Sommaire (8)+
01Anatomie de la coiffe#
La coiffe des rotateurs est un groupe de 4 muscles-tendons entourant l'articulation gléno-humérale (épaule), permettant la mobilité du bras et la stabilisation de la tête humérale. S'insère sur la face supérieure de l'humérus, ainsi que abducteur initial du bras (0-90°), le plus souvent atteint par tendinopathie ou rupture (passe sous l'arche acromio-coracoïdienne). Face postérieure, rotateur externe principal et 2e tendon le plus atteint. Petit muscle postérieur, souvent rotateur externe auxiliaire, ainsi que rarement atteint isolément. Face antérieure de l'omoplate, parfois rotateur interne principal ; atteinte plus rare mais possible.
S'insèrent sur les tubérosités humérales (trochiter, trochin) ; forment une coiffe autour de la tête humérale, parfois jouent un rôle de centrage dynamique.
Entre la coiffe et l'acromion (apophyse osseuse au-dessus). Contient une bourse séreuse (bursa). En cas de conflit sous-acromial : friction du tendon sus-épineux contre l'acromion → tendinopathie + bursite.
Abduction, rotations et stabilisation dynamique de la tête humérale dans la glène — équilibre avec le deltoïde (force motrice principale), proprioception.
02Mécanisme et causes#
Tendinopathie = atteinte dégénérative ou inflammatoire d'un tendon (le terme "tendinite" est imprécis car l'inflammation n'est pas toujours présente).
| Stade | Description |
|---|---|
| 1 | Inflammation aiguë, œdème |
| 2 | Tendinopathie chronique, fibrose, calcifications possibles |
| 3 | Rupture partielle |
| 4 | Rupture complète (transfixiante) |
1, ainsi que vieillissement (50 % après 60 ans) :
Dégénérescence tendineuse progressive, diminution vascularisation et moindre élasticité. Gestes professionnels : bras en l'air, port de charges (BTP, peintres, électriciens, infirmières). Gestes sportifs : tennis, natation, volley-ball, lancers (sports "overhead").
- 1Conflit sous-acromial (impingement syndrome) :
Compression mécanique entre la coiffe et l'acromion — formes acromiales agressives (type II ou III, crochet), souvent ostéophytose acromio-claviculaire, cause majeure de tendinopathie sus-épineuse.
Chute sur l'épaule ; mouvement brusque, souvent luxation de l'épaule. 5, souvent calcifications tendineuses (15 %) :
Dépôts de calcium dans le tendon, ainsi que crises douloureuses très intenses lors de la résorption — sus-épineux le plus touché. Les causes principales sont diabète (×2-5 risque), dyslipidémies — hypothyroïdie, arthrose acromio-claviculaire.
Les causes principales sont enroulement épaules, cyphose, faiblesse fixateurs omoplate (trapèze inférieur, rhomboïdes), excès deltoïde et stabilité scapulaire insuffisante — gestes sportifs/professionnels mal conduits, souvent fatigue, surentraînement, stress.
Les causes principales sont prévalence lombalgie + épaule = principales causes de douleurs musculo-squelettiques ; 70 % des épaules douloureuses adultes = pathologie de la coiffe — 30 % des > 60 ans ont une rupture (souvent asymptomatique). BTP, mécaniciens, peintres, infirmières, agriculteurs, sportifs overhead.
03Symptômes et examen#
Sur le plan clinique, on retrouve souvent antéro-latérale de l'épaule, parfois face latérale du bras jusqu'au coude (pas au-delà habituellement) et déclenchée par mouvements ; abduction ("arc douloureux" entre 60° et 120°), élévation antérieure, rotation externe contrariée, ainsi que difficulté à dormir sur l'épaule, réveils, parfois gestes quotidiens : mettre veste, peigner, attacher soutien-gorge.
Difficulté à lever le bras ; gestes "overhead" impossibles, parfois limitation rotation externe et interne, souvent compensation par l'omoplate (hyperactivité du trapèze supérieur). Mobilité passive conservée (douloureuse). Mobilité active limitée par douleur. "épaule pseudo-paralytique" : impossibilité d'élever le bras activement. Mobilité passive plus libre que active. Atrophie musculaire (sus-épineux, sous-épineux : creux supra-épineux), ainsi que attitude antalgique ; asymétrie des épaules et tissus mous. Sur le plan clinique, on retrouve souvent point douloureux sous-acromial antéro-externe. Jonction myo-tendineuse.
Sur le plan clinique, on retrouve souvent limitation et douleur, amplitudes conservées (souvent), douloureuses.
Sur le plan clinique, on retrouve souvent élévation passive du bras avec abaissement scapulaire = douleur antéro-latérale (conflit), flexion 90° + rotation interne forcée = douleur (conflit), bras tendu en abduction 90°, antépulsion 30°, rotation interne ; le patient résiste à une pression vers le bas → douleur ou faiblesse, bras à 90°, rotation externe contrariée → douleur ou faiblesse, main derrière le dos, le patient décolle la main du dos contre résistance → douleur ou faiblesse, alternative au Gerber.
Sur le plan clinique, on retrouve souvent si associée (luxations).
04Imagerie : échographie et IRM#
Face en rotation neutre, externe et interne. Profil de l'omoplate (Neer, Lamy). Recherche : type d'acromion, ostéophytose, calcifications, omarthrose, conflit sous-acromial. Pas de visualisation des tendons eux-mêmes.
Examen de 1ère intention moderne pour la coiffe, ainsi que non irradiante, comparative, dynamique, rapide, peu coûteuse — épaisseur tendineuse, ruptures, calcifications, bursite, épanchement, parfois la qualité dépend de l'expertise. Coût Maroc : 400-800 MAD, remboursée.
Gold standard pour bilan complet, tendons (rupture, fissure intratendineuse), bursite, cartilage, os, labrum (lésions associées), avec injection intra-articulaire de gadolinium → meilleure pour SLAP, lésions partielles articulaires et coût Maroc : 2 500-4 500 MAD, ainsi que remboursée ; avant chirurgie, doute diagnostique, ruptures massives.
Alternative à arthro-IRM. Contre-indication IRM (pacemaker, claustrophobie sévère). Précis sur tendons mais irradiant.
05Kinésithérapie ciblée#
Pierre angulaire du traitement. Première intention dans tendinopathies non rompues, en post-op chirurgical, et même en cas de rupture chez sujet âgé non opérable.
Évaluation douleur (EVA), mobilité (active, passive, scapulo-humérale rythme), parfois force musculaire (Constant, ASES scores) ; positionnement scapulaire (dyskinésie), ainsi que chaîne fonctionnelle (cervicale, dorsale, posture).
1 — soulager la douleur
2 ; récupérer mobilité complète
3 et renforcer muscles fixateurs scapulaires + coiffe
4, rééquilibrer chaîne deltoïde/coiffe
5, rééduquer gestes professionnels et sportifs
Massages décontracturants (trapèze, paravertébraux, deltoïde), glace locale 15-20 min, ultrasons, TENS, ondes de choc (sur calcifications), parfois étirements doux : pectoraux, capsule postérieure — mobilisation passive douce (Codman, pendulaire).
Mobilités passives, puis activo-passives, puis actives ; capsule postérieure surtout — décoaptation gléno-humérale, souvent récupération de l'amplitude complète.
Fixateurs scapulaires (priorité) :, souvent trapèze inférieur, moyen et rhomboïdes, parfois dentelé antérieur., ainsi que sus-épineux, parfois sous-épineux (rotation externe) — sous-scapulaire (rotation interne), modéré, équilibré avec coiffe, chaîne thoracique + cervicale ; plateaux instables, ballons, élastiques.
Élastiques (TheraBand) : adaptables en résistance — haltères légers, ballons, parfois poulies, presse adaptée, tests et renforcement (centres spécialisés). PNF (Proprioceptive Neuromuscular Facilitation), chaînes musculaires (Mézières, Busquet).
Gestes sportifs/professionnels reproduits — vitesse progressive, souvent résistance progressive, fatigue musculaire travaillée. Utile sur calcifications (60-70 % d'amélioration), ainsi que TENS, électrostimulation et effets antalgiques — taping (kinésio-taping) : adjuvant, trigger points. Protocole structuré tendinopathie sus-épineux ; TYDS (Thrower's Ten exercises) pour sportifs, souvent programmes personnalisés par kiné. 30-50 séances habituellement, sur 3-6 mois ; 2-3 séances/semaine en phase active — coût : 200-400 MAD/séance, ainsi que remboursée sur prescription.
06Exercices à domicile#
Penché en avant, bras pendant et balancements doux d'avant en arrière, latéraux, circulaires, parfois détend et mobilise sans effort. 2-3 minutes par direction. 2. Étirement capsule postérieure (cross body stretch) :
Bras tendu en travers de la poitrine, ainsi que main opposée tire le coude vers l'intérieur, souvent 30 secondes × 3. Bras à 90°, paume contre le cadre de la porte, parfois avancer le tronc ; 30 secondes par côté. Allongé sur le côté affecté, bras à 90° devant soi, avant-bras pousse vers le sol par main opposée, parfois excellent étirement capsule postérieure. 30 secondes × 3. Coude collé au corps à 90° ; élastique fixé devant, tirer l'avant-bras vers l'extérieur en gardant le coude au corps. 15 répétitions × 3.
6, souvent rotation interne avec élastique :
Coude collé au corps à 90°, ainsi que élastique fixé latéralement ; tirer l'avant-bras vers l'intérieur. 15 répétitions × 3.
- 1Renforcement sus-épineux (Jobe modifié) :
Bras tendu, pouce vers le haut, 30° d'antépulsion, souvent soulever lentement à 90°, puis redescendre, parfois 12-15 répétitions × 2-3 séries, haltère 0,5-2 kg selon tolérance.
A. Y, T, W exercices (à plat ventre ou debout) :
Y : bras à 45° au-dessus de la tête, soulever — T : bras à 90°, soulever, souvent W : bras à 90° plié au coude, écarter, parfois 10-12 répétitions × 2-3 séries.
B. Tirage horizontal (avec élastique ou haltère) :
Tirer vers le sternum, omoplates rapprochées. 12-15 répétitions × 3. C ; Dos au mur, bras pliés au mur — glisser les bras vers le haut sans décoller, ainsi que 12 répétitions × 3. Pompes contre le mur ou sur les genoux et sur ballon (déstabilisation), souvent 10 répétitions × 3. Pencher la tête vers une épaule, regard vers le sol opposé. 30 secondes × 2.
EVA ≤ 3-4/10 pendant exercice, souvent arrêter si douleur vive (> 5/10) ; commencer léger, augmenter graduellement, régularité > intensité, journal des exercices et progrès. Consulter kiné en cas de doute.
Natation (dos crawlé, brasse douce, papillon plus tard), ainsi que posture droite (pas guidon en bas) — utilise bâtons, doux et yoga thérapeutique : adapter postures, travail postural.
Musculation lourde (développé couché, etc.), souvent sports overhead intenses (tennis, natation crawl rapide), parfois port de charges lourdes au-dessus de la tête, ainsi que mouvements brusques en abduction-rotation.
Progressive, 2-3 mois après stabilisation, ainsi que échauffement complet, parfois gestes techniques contrôlés, souvent récupération entre séances.
07Infiltrations et chirurgie#
Corticoïde retard + anesthésique local, parfois douleur persistante après 4-6 semaines kiné, ainsi que 70-80 % à court terme, durable variable ; voie postéro-latérale, parfois sous écho-guidage, maximum 3 infiltrations par épaule (effet sur tendon en cas d'abus), parfois réalisées par rhumatologues, médecins spécialisés ; coût Maroc : 800-2 000 MAD, AMO : remboursée.
Infiltrations PRP (Plasma Riche en Plaquettes) :
Centrifugation du sang du patient → plasma enrichi en plaquettes et injection intra-tendineuse écho-guidée ; effet régénératif théorique, preuves modérées sur tendinopathies. Coût Maroc : 2 000-4 500 MAD, souvent non remboursé AMO ; alternative aux corticoïdes (pas d'effet délétère sur tendon).
Effet lubrifiant articulaire. Pour omarthrose associée. Ponction-aspiration des calcifications (PAVI - Procédé Aspiration sous Échographie) :
Pour calcifications symptomatiques ; aiguilles écho-guidées : aspiration du dépôt calcique, combiné avec lavage et corticoïde local, ainsi que très efficace : 70-90 % d'amélioration. Réalisé par radiologues, rhumatologues.
Rupture transfixiante symptomatique (pas pour rupture asymptomatique), souvent tendinopathie chronique réfractaire à 6 mois de traitement médical bien conduit ; calcifications réfractaires (rare actuellement vu PAVI), conflit sous-acromial structurel (acromion crochu).
1, ainsi que acromioplastie + bursectomie :
Résection partielle de l'acromion (suppression conflit), parfois ablation de la bursite enflammée — arthroscopie systématiquement. Arthroscopie (référence moderne) ; sutures tendineuses sur tubérosités — ancres résorbables ou métalliques, technique simple ou double rang selon taille. 3. Greffes/patches (pour ruptures complexes) :
Patches biologiques ou synthétiques. Transferts tendineux (latissimus dorsi, teres major) pour ruptures massives chez patient jeune.
Pour ruptures massives irréparables avec arthrose secondaire (cuff tear arthropathy) ; patient âgé ou jeune avec lésions très avancées — excellente récupération fonctionnelle, ainsi que coût élevé : 50 000-90 000 MAD au Maroc.
Arthroscopie ou mini-open, ainsi que anesthésie générale + bloc inter-scalénique, hospitalisation 1-2 jours, parfois immobilisation 4-6 semaines (attelle, écharpe), rééducation 3-6 mois (capitale).
80-90 % de récupération fonctionnelle si réparation primaire — douleur disparaît dans 90 % des cas et récupération force progressive sur 12-18 mois, souvent récidive : 10-20 % (plus si rétraction tendineuse, qualité tissulaire mauvaise).
1-2 %, souvent raideur post-op (capsulite secondaire) : 5-10 % ; lésion nerveuse (axillaire, suprascapulaire) : très rare, parfois récidive rupture. 1-3 %.
Arthroscopie épaule disponible CHU + cliniques privées. Centres spécialisés : Rabat (Avicenne), Casa (Ibn Rochd, cliniques Akdital, Anfa), Marrakech, Fès, parfois coût chirurgie réparation coiffe : 25 000-50 000 MAD (privé), prise en charge sur dossier.
08Ressources au Maroc#
Rabat (Spécialités), Casa (Ibn Rochd), Fès, Marrakech, Oujda, souvent kinés DEK spécialisés épaule : présents dans grandes villes, ainsi que présents dans toutes villes moyennes, parfois chirurgiens orthopédistes spécialisés épaule : Casa, Rabat surtout. Sahha.ma annuaire spécialisé.
Consultation médecin : 100-500 MAD, parfois échographie : 400-800 MAD, IRM épaule : 2 500-4 500 MAD et séance kiné : 200-400 MAD. Infiltration : 800-2 000 MAD, PAVI calcification : 2 500-5 000 MAD et chirurgie réparation coiffe : 25 000-50 000 MAD (privé) ; prothèse inversée : 50 000-90 000 MAD (privé), prise en charge significative (consultations + IRM + kiné + chirurgie).
- 11ère évaluation
2, rhumatologue ou confirme diagnostic, prescrit kiné, infiltration éventuelle
3 — 6-12 semaines de traitement
4 et si échec ou rupture significative. Gestes répétitifs bras en l'air, souvent port de charges lourdes au-dessus de la tête, sports unilatéraux intenses, ainsi que mauvaise posture (épaules enroulées). Dormir sur l'épaule douloureuse.
Écran à hauteur, claviers ergonomiques, repose-coude, parfois utiliser deux bras, partager, ainsi que choisir adaptés (natation dos, marche, vélo droit, yoga) et oreiller adapté, position dorsale ou côté opposé, éviter ceux qui exigent grand mouvement (T-shirts à enfiler par la tête → préférer chemises à boutons).
Exercices à domicile à vie, renforcement continu fixateurs scapulaires — étirements quotidiens, parfois alimentation anti-inflammatoire (poisson gras, légumes, fruits), gestion facteurs métaboliques (diabète, dyslipidémie), aggrave, à arrêter.
Affections péri-articulaires provoquées par certains gestes et postures, parfois conditions : exposition documentée à gestes répétitifs, postures contraignantes, indemnisation possible. Facteurs de croissance, cellules souches — thérapies géniques tendineuses et bio-scaffolds régénération tendineuse, applications, capteurs.
80-90 % des tendinopathies coiffe répondent au traitement médical (kiné + infiltration) et kinésithérapie spécifique = clé du succès, chirurgie réservée aux échecs et ruptures significatives — posture, échauffement, renforcement progressif, ergonomie.
Foire aux questions
Questions fréquentes
1Mon épaule douloureuse est-elle toujours une tendinite ?+
2Faut-il faire une infiltration de cortisone dès le début ?+
3Une rupture de la coiffe nécessite-t-elle toujours une opération ?+
Vérifiable
Sources médicales
Révision médicale
Dr. Khalid Benali
Kinésithérapeute, spécialiste épaule
Cet article a été vérifié médicalement le 29 avril 2026 selon les standards Sahha (E-E-A-T santé, sources OMS / HAS / Inserm / Ministère de la Santé du Maroc).
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