par une diarrhée (au moins 3 selles par jour), des crampes abdominales, des nausées, des vomissements et parfois de la fièvre ; la présence de glaires ou de sang dans les selles fait suspecter une bactérie invasive. La plupart des cas restent bénins et durent 2 à 5 jours, mais une forme sévère avec déshydratation, fièvre élevée ou sang dans les selles constitue une urgence. En prévention, il faut privilégier l'eau embouteillée capsulée, bouillie ou filtrée, éviter les glaçons souvent préparés avec l'eau du robinet, et se laver systématiquement les mains avant chaque repas.

La règle d'or reste « fais-le bouillir, cuis-le, épluche-le, ou laisse-le » (boil it, cook it, peel it, or forget it). Mieux vaut éviter les crudités lavées à l'eau du robinet, les fruits non pelés, les glaces, les jus pressés, le lait non pasteurisé et les fromages locaux non pasteurisés. Sont en revanche généralement sûrs : les aliments cuits servis chauds, les fruits que l'on peut peler soi-même (banane, orange, mangue), le pain, le riz cuit, les pâtes, la viande bien cuite et le poisson cuit. Il est également recommandé d'éviter les restaurants à l'hygiène douteuse.

Les probiotiques (Lactobacillus, Saccharomyces boulardii) n'ont qu'un effet préventif modeste. Le vaccin contre la typhoïde (voir la section vaccins) apporte quant à lui une protection partielle contre l'ETEC.

La réhydratation orale, à base de sels de réhydratation recommandés par l'OMS, reste essentielle. Le lopéramide (Imodium) peut être utilisé à raison de 4 mg puis 2 mg après chaque selle, sans dépasser 16 mg par jour ; il doit être évité en cas de fièvre élevée ou de sang dans les selles, situations où il est contre-indiqué dans les diarrhées invasives.

En cas de forme modérée à sévère, une antibiothérapie probabiliste peut être prescrite : l'azithromycine, à 500 mg par jour pendant 1 à 3 jours, constitue le traitement de première ligne moderne ; la ciprofloxacine, à 500 mg deux fois par jour pendant 1 à 3 jours, en est une alternative. Un traitement court, de 3 jours maximum, suffit généralement pour accélérer la récupération.

Il faut consulter en cas de diarrhée persistant plus de 5 jours, de fièvre persistante supérieure à 38,5 °C, de sang dans les selles, ou de signes de déshydratation (sécheresse des muqueuses, diminution des urines, hypotension), en particulier chez les personnes immunodéprimées, les enfants et les personnes âgées. Au retour du voyage, une diarrhée devenue chronique justifie un bilan parasitologique des selles.

05Autres risques (dengue, rage, soleil)#

La dengue, transmise par le moustique Aedes actif le jour en milieu urbain, provoque environ 300 millions d'infections par an dans le monde, dont 100 millions symptomatiques, principalement en Asie du Sud-Est, en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Afrique. Elle se manifeste par de la fièvre, des douleurs (céphalées, douleur rétro-orbitaire, douleurs articulaires évoquant une « fièvre brise-os ») et une éruption cutanée. Une forme grave, la dengue hémorragique avec risque de choc, survient dans environ 1 % des cas. Il n'existe pas encore de vaccin facilement disponible — le Dengvaxia et le Qdenga restent soumis à des restrictions d'usage —, ce qui rend la protection contre les piqûres diurnes essentielle, et impose une consultation rapide en cas de fièvre au retour de voyage.

Le chikungunya, également transmis par le moustique Aedes, provoque des arthralgies pouvant persister plusieurs mois ; un vaccin, l'Ixchiq, a été approuvé en 2024, disponible aux États-Unis mais encore limité en Europe.

Le virus Zika est particulièrement dangereux pendant la grossesse, avec un risque de microcéphalie fœtale : il est recommandé aux femmes enceintes d'éviter les zones à risque (Brésil, Caraïbes), et la protection doit couvrir à la fois les piqûres de moustiques et la transmission sexuelle du virus.

La rage est mortelle en l'absence de prophylaxie post-exposition ; les pays les plus à risque sont l'Inde, la Chine, l'Asie du Sud-Est, l'Afrique et l'Amérique latine. En cas de morsure ou de griffure par un animal suspect, il faut laver immédiatement la plaie pendant 15 minutes à l'eau et au savon, appliquer un antiseptique (alcool, chlorhexidine), et consulter en urgence : le protocole post-exposition comprend 4 à 5 doses de vaccin sur un mois, associées à des immunoglobulines antirabiques en cas d'exposition grave. Une vaccination préventive avant le voyage simplifie ce protocole, en le réduisant à 3 doses au lieu de 4-5, sans besoin d'immunoglobulines.

Au Maroc, la rage reste présente chez les chiens errants et certains animaux sauvages : une vigilance particulière s'impose face aux morsures, et il vaut mieux éviter tout contact avec des animaux errants, des singes ou des chauves-souris, y compris à l'étranger. Concernant le soleil, une protection SPF 50, le port de vêtements couvrants et d'un chapeau, ainsi que la limitation de l'exposition entre 11h et 16h, permettent de prévenir les coups de soleil ; une hydratation abondante et une vigilance accrue restent nécessaires, en évitant les changements brutaux de température entre chaud et froid.

Le mal d'altitude peut apparaître au-delà de 2 500 mètres, avec des symptômes tels que céphalées, nausées et insomnie ; au-delà de 4 000 mètres, le risque d'œdème pulmonaire ou cérébral d'altitude devient réel. La prévention repose sur une montée progressive, une bonne hydratation, et l'acétazolamide (Diamox) en prophylaxie. Les destinations les plus concernées sont le Pérou (Cusco, Machu Picchu), la Bolivie, le Tibet et le Népal, pour les treks en haute altitude.

La plongée sous-marine expose à un risque de maladie de décompression et impose d'éviter tout vol dans les 12 à 24 heures suivant une plongée ; une assurance plongée spécifique est recommandée. Sur le plan sexuel, l'usage systématique du préservatif protège du VIH, des hépatites B et C, de la syphilis, de la gonorrhée et du HPV, et la PrEP (prophylaxie pré-exposition au VIH) peut être proposée en cas de rapports à risque. Les accidents de la route constituent la première cause de mortalité chez les voyageurs, devant les maladies infectieuses : il est essentiel de respecter le code de la route, de porter la ceinture et le casque, de rester prudent et d'éviter la conduite de nuit dans les pays à risque. Sur le plan de la sécurité, il faut éviter les zones à risque de vols ou d'agressions, rester vigilant face aux pickpockets et à ses objets de valeur, et souscrire une assurance voyage incluant le rapatriement. Enfin, le mal des transports peut être prévenu par le dimenhydrinate (Dramamine) ou la méclozine.

Pour limiter le décalage horaire, la mélatonine à 3-5 mg au coucher, à l'heure locale de destination, peut aider, tout comme le fait de rester éveillé jusqu'à l'heure locale du coucher, de s'exposer à la lumière du matin à destination, et d'adapter progressivement son rythme avant le départ.

06Trousse pharmacie idéale#

La trousse pharmacie de base doit contenir du paracétamol 1 g comme antalgique et antipyrétique, de l'ibuprofène 400 mg comme anti-inflammatoire, de la cétirizine 10 mg comme antihistaminique, du lopéramide (Imodium), des sels de réhydratation orale (Adiaril, Pédialyte, formule OMS), du métoclopramide ou de la dompéridone contre les nausées, du phloroglucinol (Spasfon) contre les spasmes, de l'azithromycine ou de la ciprofloxacine sur ordonnance, une crème antifongique pour les mycoses cutanées et des ovules pour les mycoses vaginales. S'y ajoutent de la Bétadine, de l'alcool et des pansements divers, du matériel de suture cutanée, des bandes élastiques et des compresses, un thermomètre électronique, des collyres antiseptiques, une pommade corticoïde pour l'eczéma ou les piqûres, ainsi que les traitements chroniques personnels en quantité suffisante pour toute la durée du séjour.

Selon la destination, il faut prévoir la chimioprophylaxie antipaludique, un test de diagnostic rapide du paludisme, un répulsif anti-moustiques à base de DEET (30-50 %), une moustiquaire imprégnée, un purificateur d'eau (pastilles ou filtres), ainsi qu'une crème solaire SPF 50 et un soin après-soleil.

Selon le profil du voyageur, on peut ajouter des décongestionnants nasaux, des antihistaminiques et des antalgiques, du matériel anti-ampoules pour la randonnée, des désinfectants, ou de l'acétazolamide (Diamox) pour l'altitude. Il faut également prévoir ses traitements habituels en quantité suffisante avec l'ordonnance correspondante, des protections périodiques ou des ovules gynécologiques, et éventuellement des bandelettes urinaires. Pour les enfants, la trousse doit inclure des doses pédiatriques adaptées, des suppositoires de paracétamol pour bébé, des sachets de réhydratation aromatisés, un désinfectant pour les mains, et le carnet de santé de l'enfant.

Il faut également emporter son carnet de vaccination, les ordonnances de ses médicaments (utiles pour les douanes), un certificat médical de voyage rédigé en français et en anglais, sa carte AMO, CNOPS ou d'assurance voyage, les coordonnées de son médecin référent au Maroc, les contacts d'urgence, ainsi que des photocopies de tous ces documents.

Le coût total d'une trousse pharmacie complète varie de 500 à 1 500 MAD selon son contenu.

07Destinations populaires Marocains#

Pour le Hadj et la Oumra en Arabie saoudite, le vaccin antiméningococcique est obligatoire (au moins 10 jours avant le départ), la vaccination antigrippale est recommandée, et les autres vaccins doivent être à jour. Les risques principaux sont liés à la foule (bousculades, accidents, infections respiratoires) et à la chaleur extrême : une bonne hydratation, du repos, le port du masque et le respect des gestes barrières sont essentiels, ainsi qu'une prophylaxie de la thrombose veineuse profonde pour les voyages longs.

Pour les pays du Golfe (Émirats, Arabie saoudite, Qatar, Koweït), aucun vaccin spécifique n'est requis en dehors du Hadj, mais une vigilance particulière s'impose face au MERS-CoV, notamment en cas de contact avec des dromadaires, et face à la chaleur extrême en été.

Pour la Turquie et le Moyen-Orient au sens large, l'hépatite A et la typhoïde sont recommandées, la diarrhée du voyageur y étant fréquente, sans vaccin spécifique par ailleurs.

Pour l'Europe de l'Est et ses forêts, une attention particulière est portée à l'encéphalite à tiques ; ailleurs en Europe, les vaccins universels à jour suffisent généralement, sans vaccin spécifique supplémentaire.

Pour l'Afrique subsaharienne (Sénégal, Côte d'Ivoire, Cameroun), la fièvre jaune est obligatoire et la prophylaxie antipaludique indispensable, avec l'hépatite A, la typhoïde, la méningite et la rage recommandées, ainsi qu'une prévention rigoureuse contre les piqûres de moustiques ; le vaccin contre l'hépatite B, universellement recommandé, s'applique également à cette destination.

Pour l'Asie du Sud-Est (Thaïlande, Vietnam, Cambodge, Indonésie), l'hépatite A et la typhoïde restent essentielles, avec une prophylaxie antipaludique dans les zones rurales à haut risque, variable selon les expositions et particulièrement recommandée pour les longs séjours en milieu rural. La prudence s'impose pour l'eau du robinet, interdite à la consommation, et il vaut mieux éviter les échoppes de rue à l'hygiène douteuse. La typhoïde et l'hépatite A sont également recommandées pour les zones rurales du sud-ouest asiatique.

Pour l'Amérique latine (Brésil, Pérou, Mexique, Cuba), la fièvre jaune est obligatoire pour l'Amazonie, avec une prévention rigoureuse des piqûres de moustiques dans les zones rurales, ainsi que l'hépatite A et la typhoïde recommandées. Aucun vaccin spécifique supplémentaire n'est requis, si ce n'est parfois le méningocoque en période de rassemblements ; le soleil y est très fort, nécessitant une protection SPF 50.

08Centres et ressources au Maroc#

Les centres de vaccination internationale sont présents au CHU Ibn Rochd de Casablanca, au CHU Hassan II de Fès, au CHU Mohammed VI de Marrakech, ainsi qu'aux CHU de Tanger et d'Oujda, tous dotés de services dédiés aux voyageurs. Des généralistes formés à la médecine du voyage, des infectiologues en CHU et des pédiatres pour les enfants complètent cette offre — l'annuaire spécialisé de Sahha.ma permet de les identifier. Le Centre Médical International (Casablanca, Rabat) et certaines polycliniques spécialisées proposent également des services dédiés aux voyageurs, avec conseils et certains vaccins disponibles sur place.

Une consultation de médecine du voyage coûte entre 200 et 500 MAD, et les vaccins reviennent en moyenne à 250-500 MAD par dose. Le remboursement reste variable : les vaccins obligatoires sont souvent pris en charge, contrairement aux vaccins simplement recommandés ; les mutuelles complémentaires couvrent davantage, de même que les missions professionnelles prises en charge par l'employeur.

Il faut se munir d'un carnet de vaccination international (le carnet jaune de l'OMS), ainsi que des certificats spécifiques exigés selon les pays (comme la méningite pour le Hadj). Pour préparer son itinéraire santé, les sites de l'OMS (www.who.int) et du CDC américain (www.cdc.gov/travel), ainsi que celui de l'Institut Pasteur (www.pasteur.fr/fr/sante), fournissent des conseils actualisés, de même que certaines applications gouvernementales dédiées. En cas d'urgence, le 141 (SAMU Maroc) ou l'ambassade et le consulat du Maroc dans le pays visité, joignables 24h/24, peuvent être contactés. Souscrire une assurance voyage incluant le rapatriement sanitaire reste essentiel, couvrant les frais médicaux à l'étranger ainsi que les bagages, les vols et les retards, pour un coût d'environ 100 à 500 MAD par semaine, avec des options adaptées aux conditions préexistantes ou aux sports à risque.

Au retour de voyage, il faut consulter en cas de fièvre en mentionnant systématiquement le voyage effectué, en cas de diarrhée persistant plus d'une semaine nécessitant un bilan parasitologique, en cas de prurit ou de lésions cutanées justifiant un avis dermatologique, et il ne faut pas oublier de terminer le protocole de prophylaxie antipaludique jusqu'à son terme.

Chez la femme enceinte, il faut éviter les zones à risque de Zika ou de paludisme à falciparum ; le vaccin contre la fièvre jaune est contre-indiqué au premier trimestre, le ROR est contre-indiqué pendant toute la grossesse, tandis que la méfloquine reste utilisable aux deuxième et troisième trimestres — une consultation avec l'obstétricien est recommandée avant tout voyage. Chez l'enfant, les vaccins universels doivent être à jour, l'hépatite A et la typhoïde peuvent être administrées dès 2 ans, la doxycycline est utilisable après 8 ans et la méfloquine au-delà de 5 kg, avec une vigilance particulière sur l'hydratation et les sels de réhydratation. Chez le patient immunodéprimé, les vaccins inactivés restent possibles, mais les vaccins vivants (fièvre jaune, ROR) nécessitent l'avis d'un spécialiste, et les destinations physiquement très exigeantes sont à éviter. Chez le patient diabétique, il faut prévoir l'insuline, le glucagon et le matériel de soin du pied diabétique, avec un protocole adapté et la liste complète des médicaments et ordonnances à emporter systématiquement. Du côté de la recherche, de nouveaux vaccins contre la dengue, le paludisme (RTS,S, R21) et le chikungunya se développent, avec des prophylaxies de plus en plus ciblées, des applications smartphone d'aide au suivi, de la télémédecine dédiée au voyage, et des travaux sur la génétique de la réponse vaccinale.

En résumé, une consultation de médecine du voyage 4 à 8 semaines avant le départ, des vaccins adaptés à la destination, une prophylaxie antipaludique associée à une protection stricte contre les piqûres, des règles d'hygiène alimentaire respectées, une trousse pharmacie complète et une assurance voyage incluant le rapatriement constituent les piliers d'un voyage en toute sécurité.

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1Quels vaccins sont obligatoires pour faire le Hadj ou la Oumra ?
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Le vaccin antiméningocoque ACYW135 est OBLIGATOIRE pour entrer en Arabie saoudite pour Hadj et Oumra, à administrer ≥ 10 jours avant le départ et ≤ 3 ans (validité 5 ans en pratique). Le certificat de vaccination doit être présenté à la frontière. Sont fortement recommandés : grippe saisonnière (foule + saison froide), COVID-19 à jour, DTP-coqueluche à jour. Pour les pèlerins âgés ou avec comorbidités, vaccins pneumocoque souvent recommandés. Au Maroc, ces vaccins sont disponibles dans les centres de vaccination internationale et chez les médecins généralistes formés. Coût : ~ 250-400 MAD pour méningite ACYW135.
2Faut-il prendre un traitement antipaludique pour tous les voyages en Afrique ?
+
Non, cela dépend de la destination précise. L'Afrique du Nord (Maroc, Tunisie, Algérie, Égypte) est sans paludisme (élimination). L'Afrique sub-saharienne est à haut risque, surtout en zones rurales. Les capitales urbaines (Dakar, Abidjan, Johannesburg, Nairobi) ont un risque variable selon les saisons. La consultation pré-voyage permet d'évaluer le risque exact selon : pays, régions, urbain/rural, saison, durée du séjour. La prophylaxie est essentielle en zone à haut risque (Plasmodium falciparum mortelle). Pour des séjours très courts en zones urbaines à faible risque, les conseils peuvent se limiter à la protection contre les piqûres. Toujours consulter un médecin du voyage avant de décider.
3Que faire en cas de fièvre dans les semaines suivant un voyage tropical ?
+
Consulter rapidement et mentionner le voyage. La fièvre dans les 3 mois suivant un retour de zone tropicale est une urgence : éliminer un paludisme (Plasmodium falciparum est mortel sans traitement), une dengue, une typhoïde, une hépatite virale aiguë, autres infections tropicales. Ne pas attendre : aller aux urgences ou chez un médecin avec votre carnet de vaccination et votre prophylaxie antipaludique éventuellement. Le médecin demandera un test de paludisme (frottis sanguin, goutte épaisse, test rapide) en première intention, puis selon contexte autres bilans. Une diarrhée persistante > 7-10 jours nécessite un bilan parasitologique des selles. Au Maroc, les CHU et certaines cliniques privées ont une expertise en pathologie d'importation.

Vérifiable

Sources médicales

  1. 01OMS — Voyages internationaux et santé 2024
  2. 02CDC Yellow Book Travel Health 2024
  3. 03Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire (BEH) — recommandations sanitaires aux voyageurs
DK

Révision médicale

Dr. Karim Lahlou

Médecin généraliste, médecine du voyage

Cet article a été vérifié médicalement le 29 avril 2026 selon les standards Sahha (E-E-A-T santé, sources OMS / HAS / Inserm / Ministère de la Santé du Maroc).

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⚠️ Disclaimer médical. Cet article est à visée informative et pédagogique. Il ne remplace pas l'avis d'un·e professionnel·le de santé. En cas de symptômes ou de doute, consultez votre médecin.

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Sommaire

  1. 01Consultation pré-voyage
  2. 02Vaccins selon destination
  3. 03Paludisme et prophylaxie
  4. 04Diarrhée du voyageur
  5. 05Autres risques (dengue, rage, soleil)
  6. 06Trousse pharmacie idéale
  7. 07Destinations populaires Marocains
  8. 08Centres et ressources au Maroc

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