Sommaire (8)+
01Définition et mesure#
La fièvre est définie comme une élévation de la température corporelle au-dessus de la normale, généralement en réponse à une infection.
| Mesure | Fièvre |
|---|---|
| Rectale (référence < 5 ans) | ≥ 38°C |
| Buccale (≥ 5 ans) | ≥ 37,8°C |
| Auriculaire (tympanique) | ≥ 38°C |
| Axillaire (aisselle) | ≥ 37,5°C (moins fiable) |
| Frontale (infrarouge) | ≥ 38°C |
< 36°C (signe de gravité chez nourrisson).
Enfant détendu, thermomètre lubrifié, 1-2 cm dans rectum, 1-2 minutes, parfois tirer le pavillon, viser le tympan, plusieurs mesures — à 1-3 cm du front, scanner zone temporale, sous langue, 3 minutes (peu utilisée chez petits).
Plus basse le matin, plus haute le soir (jusqu'à 0,5°C) — légère hausse ; vêtements chauds, environnement chaud, souvent après effort, pleurs intenses, peut donner fièvre 24-48 h post-injection.
Favorise la réponse immunitaire, souvent inhibe la croissance bactérienne — c'est le symptôme d'une maladie sous-jacente ; L'objectif du traitement : soulager le confort, pas faire baisser à tout prix, lésions cérébrales par hyperthermie : rares avant 41-42°C.
Anxiété parentale fréquente, ainsi que automédication parfois excessive, consultations nombreuses, parfois inutiles — éducation parentale = clé. Comportement de l'enfant > chiffre du thermomètre et enfant peu inquiétant, ainsi que enfant abattu même à 38°C : à explorer ; enfant > 3 mois avec fièvre isolée bien tolérée : surveiller.
02Causes principales#
Infections virales (90 %) :
Les causes principales sont rhume, rhinopharyngite, bronchiolite, grippe, COVID, gastro-entérite, hépatite A, varicelle, rougeole, rubéole, roséole (sixième maladie), main-pied-bouche, parfois mononucléose, herpès, CMV et maladies virales banales avec fièvre élevée mais évolution favorable spontanée.
3 ans surtout, douleurs déglutition, ganglions, parfois douleur oreille, irritabilité et toux, dyspnée, fièvre élevée, ainsi que fièvre + signes urinaires (chez petit, parfois fièvre isolée), gastro-entérite bactérienne : Salmonelle, Shigella, méningite bactérienne : URGENCE — fièvre + raideur nuque, vomissements, troubles conscience, purpura, impétigo, cellulite — mastoïdite, sinusite.
Les causes principales sont fréquent, bénin, dans les 24-72 h ; fébricule possible (< 38,5°C), kawasaki, MIS-C (post-COVID), souvent rares chez enfant, leucémie, lymphome, souvent fièvre médicamenteuse ; coup de chaleur, vêtements chauds chez nourrisson.
TOUTE fièvre = consultation médicale immédiate, souvent système immunitaire immature ; risque infection bactérienne grave (sepsis, méningite), parfois bilan biologique souvent nécessaire. Causes virales prédominantes — attention infections urinaires (souvent peu de signes), otites fréquentes, souvent bronchiolites en hiver. Infections respiratoires courantes, parfois angines streptococciques, viroses.
03Évaluer son enfant#
Pas le chiffre, mais le comportement ! Alerte, sourire, joue et boit normalement, souvent pleure facilement (vigilance), coloration normale, respiration normale. Pas de signes de gravité. Moins actif que d'habitude — moins d'appétit mais boit, ainsi que somnolent par moments et abattu transitoirement, dort plus. Signes d'alarme (cf section dédiée) :
Prostration, somnolence excessive, souvent troubles de conscience — convulsions, respiration rapide ou difficile, pleurs inconsolables — éruption purpurique (taches violettes ne disparaissant pas à la pression) et vomissements répétés, déshydratation ; refus total de boire, coloration anormale (cyanose, pâleur extrême, marbrures), cri plaintif anormal, souvent fontanelle bombée chez le nourrisson.
Pas trop habiller (vouloir "transpirer la fièvre" = mauvais), pièce à 19-21°C, ventilée, ainsi que boissons régulières, fractionnées (eau, lait, soupes, jus dilués) ; pas forcé à manger, mais hydrater, bains tièdes ne sont plus recommandés systématiquement (efficacité courte, inconfort), vessie de glace sur front : agréable mais peu efficace.
Trop couvrir (couverture, plusieurs vêtements), ainsi que choc thermique, dangereux ; alcool sur la peau : toxique, inefficace, forcer à manger, donner aspirine chez < 16 ans (risque syndrome de Reye), doubler doses d'antipyrétiques — alterner systématiquement paracétamol et ibuprofène (cf section).
04Paracétamol et ibuprofène#
Enfant inconfortable par la fièvre (pleurs, abattement), parfois non systématique si bien toléré ; objectif : améliorer le confort, pas normaliser la T° absolument. Paracétamol (Doliprane, Efferalgan, Dafalgan) :
1ère intention chez l'enfant et 15 mg/kg toutes les 6 heures (ou 60 mg/kg/jour max) —, souvent seringue graduée (mg/kg), si vomissements (absorption variable), souvent comprimés orodispersibles, effervescents : > 6 ans ; 30-60 min, rares aux doses thérapeutiques et surdosage (dose quotidienne > 75 mg/kg ou cumulée), sans ordonnance, en pharmacie.
Tableau de doses (paracétamol) :
| Poids | Dose unitaire | Sirop 30 mg/ml | Sachet/comprimé |
|---|---|---|---|
| 4 kg | 60 mg | 2 ml | - |
| 6 kg | 90 mg | 3 ml | - |
| 8 kg | 120 mg | 4 ml | - |
| 12 kg | 180 mg | 6 ml | - |
| 16 kg | 240 mg | 8 ml | 1 sachet 250 mg |
| 20 kg | 300 mg | 10 ml | 1 sachet 250 mg |
| 30 kg | 450 mg | - | 1 sachet 500 mg |
| 40 kg | 600 mg | - | 1 sachet 500 mg + 1/4 |
| > 50 kg | 1 g | - | 1 cp 1 g (adulte) |
2e ligne ou alternative au paracétamol. 10 mg/kg toutes les 8 heures (ou 30 mg/kg/jour max), autorisé dès 3 mois ou 5 kg, varicelle (risque cutané grave), déshydratation, asthme, troubles digestifs et effets secondaires : digestifs, rénaux (rares aux doses thérapeutiques), souvent préférer prendre au cours d'un repas.
Non recommandée systématiquement, confusion doses, surdosage, toxicité, parfois fièvre très inconfortable malgré 1 médicament — discuter avec médecin et 1 médicament d'abord, à dose adaptée, durée correcte.
CONTRE-INDIQUÉE chez l'enfant < 16 ans, encéphalopathie + insuffisance hépatique grave (rare mais mortel). Réservé à cas spécifiques (Kawasaki, sous surveillance médicale). 48-72 h maximum sans avis médical, ainsi que amélioration, persistance > 3 jours : consulter. Inefficaces, parfois toxicité — alternance non maîtrisée et doublage doses par 2 parents non communicants, noter doses et heures. Paracétamol très accessible (formes pédiatriques) et ibuprofène disponible, souvent remboursement, ainsi que automédication courante mais nécessite formation parents.
05Convulsions fébriles#
Convulsion survenant chez l'enfant entre 6 mois et 5 ans dans un contexte fébrile sans cause neurologique. 2-5 % des enfants, ainsi que pic 12-18 mois ; antécédents familiaux dans 30-40 %. Convulsions fébriles simples (80 %) : Généralisées (toniques, cloniques, tonico-cloniques), souvent brèves (< 15 minutes, souvent < 5 minutes), parfois non répétitives dans la même journée, examen neurologique normal post-crise. Convulsions fébriles complexes (20 %) : Focales (un membre, un côté), ainsi que prolongées (> 15 minutes) et répétitives dans la journée ; anomalies neurologiques post-crise, surveillance plus poussée.
Garder calme, parfois noter heure de début ; allonger sur côté (PLS), tête tournée, ainsi que éloigner objets durs, ne RIEN mettre dans la bouche (mythe : pas de risque d'avaler langue), ainsi que ne pas immobiliser, souvent durée, type, côté, parfois appeler 141 SAMU si crise > 5 min, ou si répétée.
Diazépam intra-rectal (Valium suppositoires) : à donner si crise > 5 min. Formation des parents si antécédents. Enfant somnolent, parfois confus 30 min, consulter systématiquement (1ère crise). Examen médical : éliminer méningite, encéphalite. Examen clinique complet, glycémie, calcium, systématique chez < 12 mois, ou si signes méningés, ou récidive, ainsi que pas systématique, à discuter selon contexte et pas systématique sauf complexe. Crises non épileptiques, pas de risque de retard ou séquelles et ; 30 % une fois, ainsi que 50 % si répétitives. Majoritaire avant 5 ans (rare après). 2-7 % (à comparer 1 % en population générale).
Traitement antipyrétique précoce dès 38°C dans les fièvres, information des parents — pas de traitement antiépileptique systématique (sauf formes complexes répétées), souvent diazépam intermittent : à discuter.
Scène traumatisante, soutien, écoute, parfois éducation : pronostic excellent, pas d'épilepsie habituellement.
06Quand consulter en urgence#
Signes d'urgence ABSOLUE (consultation immédiate, 141 SAMU) :
En urgence, il faut savoir reconnaître taches violettes pétéchies/ecchymoses ne disparaissant pas à la pression (verre transparent) → suspicion méningococcémie, parfois convulsion prolongée (> 5 min) ou répétée ; somnolence excessive, ne réveille pas — respiration > 60/min nourrisson, > 40 jeune enfant, tirage, geignement, cyanose, coloration anormale : cyanose lèvres/extrémités, pâleur extrême, marbrures persistantes, yeux cernés, fontanelle creuse, plis cutanés persistants, soif intense, oligurie, souvent vomissements verts (bilieux) — diarrhée sanglante, parfois douleur abdominale intense, paralysie, faiblesse musculaire, traumatisme crânien associé.
Spécifiques au nourrisson (< 3 mois) : TOUTE fièvre ≥ 38°C, hypothermie < 36°C et fontanelle bombée ou très enfoncée, souvent cri plaintif anormal, refus alimentation, gémissement. Critères de consultation non urgents mais rapides :
En urgence, il faut savoir reconnaître fièvre > 39°C chez < 6 mois. Fièvre persistante > 3 jours. Fièvre + autres symptômes : éruption inhabituelle, douleurs articulaires, brûlures urinaires, douleur oreille, mal de gorge sévère, comportement plus calme, plus irritable, parfois enfant immunodéprimé, drépanocytaire, cardiopathe, etc.
En urgence, il faut savoir reconnaître fièvre + mal de tête (chez l'enfant qui parle) — vomissements en jet, parfois raideur de nuque, photophobie, phonophobie, urgence absolue, souvent trouble conscience ; chez fontanelle bombée, hypotonie, cri plaintif, refus tétée.
141 SAMU, souvent ponction lombaire (en milieu hospitalier), ainsi que antibiotique IV en urgence. Téléconsultation et conseils téléphoniques : Utile pour fièvre simple, conseils — ne remplace pas consultation si signes d'alarme et 141 ou pédiatre de garde.
07Cas du nourrisson < 3 mois#
Système immunitaire immature, souvent signes d'infection grave parfois discrets, ainsi que infection bactérienne (sepsis, méningite, pyélonéphrite) plus fréquente. Toute fièvre ≥ 38°C chez < 3 mois = CONSULTATION MÉDICALE URGENTE (jamais ignorée). Bilan habituel en urgence :
Examen clinique complet, parfois NFS, CRP, procalcitonine, ainsi que ECBU systématique (cathétérisation) — hémocultures. PL (ponction lombaire) si critère selon âge et bilan et radio thorax parfois, ainsi que virologie selon contexte.
Évaluent risque d'infection bactérienne grave. Guident décision : retour domicile vs hospitalisation, antibiothérapie. Hospitalisation souvent nécessaire à cet âge : Pour observation, examens, antibiothérapie probabiliste ; antibiotique IV : amoxicilline + céfotaxime classiquement, parfois 48-72 h souvent. Retour à domicile possible et consigne stricte : reconsulter si dégradation — surveillance rapprochée. Urgences pédiatriques CHU : Rabat (hôpital d'enfants), Casa, Fès, Marrakech — pédiatres privés : consultations en urgence, ainsi que 141 SAMU en cas de doute.
08Ressources au Maroc#
Rabat (hôpital d'enfants Abderrahim Harouchi), Casa (Aboulcacem-Zahraoui), Fès, Marrakech, Oujda, parfois présents toutes villes, ainsi que Sahha.ma annuaire spécialisé, utile pour conseils.
Consultation pédiatre : 200-500 MAD (privé), 100 MAD (CHU), ainsi que urgences pédiatriques : selon système (CHU gratuit avec AMO), antipyrétiques : 30-100 MAD (génériques disponibles), souvent bilan biologique en urgence : 200-1 500 MAD selon, remboursement.
Fièvre prolongée > 3 jours, doute sur cause, souvent symptômes associés non clairs, parfois enfant chronique (cardiaque, drépanocytaire, immunodéprimé), inquiétude parentale. Signes d'alarme (cf liste), souvent fièvre < 3 mois, convulsions, parfois détresse respiratoire, purpura, trouble conscience. Thermomètre, paracétamol/ibuprofène pédiatriques, sérum physiologique nez, hydratation ; carnet vaccination + dossier médical, ainsi que pédiatre, SAMU 141. Comportement, hydratation, respiration, coloration et antipyrétiques si inconfort, souvent vêtements légers, pièce ventilée, boire régulièrement, noter doses et heures.
Photographier une éruption pour le médecin, ainsi que vidéo d'une crise (utile) ; noter évolution. Lire sur la fièvre : bénigne le plus souvent ; ne pas paniquer pour une fièvre élevée bien tolérée, parfois comportement enfant > thermomètre — Sahha.ma, OMS, Société Marocaine de Pédiatrie. À jour = prévention des fièvres bactériennes graves (pneumocoque, méningocoque, Hib) ; calendrier national maroc (PNI) et rappels réguliers.
Panique excessive et automédication massive, parfois alternance non maîtrisée des antipyrétiques — pas de consultation pour signes d'alarme, téléchargement d'antipyrétiques sans dose adaptée au poids, trop habiller.
Virus respiratoires (bronchiolites, grippe), parfois entérovirus, gastro-entérites — crèche, école = transmission virale forte. PNI (Programme National Immunisation) : couvre 95 % des enfants, souvent vaccins gratuits dans centres de santé, 9 et 18 mois, parfois depuis 2010, depuis 2010. Biomarqueurs sanguins pour différencier bactérien vs viral, identifier infections graves précocement ; vaccins nouveaux (RSV pour bronchiolite, etc.).
La fièvre est un symptôme, pas une maladie en soi, comportement > thermomètre, parfois adaptés au poids, espacement strict — consulter immédiatement. < 3 mois + fièvre = urgence absolue, pas de gravité durable.
Foire aux questions
Questions fréquentes
1Faut-il toujours faire baisser la fièvre de mon enfant ?+
2Mon enfant a fait une convulsion fébrile, va-t-il devenir épileptique ?+
3Mon bébé de 2 mois a 38°C, je peux attendre demain ?+
Vérifiable
Sources médicales
Révision médicale
Dr. Nadia Sebbar
Pédiatre
Cet article a été vérifié médicalement le 29 avril 2026 selon les standards Sahha (E-E-A-T santé, sources OMS / HAS / Inserm / Ministère de la Santé du Maroc).
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