En bref
Réponses rapides aux questions essentielles
- Mon épaule douloureuse est-elle toujours une tendinite ?
- Non, plusieurs causes peuvent provoquer une épaule douloureuse : tendinopathie de la coiffe (la plus fréquente, 70 %), capsulite rétractile (épaule gelée), arthrose acromio-claviculaire ou gléno-humérale, conflit sous-acromial, instabili…
- Faut-il faire une infiltration de cortisone dès le début ?
- Non, l'infiltration n'est pas un traitement de première intention. La kinésithérapie spécifique pendant 4-6 semaines doit être tentée d'abord. L'infiltration est indiquée si : douleur persistante après ce délai, douleur empêchant la rééd…
- Une rupture de la coiffe nécessite-t-elle toujours une opération ?
- Non, surtout si elle est asymptomatique ou peu symptomatique (très fréquent après 60 ans : 30-50 % des seniors ont une rupture asymptomatique). La chirurgie est indiquée si : rupture symptomatique chez patient actif < 65-70 ans, rupture…
Sommaire (8)+
01Anatomie de la coiffe#
La coiffe des rotateurs est un groupe de 4 muscles-tendons qui entourent l'articulation gléno-humérale (l'épaule) et qui permettent à la fois la mobilité du bras et la stabilisation de la tête humérale.
Le sus-épineux s'insère sur la face supérieure de l'humérus ; c'est l'abducteur initial du bras (0-90°), et c'est le tendon le plus souvent atteint par une tendinopathie ou une rupture, car il passe sous l'arche acromio-coracoïdienne. Le sous-épineux, sur la face postérieure, est le rotateur externe principal et le 2e tendon le plus atteint. Le petit rond est un petit muscle postérieur, rotateur externe auxiliaire, rarement atteint isolément. Le sous-scapulaire, sur la face antérieure de l'omoplate, est le rotateur interne principal ; son atteinte est plus rare mais possible.
Ces quatre tendons s'insèrent sur les tubérosités humérales (trochiter, trochin) et forment ensemble une coiffe autour de la tête humérale, jouant un rôle de centrage dynamique.
Entre la coiffe et l'acromion — l'apophyse osseuse située au-dessus — se trouve une bourse séreuse (la bursa). En cas de conflit sous-acromial, le tendon du sus-épineux frotte contre l'acromion, ce qui provoque une tendinopathie associée à une bursite.
La coiffe assure l'abduction, les rotations et la stabilisation dynamique de la tête humérale dans la glène, en équilibre avec le deltoïde (la force motrice principale du mouvement) et grâce à la proprioception.
02Mécanisme et causes#
La tendinopathie désigne une atteinte dégénérative ou inflammatoire d'un tendon (le terme « tendinite » est imprécis, car l'inflammation n'est pas toujours présente).
| Stade | Description |
|---|---|
| 1 | Inflammation aiguë, œdème |
| 2 | Tendinopathie chronique, fibrose, calcifications possibles |
| 3 | Rupture partielle |
| 4 | Rupture complète (transfixiante) |
- 1Vieillissement (50 % des cas après 60 ans) : dégénérescence tendineuse progressive, diminution de la vascularisation et moindre élasticité.
- 2Gestes répétitifs professionnels ou sportifs : bras en l'air, port de charges (BTP, peintres, électriciens, infirmières) ; gestes sportifs comme le tennis, la natation, le volley-ball ou les lancers (sports dits « overhead »).
- 3Conflit sous-acromial (impingement syndrome) : compression mécanique entre la coiffe et l'acromion, favorisée par des formes acromiales agressives (type II ou III, en crochet) et souvent associée à une ostéophytose acromio-claviculaire — c'est une cause majeure de tendinopathie du sus-épineux.
- 4Traumatisme : chute sur l'épaule ou mouvement brusque, pouvant aller jusqu'à la luxation de l'épaule.
- 5Calcifications tendineuses (15 % des cas) : dépôts de calcium dans le tendon, à l'origine de crises douloureuses très intenses lors de leur résorption — le sus-épineux est le plus touché.
- 6Facteurs métaboliques : diabète (risque multiplié par 2 à 5), dyslipidémies, hypothyroïdie, arthrose acromio-claviculaire.
Des facteurs posturaux et biomécaniques aggravent également le risque : enroulement des épaules, cyphose, faiblesse des fixateurs de l'omoplate (trapèze inférieur, rhomboïdes), excès de sollicitation du deltoïde et stabilité scapulaire insuffisante, souvent combinés à des gestes sportifs ou professionnels mal conduits, à la fatigue, au surentraînement ou au stress.
Sur le plan épidémiologique, la lombalgie et les douleurs de l'épaule constituent les principales causes de douleurs musculo-squelettiques : 70 % des épaules douloureuses chez l'adulte correspondent à une pathologie de la coiffe, et 30 % des personnes de plus de 60 ans présentent une rupture, le plus souvent asymptomatique. Les professions les plus exposées sont le BTP, la mécanique, la peinture en bâtiment, les soins infirmiers, l'agriculture et le sport « overhead ».
03Symptômes et examen#
Sur le plan clinique, la douleur est le plus souvent localisée à la face antéro-latérale de l'épaule, parfois irradiant sur la face latérale du bras jusqu'au coude (elle ne dépasse pas ce niveau habituellement). Elle est déclenchée par certains mouvements : l'abduction, avec un « arc douloureux » typique entre 60° et 120°, l'élévation antérieure, la rotation externe contrariée. Elle entraîne aussi une difficulté à dormir sur l'épaule concernée, des réveils nocturnes, et une gêne dans les gestes quotidiens comme mettre une veste, se peigner ou attacher un soutien-gorge.
À l'interrogatoire, le patient rapporte une difficulté à lever le bras : les gestes « overhead » deviennent impossibles, avec parfois une limitation des rotations externe et interne, et souvent une compensation par l'omoplate (hyperactivité du trapèze supérieur). À l'examen, la mobilité passive reste conservée mais douloureuse, tandis que la mobilité active est limitée par la douleur. On parle d'« épaule pseudo-paralytique » lorsque le patient est incapable d'élever le bras activement alors que la mobilité passive reste plus libre que l'active — ce tableau oriente vers une rupture. À l'inspection, on recherche une atrophie musculaire (creux du sus-épineux et du sous-épineux), une attitude antalgique et une asymétrie des épaules et des tissus mous. À la palpation, on retrouve souvent un point douloureux sous-acromial antéro-externe, au niveau de la jonction myo-tendineuse.
Les amplitudes actives sont souvent limitées et douloureuses ; les amplitudes passives, elles, restent généralement conservées mais douloureuses.
Plusieurs tests cliniques orientent le diagnostic. L'élévation passive du bras associée à un abaissement scapulaire provoque une douleur antéro-latérale évocatrice d'un conflit. La flexion à 90° associée à une rotation interne forcée provoque également une douleur de conflit. Bras tendu en abduction à 90°, antépulsion de 30°, rotation interne, le patient résiste à une pression exercée vers le bas : une douleur ou une faiblesse oriente vers une atteinte du sus-épineux. Bras à 90°, en rotation externe contrariée, une douleur ou une faiblesse oriente vers une atteinte du sous-épineux. Enfin, main derrière le dos, le patient tente de décoller la main du dos contre résistance : une douleur ou une faiblesse oriente vers une atteinte du sous-scapulaire, avec un test alternatif possible en cas de gêne à la position de départ.
On recherche également des signes d'instabilité associée, notamment en cas d'antécédent de luxation.
04Imagerie : échographie et IRM#
La radiographie standard comprend un cliché de face en rotation neutre, externe et interne, ainsi qu'un profil de l'omoplate. Elle recherche le type d'acromion, une ostéophytose, des calcifications, une omarthrose ou un conflit sous-acromial, mais elle ne permet pas de visualiser les tendons eux-mêmes.
L'échographie est aujourd'hui l'examen de première intention pour explorer la coiffe : non irradiante, comparative, dynamique, rapide et peu coûteuse, elle évalue l'épaisseur tendineuse, les ruptures, les calcifications, la bursite et l'épanchement — sa qualité dépend toutefois fortement de l'expertise de l'opérateur. Coût au Maroc : 400 à 800 MAD, remboursée.
L'IRM reste le gold standard pour un bilan complet : elle explore les tendons (rupture, fissure intratendineuse), la bursite, le cartilage, l'os et le labrum (lésions associées). Avec injection intra-articulaire de gadolinium (arthro-IRM), elle devient encore meilleure pour détecter les lésions de type SLAP et les lésions partielles articulaires. Coût au Maroc : 2 500 à 4 500 MAD, remboursée. Elle est indiquée avant chirurgie, en cas de doute diagnostique ou de ruptures massives.
L'arthro-scanner constitue une alternative à l'arthro-IRM, notamment en cas de contre-indication à l'IRM (pacemaker, claustrophobie sévère) : il est précis sur les tendons mais irradiant.
05Kinésithérapie ciblée#
La kinésithérapie est la pierre angulaire du traitement : elle est utilisée en première intention dans les tendinopathies non rompues, en post-opératoire après chirurgie, et même en cas de rupture chez un sujet âgé non opérable.
Le bilan initial évalue la douleur (échelle EVA), la mobilité active et passive ainsi que le rythme scapulo-huméral, la force musculaire (scores de Constant, ASES), le positionnement scapulaire (recherche de dyskinésie) et la chaîne fonctionnelle (cervicale, dorsale, posture).
Les objectifs de la rééducation sont les suivants :
- 1Soulager la douleur.
- 2Récupérer une mobilité complète.
- 3Renforcer les muscles fixateurs scapulaires et la coiffe.
- 4Rééquilibrer la chaîne deltoïde/coiffe.
- 5Rééduquer les gestes professionnels et sportifs.
En phase antalgique, on utilise des massages décontracturants (trapèze, paravertébraux, deltoïde), du froid local pendant 15 à 20 minutes, des ultrasons, du TENS, des ondes de choc sur les calcifications, ainsi que des étirements doux des pectoraux et de la capsule postérieure, associés à une mobilisation passive douce de type Codman ou pendulaire.
La récupération de la mobilité progresse par étapes : mobilisations passives, puis activo-passives, puis actives, en insistant surtout sur la capsule postérieure, avec des techniques de décoaptation gléno-humérale visant la récupération d'une amplitude complète.
Le renforcement musculaire cible en priorité les fixateurs scapulaires — trapèze inférieur, trapèze moyen et rhomboïdes, ainsi que le dentelé antérieur — puis les muscles de la coiffe elle-même : le sus-épineux, le sous-épineux (rotation externe) et le sous-scapulaire (rotation interne), avec un travail modéré et équilibré, intégrant la chaîne thoracique et cervicale, à l'aide de plateaux instables, de ballons et d'élastiques.
On utilise des élastiques (type TheraBand) adaptables en résistance, des haltères légers, des ballons, parfois des poulies et une presse adaptée pour les tests et le renforcement en centres spécialisés, ainsi que des techniques de facilitation neuromusculaire proprioceptive (PNF) et de chaînes musculaires (méthodes Mézières, Busquet).
La phase fonctionnelle reproduit les gestes sportifs ou professionnels, avec une vitesse et une résistance progressives, en travaillant aussi la résistance à la fatigue musculaire. Les ondes de choc sont particulièrement utiles sur les calcifications, avec 60 à 70 % d'amélioration ; le TENS et l'électrostimulation apportent des effets antalgiques complémentaires, et le kinésio-taping peut être utilisé en adjuvant, notamment sur les points gâchette (trigger points). Il existe des protocoles structurés pour la tendinopathie du sus-épineux, ainsi que le programme TYDS (Thrower's Ten exercises) pour les sportifs, mais les programmes sont le plus souvent personnalisés par le kinésithérapeute. Le traitement compte habituellement 30 à 50 séances sur 3 à 6 mois, à raison de 2 à 3 séances par semaine en phase active. Coût : 200 à 400 MAD par séance, remboursée sur prescription.
06Exercices à domicile#
- 1Balancements pendulaires (Codman) : penché en avant, le bras pendant, effectuer des balancements doux d'avant en arrière, latéraux et circulaires — cela détend et mobilise l'épaule sans effort. Durée : 2-3 minutes par direction.
- 2Étirement de la capsule postérieure (cross body stretch) : le bras tendu en travers de la poitrine, la main opposée tire le coude vers l'intérieur. 30 secondes × 3.
- 3Étirement dans un encadrement de porte : le bras à 90°, la paume contre le cadre de la porte, avancer le tronc. 30 secondes par côté.
- 4Étirement allongé sur le côté : allongé sur le côté affecté, le bras à 90° devant soi, l'avant-bras est poussé vers le sol par la main opposée — un excellent étirement de la capsule postérieure. 30 secondes × 3.
- 5Rotation externe avec élastique : le coude collé au corps à 90°, l'élastique fixé devant, tirer l'avant-bras vers l'extérieur en gardant le coude au corps. 15 répétitions × 3.
- 6Rotation interne avec élastique : le coude collé au corps à 90°, l'élastique fixé latéralement, tirer l'avant-bras vers l'intérieur. 15 répétitions × 3.
- 7Renforcement du sus-épineux (Jobe modifié) : bras tendu, pouce vers le haut, à 30° d'antépulsion, soulever lentement jusqu'à 90° puis redescendre. 12-15 répétitions × 2-3 séries, avec un haltère de 0,5 à 2 kg selon la tolérance.
- 8Exercices Y, T, W (à plat ventre ou debout) : position Y, bras à 45° au-dessus de la tête, soulever ; position T, bras à 90°, soulever ; position W, bras à 90° et coude plié, écarter. 10-12 répétitions × 2-3 séries.
- 9Tirage horizontal (avec élastique ou haltère) : tirer vers le sternum, les omoplates rapprochées. 12-15 répétitions × 3.
- 10Glissé mural (wall slide) : dos au mur, les bras pliés contre le mur, glisser les bras vers le haut sans les décoller. 12 répétitions × 3.
- 11Pompes adaptées : contre le mur, sur les genoux, ou sur ballon pour la déstabilisation. 10 répétitions × 3.
- 12Étirement cervical : pencher la tête vers une épaule, le regard tourné vers le sol opposé. 30 secondes × 2.
La douleur pendant l'exercice doit rester sous 3 à 4/10 sur l'échelle EVA ; il faut arrêter en cas de douleur vive (> 5/10). Il est recommandé de commencer léger et d'augmenter graduellement, la régularité comptant plus que l'intensité, et de tenir un journal des exercices et des progrès. En cas de doute, consulter le kinésithérapeute.
Les activités recommandées incluent la natation (dos crawlé, brasse douce, papillon dans un second temps), le vélo avec une posture droite (guidon relevé plutôt que baissé), la marche avec bâtons, et le yoga thérapeutique adapté, avec un travail sur la posture.
À éviter : la musculation lourde (développé couché, etc.), les sports overhead intenses (tennis, natation crawlée rapide), le port de charges lourdes au-dessus de la tête et les mouvements brusques en abduction-rotation.
La reprise du sport doit être progressive, 2 à 3 mois après stabilisation, avec un échauffement complet, des gestes techniques contrôlés et un temps de récupération suffisant entre les séances.
07Infiltrations et chirurgie#
L'infiltration de corticoïde retard associé à un anesthésique local est indiquée en cas de douleur persistante après 4 à 6 semaines de kinésithérapie. Elle procure un soulagement dans 70 à 80 % des cas à court terme, avec une durée d'efficacité variable. Elle se fait par voie postéro-latérale, parfois sous écho-guidage, avec un maximum de 3 infiltrations par épaule (l'abus fragilise le tendon), réalisée par des rhumatologues ou des médecins spécialisés. Coût au Maroc : 800 à 2 000 MAD, remboursée par l'AMO.
Infiltrations PRP (Plasma Riche en Plaquettes) :
Elles consistent en une centrifugation du sang du patient pour obtenir un plasma enrichi en plaquettes, injecté ensuite dans le tendon sous écho-guidage. L'effet régénératif est théorique, avec des preuves scientifiques modérées sur les tendinopathies. Coût au Maroc : 2 000 à 4 500 MAD, généralement non remboursé par l'AMO ; il s'agit d'une alternative aux corticoïdes, sans effet délétère sur le tendon.
L'acide hyaluronique a un effet lubrifiant articulaire, utile en cas d'omarthrose associée. La ponction-aspiration des calcifications (PAVI - Procédé Aspiration sous Échographie) :
Elle est indiquée pour les calcifications symptomatiques : à l'aide d'aiguilles écho-guidées, elle permet l'aspiration du dépôt calcique, combinée à un lavage et à une injection de corticoïde local. Elle est très efficace, avec 70 à 90 % d'amélioration, et réalisée par des radiologues ou des rhumatologues.
La chirurgie est indiquée en cas de rupture transfixiante symptomatique (et non pour une rupture asymptomatique), de tendinopathie chronique réfractaire après 6 mois de traitement médical bien conduit, de calcifications réfractaires (devenues rares depuis la PAVI), ou de conflit sous-acromial structurel (acromion en crochet).
- 1Acromioplastie et bursectomie : résection partielle de l'acromion pour supprimer le conflit, associée à l'ablation de la bourse enflammée, réalisée systématiquement sous arthroscopie.
- 2Réparation tendineuse par arthroscopie (référence moderne) : sutures tendineuses fixées sur les tubérosités à l'aide d'ancres résorbables ou métalliques, selon une technique simple ou double rang en fonction de la taille de la rupture.
- 3Greffes ou patches (pour les ruptures complexes) : utilisation de patches biologiques ou synthétiques, voire de transferts tendineux (grand dorsal, teres major) pour les ruptures massives chez un patient jeune.
La prothèse inversée d'épaule est réservée aux ruptures massives irréparables avec arthrose secondaire (cuff tear arthropathy), chez un patient âgé ou jeune présentant des lésions très avancées. Elle offre une excellente récupération fonctionnelle, pour un coût élevé de 50 000 à 90 000 MAD au Maroc.
L'intervention se fait par arthroscopie ou par mini-open, sous anesthésie générale associée à un bloc inter-scalénique, avec une hospitalisation de 1 à 2 jours. Elle est suivie d'une immobilisation de 4 à 6 semaines (attelle, écharpe) puis d'une rééducation de 3 à 6 mois, qui reste capitale pour le résultat final.
Les résultats sont bons : 80 à 90 % de récupération fonctionnelle en cas de réparation primaire, avec une disparition de la douleur dans 90 % des cas et une récupération de la force progressive sur 12 à 18 mois. Le taux de récidive est de 10 à 20 %, plus élevé en cas de rétraction tendineuse ou de mauvaise qualité tissulaire.
Les complications restent rares : infection (1 à 2 %), raideur post-opératoire ou capsulite secondaire (5 à 10 %), lésion nerveuse (axillaire, suprascapulaire, très rare), et récidive de rupture (1 à 3 %).
L'arthroscopie de l'épaule est disponible dans les CHU et les cliniques privées. Les centres spécialisés se trouvent à Rabat (CHU Avicenne), Casablanca (Ibn Rochd, cliniques Akdital, Anfa), Marrakech et Fès. Le coût de la chirurgie de réparation de la coiffe est de 25 000 à 50 000 MAD dans le privé, avec une prise en charge possible sur dossier.
08Ressources au Maroc#
Les services d'orthopédie et de rééducation se trouvent notamment à Rabat (hôpital des Spécialités), Casablanca (Ibn Rochd), Fès, Marrakech et Oujda. Les kinésithérapeutes DEK spécialisés dans l'épaule sont présents dans les grandes villes, tandis que les kinésithérapeutes généralistes sont présents dans toutes les villes moyennes. Les chirurgiens orthopédistes spécialisés dans l'épaule exercent surtout à Casablanca et Rabat. L'annuaire Sahha.ma permet de trouver un praticien spécialisé.
Les coûts au Maroc sont les suivants : consultation médecin, 100 à 500 MAD ; échographie, 400 à 800 MAD ; IRM de l'épaule, 2 500 à 4 500 MAD ; séance de kiné, 200 à 400 MAD ; infiltration, 800 à 2 000 MAD ; PAVI pour calcification, 2 500 à 5 000 MAD ; chirurgie de réparation de la coiffe, 25 000 à 50 000 MAD dans le privé ; prothèse inversée, 50 000 à 90 000 MAD dans le privé. La prise en charge de l'AMO reste significative sur l'ensemble du parcours (consultations, IRM, kiné, chirurgie).
- 1Première évaluation par le médecin généraliste.
- 2Orientation vers un rhumatologue, qui confirme le diagnostic et prescrit la kinésithérapie, avec une infiltration si nécessaire.
- 3Une période de traitement de 6 à 12 semaines.
- 4Un avis chirurgical en cas d'échec du traitement médical ou de rupture significative.
Pour prévenir les récidives, il convient d'éviter les gestes répétitifs bras en l'air, le port de charges lourdes au-dessus de la tête, les sports unilatéraux intenses, la mauvaise posture (épaules enroulées), ainsi que de dormir sur l'épaule douloureuse.
Sur le plan de l'ergonomie, il est conseillé de régler l'écran à hauteur des yeux, d'utiliser des claviers ergonomiques et un repose-coude, d'utiliser les deux bras et de répartir le port de charges, de choisir des sports adaptés (natation dos, marche, vélo avec position droite, yoga), d'utiliser un oreiller adapté en position dorsale ou sur le côté opposé, et d'éviter les vêtements exigeant de grands mouvements (préférer des chemises à boutons plutôt que des T-shirts à enfiler par la tête).
À long terme, il est recommandé de poursuivre les exercices à domicile à vie, avec un renforcement continu des fixateurs scapulaires et des étirements quotidiens, une alimentation anti-inflammatoire (poisson gras, légumes, fruits), et une bonne gestion des facteurs métaboliques (diabète, dyslipidémie) qui aggravent la tendinopathie et qu'il convient de contrôler.
La tendinopathie de la coiffe peut être reconnue comme maladie professionnelle : il s'agit d'affections péri-articulaires provoquées par certains gestes et postures, sous condition d'une exposition documentée à des gestes répétitifs et des postures contraignantes, ouvrant droit à une indemnisation possible. Du côté de la recherche, les pistes futures incluent les facteurs de croissance et les cellules souches, les thérapies géniques tendineuses, les bio-scaffolds pour la régénération tendineuse, ainsi que des applications et capteurs de suivi.
En résumé, 80 à 90 % des tendinopathies de la coiffe répondent au traitement médical (kinésithérapie et infiltration). La kinésithérapie spécifique reste la clé du succès, la chirurgie étant réservée aux échecs du traitement et aux ruptures significatives. La prévention repose sur la posture, l'échauffement, le renforcement progressif et l'ergonomie.
Foire aux questions
Questions fréquentes
1Mon épaule douloureuse est-elle toujours une tendinite ?+
2Faut-il faire une infiltration de cortisone dès le début ?+
3Une rupture de la coiffe nécessite-t-elle toujours une opération ?+
Vérifiable
Sources médicales
Révision médicale
Dr. Khalid Benali
Kinésithérapeute, spécialiste épaule
Cet article a été vérifié médicalement le 29 avril 2026 selon les standards Sahha (E-E-A-T santé, sources OMS / HAS / Inserm / Ministère de la Santé du Maroc).
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