En bref
Réponses rapides aux questions essentielles
- Ozempic est-il disponible en pharmacie au Maroc en 2026 ?
- Oui. Ozempic a une AMM marocaine pour le diabète de type 2 et se vend en pharmacie d'officine, en stylo préchargé hebdomadaire, aux dosages 0,25 mg, 0,5 mg et 1 mg. Il n'y est pourtant commercialisé que depuis novembre 2025 ; auparavant,…
- Mounjaro est-il disponible au Maroc et combien coûte-t-il ?
- Non. Mounjaro (tirzépatide, Eli Lilly) n'est pas commercialisé officiellement au Maroc en 2026 : il y a obtenu une AMM (stylos KwikPen de 2,5 à 15 mg), mais aucun prix public n'a encore été fixé. On ne peut se le procurer que par importa…
- Peut-on prescrire Ozempic pour maigrir au Maroc ?
- Légalement non. Au Maroc, l'AMM d'Ozempic ne couvre que le diabète de type 2 insuffisamment contrôlé. Le prescrire à un patient non diabétique dans le seul but de perdre du poids est un usage hors AMM, que la promotion pharmaceutique lég…
Sommaire (12)+
- 01Sémaglutide vs tirzépatide : différence pharmacologique
- 02Indications AMM : diabète T2 vs obésité
- 03Ozempic au Maroc : statut, prix, où acheter
- 04Mounjaro au Maroc : importation et alternatives
- 05Efficacité comparée : HbA1c et perte de poids
- 06Effets indésirables : nausées, pancréatite, gastroparésie
- 07Off-label perte de poids : la zone grise marocaine
- 08Alternatives disponibles : Trulicity, Saxenda, Victoza
- 09Coût et remboursement AMO/ALD
- 10Ruptures et contrefaçons : comment se protéger
- 11Téléconsultation endocrinologue Sahha
- 12Questions fréquentes
Depuis trois ans, deux noms reviennent sans cesse dans les consultations d'endocrinologie au Maroc : Ozempic et Mounjaro. Le premier est devenu un phénomène mondial. C'est un traitement du diabète de type 2, que Hollywood a détourné pour ses effets amaigrissants au point d'en faire une star. Le second, plus récent, a obtenu dans les essais cliniques des pertes de poids encore plus impressionnantes. Au Maroc en 2026, la situation est plus compliquée : Ozempic est officiellement commercialisé pour le diabète, mais seulement depuis novembre 2025 (auparavant, sous la pression de la demande mondiale, il ne s'obtenait qu'à l'étranger), et Mounjaro, autorisé mais encore sans prix public, n'est pas commercialisé et ne s'obtient que par importation personnelle. Les essais SUSTAIN, STEP, SURPASS et SURMOUNT permettent de comparer de près les deux molécules, le sémaglutide et le tirzépatide. Il reste ensuite à replacer chacune dans la pratique marocaine : prix réels, statut réglementaire, alternatives disponibles, risque de contrefaçon dans les circuits parallèles, et attitude à adopter face à un patient qui en réclame "pour maigrir".
01Sémaglutide vs tirzépatide : différence pharmacologique#
Les deux molécules sont des agonistes des récepteurs aux incrétines, des hormones intestinales libérées après les repas qui régulent la glycémie et la satiété. Elles n'agissent pas pour autant sur les mêmes récepteurs, et c'est ce qui explique l'essentiel de leurs différences cliniques.
Outil santéCalculer mon remboursement CNSSLe sémaglutide, principe actif d'Ozempic (laboratoires Novo Nordisk), agit uniquement sur les récepteurs du GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1). Sa structure peptidique a été modifiée pour résister à la dégradation par l'enzyme DPP-4. Sa demi-vie atteint ainsi environ 7 jours, ce qui permet une seule injection sous-cutanée par semaine. Le sémaglutide stimule la sécrétion d'insuline de façon glucose-dépendante : pris seul, il n'expose donc pas à un risque majeur d'hypoglycémie. Il freine aussi la sécrétion de glucagon, ralentit la vidange de l'estomac et agit sur les centres de la satiété situés dans l'hypothalamus, ce qui réduit spontanément les apports caloriques. C'est cette action sur le cerveau qui fait maigrir les patients diabétiques, et beaucoup de personnes recherchent désormais cet effet en dehors de l'indication d'origine.
Le tirzépatide, principe actif de Mounjaro (laboratoires Eli Lilly), est plus récent et fonctionne autrement : c'est un double agoniste GIP/GLP-1. Il active à la fois les récepteurs du GLP-1 et ceux du GIP (Glucose-dependent Insulinotropic Polypeptide), une deuxième incrétine intestinale que l'industrie pharmaceutique avait longtemps délaissée et que des travaux précliniques récents ont remise en avant. L'activité GIP ajoutée semble renforcer à la fois la baisse de la glycémie et la perte de poids, sans augmenter dans la même proportion les effets digestifs. La demi-vie du tirzépatide, d'environ 5 jours, permet elle aussi une injection par semaine.
Sur le papier, le tirzépatide devrait donc être plus efficace que le sémaglutide, et les essais qui les ont comparés directement l'ont confirmé. Cette supériorité statistique ne se traduit pourtant pas automatiquement par un bénéfice clinique chez tous les patients. Le tirzépatide donne en outre autant d'effets digestifs (nausées, vomissements, diarrhée), voire un peu plus. Le choix entre les deux dépend donc de bien plus que la perte de poids attendue : il tient compte de la tolérance individuelle, du terrain cardiovasculaire, du coût et de la disponibilité réelle au Maroc.
02Indications AMM : diabète T2 vs obésité#
Les indications sont la principale source de confusion chez les patients marocains. L'AMMPS (Agence marocaine du médicament et des produits de santé, créée par la loi 10-22 pour reprendre les missions de l'ex-Direction du Médicament et de la Pharmacie), comme l'EMA européenne et la FDA américaine, n'autorise Ozempic que pour le traitement du diabète de type 2 insuffisamment contrôlé, en association à la metformine ou à d'autres antidiabétiques. En 2026, aucune autorisation de mise sur le marché ne couvre au Maroc son utilisation chez un patient non diabétique en surpoids ou obèse.
Pour traiter l'obésité avec le sémaglutide, Novo Nordisk commercialise un produit distinct, Wegovy. Il est dosé à 2,4 mg par semaine (contre 0,25 à 2 mg pour Ozempic) et a été validé par les essais STEP-1 à STEP-5, publiés à partir de 2021 (STEP-1 dans le New England Journal of Medicine, les suivants dans The Lancet, JAMA et Nature Medicine). Wegovy n'est pas commercialisé au Maroc en 2026, la spécialité n'y ayant pas été enregistrée. La demande a comblé ce vide réglementaire par l'utilisation d'Ozempic hors AMM (off-label), c'est-à-dire son détournement par des patients non diabétiques qui veulent perdre du poids.
Le tirzépatide suit le même schéma. Dans les pays où il est commercialisé, Mounjaro porte d'abord l'indication "diabète de type 2". Eli Lilly a ensuite obtenu en 2023 l'AMM américaine pour l'obésité sous le nom Zepbound, sur la base des essais SURMOUNT-1 à SURMOUNT-4. Au Maroc, Mounjaro a obtenu une AMM (stylos KwikPen de 2,5 à 15 mg), mais sans prix public fixé, si bien qu'il n'est pas commercialisé ; Zepbound n'y est pas enregistré.
Saxenda (liraglutide 3 mg/jour, un agoniste GLP-1 quotidien) a en revanche une AMM marocaine pour l'obésité depuis 2024, même si la base des médicaments de l'AMMPS le donne comme non commercialisé. Paradoxalement, c'est donc le seul GLP-1 que l'on peut légalement prescrire en première intention au Maroc pour perdre du poids.
03Ozempic au Maroc : statut, prix, où acheter#
Ozempic est commercialisé au Maroc depuis novembre 2025 en trois dosages, 0,25 mg, 0,5 mg et 1 mg par injection hebdomadaire, sous forme de stylo injecteur préchargé. Le dosage 2 mg existe à l'international, mais il n'est pas enregistré au Maroc. Le circuit légal est strict. Le médicament est délivré en pharmacie d'officine sur ordonnance d'un médecin (généraliste, endocrinologue ou diabétologue), et le RCP impose un schéma de démarrage : 0,25 mg pendant 4 semaines, puis 0,5 mg pendant au moins 4 semaines, puis passage à 1 mg si c'est nécessaire pour contrôler la glycémie.
En 2026, le prix public de vente, fixé par arrêté du ministre de la Santé, est de 1 099 MAD par stylo quel que soit le dosage (0,25 mg, dose de démarrage, 0,5 mg ou 1 mg ; 4 doses par stylo). Chaque stylo couvre en moyenne 4 semaines de traitement. Le même stylo coûte environ 77 € en France (prix avant remboursement par l'Assurance maladie) et 349 dollars par mois aux États-Unis au tarif sans assurance de Novo Nordisk. Le Maroc se situe donc au-dessus du prix français, mais sous le tarif américain, ce qui contribue, paradoxalement, à attirer vers le circuit marocain certains MRE, dans une sorte de voyage médical inverse.
Sur le terrain, l'accès a longtemps été bien plus difficile : jusqu'à son lancement officiel en novembre 2025, Ozempic n'était pas commercialisé au Maroc et ne s'obtenait qu'à l'étranger. La cause est mondiale : aux États-Unis et en Europe, la demande a explosé avec la prescription de Wegovy et l'engouement des médias, et Novo Nordisk a dû rationner les marchés secondaires. Les diabétiques marocains doivent régulièrement changer de classe thérapeutique pour un temps, se rabattre sur un autre GLP-1 disponible (Trulicity, Victoza) ou repousser de plusieurs semaines le passage du palier 0,5 mg à 1 mg. Pour l'endocrinologue marocain, ces ruptures sont une raison concrète de ne pas prescrire Ozempic en première intention à un patient qui vient d'être diagnostiqué, puisque d'autres molécules de la même classe sont plus faciles à trouver. Pour le suivi du diabète, voir aussi l'article sur les antidiabétiques oraux Apixia, Glucophage, Janumet.
04Mounjaro au Maroc : importation et alternatives#
En octobre 2026, Mounjaro n'est toujours pas commercialisé officiellement au Maroc. Il y a pourtant obtenu une AMM (stylos KwikPen de 2,5 à 15 mg, établissement Sothema), mais l'AMMPS n'affiche encore aucun prix public, et aucune date de lancement n'a été annoncée publiquement. Il reste trois façons de se le procurer, et toutes posent problème.
La première est l'importation personnelle légale, grâce à une autorisation temporaire d'importation à titre nominatif délivrée par l'AMMPS (qui a repris les missions de l'ex-DMP). La procédure est possible en théorie. Elle demande une ordonnance d'un médecin marocain, un motif médical impérieux et documenté (en général, l'échec ou la contre-indication de toutes les alternatives commercialisées) et un délai administratif de plusieurs semaines au moins. Comme elle est lourde et que peu de prescripteurs la connaissent, elle reste en pratique très peu utilisée.
La deuxième voie consiste à acheter le produit lors d'un voyage en Europe, en Turquie ou aux Émirats arabes unis, où Mounjaro est disponible. Les prix observés en 2026 tournent autour de 250 à 400 € par mois en Europe selon la dose, et nettement moins en Turquie (autour de 150 à 200 €). Le voyageur peut rapporter une quantité destinée à son usage personnel, à condition d'avoir une ordonnance valide. Une partie de la diaspora marocaine et des MRE passe par cette voie, qui pose la question de la continuité du traitement : que faire si le patient ne peut plus se procurer le produit au bout de quelques mois ? Chez un diabétique mal contrôlé, l'arrêt brutal d'un GLP-1 expose à un rebond de la glycémie. Pour les MRE qui veulent être suivis au Maroc, le réseau Sahha pour le tourisme médical recense les options réalistes en endocrinologie privée.
La troisième voie passe par les circuits informels : achat en ligne sur des sites étrangers non agréés, revente sur les réseaux sociaux, importation parallèle non déclarée. Elle est formellement illégale au regard de la loi marocaine 17-04 relative au Code du médicament et de la pharmacie, qui réserve l'importation des médicaments aux laboratoires titulaires d'une AMM ou aux importateurs agréés. Elle expose surtout au risque de contrefaçon.
05Efficacité comparée : HbA1c et perte de poids#
Pour le contrôle de la glycémie, les deux molécules font nettement mieux que les antidiabétiques oraux classiques. De 2016 à 2018, le programme SUSTAIN (sémaglutide unabated sustainability) a publié sept essais randomisés contrôlés portant sur plus de 8 000 patients. Dans SUSTAIN-1 (sémaglutide contre placebo, en monothérapie), l'HbA1c a baissé en moyenne de 1,5 % avec la dose de 1 mg. SUSTAIN-7 (sémaglutide contre dulaglutide) a montré que le sémaglutide faisait mieux que le dulaglutide (Trulicity), avec un écart d'environ 0,4 % d'HbA1c en sa faveur. SUSTAIN-6, un essai de sécurité cardiovasculaire mené chez 3 297 patients à haut risque, a montré une baisse de 26 % du critère composite d'événements cardiovasculaires majeurs (MACE) sous sémaglutide par rapport au placebo, ce qui a validé l'usage de la molécule chez le diabétique coronarien.
Le programme SURPASS (étude pivot du tirzépatide dans le diabète) a comparé le tirzépatide à plusieurs traitements : insuline dégludec, insuline glargine, sémaglutide 1 mg. SURPASS-2, publié en 2021 dans le NEJM, est le seul essai qui oppose directement sémaglutide et tirzépatide chez le diabétique de type 2. Chez 1 879 patients diabétiques de type 2, le tirzépatide à 15 mg par semaine a fait baisser l'HbA1c de 2,30 %, contre 1,86 % pour le sémaglutide 1 mg, soit un écart de 0,45 % en faveur du tirzépatide. À 40 semaines, les patients avaient perdu en moyenne 11,2 kg sous tirzépatide 15 mg et 5,7 kg sous sémaglutide 1 mg, soit environ 5,5 kg de plus.
Chez les personnes obèses non diabétiques, le programme STEP (sémaglutide 2,4 mg, Wegovy) a obtenu dans STEP-1 une perte de poids moyenne de 14,9 % du poids initial en 68 semaines. Pour le programme SURMOUNT (tirzépatide dans l'obésité), les résultats de SURMOUNT-1 ont été publiés dans le NEJM en 2022 : chez 2 539 patients obèses non diabétiques, le tirzépatide 15 mg a fait perdre en moyenne 22,5 % du poids en 72 semaines, contre 2,4 % sous placebo. Dans SURMOUNT-2, mené chez 938 patients obèses et diabétiques, la perte a atteint 15,7 % à 72 semaines sous tirzépatide 15 mg.
L'essai SURMOUNT-5 (NEJM, 2025) a comparé directement les deux molécules chez 751 personnes obèses non diabétiques : à 72 semaines, la perte de poids atteignait 20,2 % sous tirzépatide (10 ou 15 mg) contre 13,7 % sous sémaglutide (1,7 ou 2,4 mg). Cet écart de 6,5 points confirme la comparaison indirecte des données de STEP-1 et de SURMOUNT-1, qui suggérait un avantage du tirzépatide de l'ordre de 6 à 8 points de pourcentage de perte de poids. L'écart est important sur le plan clinique, mais il ne fait pas du tirzépatide une "molécule miracle" : dans SURMOUNT-1, un patient sur cinq a perdu moins de 10 % de son poids initial, et la reprise de poids après l'arrêt du traitement reste la règle : un an après l'arrêt, les participants de l'extension de STEP-1 avaient repris les deux tiers du poids perdu, et l'essai de retrait STEP-4 a montré une reprise de poids chez les patients passés au placebo.
06Effets indésirables : nausées, pancréatite, gastroparésie#
Les effets indésirables digestifs, communs aux deux molécules, dominent ce que vivent les patients. Les nausées touchent environ 12 à 20 % des patients aux doses du diabète (notices américaines d'Ozempic et de Mounjaro), et jusqu'à 44 % au dosage obésité du sémaglutide (Wegovy), au démarrage et à chaque augmentation de dose. Elles sont en général modérées, passent en 1 à 4 semaines et s'atténuent avec les conseils diététiques habituels : des repas plus petits et fractionnés, pauvres en graisses, et ne pas s'allonger juste après avoir mangé. Les vomissements sont moins fréquents (5 à 9 % aux doses du diabète), mais ils peuvent obliger à suspendre le traitement quelque temps ou à baisser la dose. La diarrhée et la constipation surviennent à des fréquences comparables. Ces effets sont toujours plus marqués au palier de démarrage et lors des montées de dose, d'où l'augmentation progressive des doses imposée par le RCP.
Quatre effets indésirables plus graves demandent une attention particulière. La pancréatite aiguë a fait l'objet d'un bulletin de sécurité de l'ANSM dès 2013 et de plusieurs alertes de l'EMA. Le risque absolu reste faible (l'incidence est comparable à celle du placebo dans les méta-analyses récentes qui incluent les essais SUSTAIN et SURPASS). Il justifie néanmoins une grande prudence chez les patients qui ont déjà fait une pancréatite (les notices européenne et américaine n'en font pas une contre-indication formelle), et l'arrêt immédiat du traitement devant toute douleur persistante du creux de l'estomac (douleur épigastrique) qui irradie dans le dos.
La gastroparésie sévère est l'effet le plus médiatisé depuis 2023, après plusieurs publications de cas ; en septembre 2023, la FDA a par ailleurs ajouté l'iléus (occlusion intestinale) aux effets signalés après commercialisation dans la notice d'Ozempic. Le ralentissement de la vidange gastrique est précisément l'effet pharmacologique recherché avec les GLP-1. Chez certains patients, il tourne à la gastroparésie, avec des symptômes nets : vomissements alimentaires, douleur épigastrique, forte perte d'appétit et amaigrissement excessif. Dans la grande majorité des cas, tout rentre dans l'ordre à l'arrêt du traitement, mais quelques séries publiées rapportent des troubles qui ont persisté plusieurs mois. Le patient marocain prévenu de ce risque doit pouvoir joindre rapidement son endocrinologue ou passer par une téléconsultation Sahha Live s'il présente ces symptômes.
Le risque d'aggravation de la rétinopathie diabétique quand l'HbA1c baisse vite a été documenté dans SUSTAIN-6 : chez un patient qui a déjà une rétinopathie, une amélioration trop brutale de la glycémie peut la faire progresser pour un temps. La règle reste de faire un examen ophtalmologique avant de commencer le traitement chez tout patient diabétique de longue date.
Enfin, le risque thyroïdien est théorique : des carcinomes médullaires de la thyroïde ont été observés chez le rongeur dans les études précliniques. Ce risque a conduit la FDA américaine à contre-indiquer formellement les deux molécules chez les patients qui ont un antécédent personnel ou familial de carcinome médullaire ou de NEM 2 (le RCP européen d'Ozempic ne retient pas cette contre-indication). Aucun signal n'a été détecté chez l'humain dans les essais cliniques.
07Off-label perte de poids : la zone grise marocaine#
Depuis 2023, l'usage d'Ozempic pour maigrir chez des patients non diabétiques est devenu le sujet le plus délicat de l'endocrinologie marocaine. Sur le plan réglementaire, la loi 17-04 sur le médicament et la circulaire de la DMP sur la promotion pharmaceutique interdisent de promouvoir un médicament en dehors de son AMM. Promouvoir Ozempic pour la perte de poids est donc formellement illégal. Lors de son lancement, en novembre 2025, il a été rappelé que les médecins ne sont pas autorisés à le prescrire pour perdre du poids : un médecin qui le ferait sortirait du cadre de l'AMM et engagerait sa responsabilité personnelle.
Cette zone grise entraîne plusieurs dérives concrètes. D'abord, le circuit est détourné : des patients diabétiques se voient refuser leur Ozempic en pharmacie parce qu'une partie d'un stock limité est partie sur des prescriptions de complaisance faites à des patients non diabétiques. Ensuite, la dose prescrite est souvent insuffisante : un patient non diabétique supporte souvent mal le palier 1 mg et s'arrête à 0,5 mg, une dose à laquelle il perd peu de poids et le reprend vite à l'arrêt. Enfin, un marché parallèle s'est développé, où Ozempic se revend hors des pharmacies avec un risque majeur de contrefaçon (voir la partie sur les contrefaçons, plus bas).
L'endocrinologue marocain doit donc s'en tenir en 2026 à une ligne claire. La prise en charge de l'obésité passe par une évaluation globale (anthropométrie, maladies associées, comportement alimentaire, activité physique, terrain psychologique) et par un projet thérapeutique structuré. Si un traitement médicamenteux est retenu, il faut privilégier les produits réellement autorisés au Maroc dans cette indication, c'est-à-dire Saxenda (liraglutide). En attendant Wegovy ou Mounjaro, les patients qui peuvent y prétendre peuvent aussi être orientés vers un programme de tourisme médical structuré.
08Alternatives disponibles : Trulicity, Saxenda, Victoza#
En 2026, on trouve au Maroc plusieurs autres GLP-1, souvent plus disponibles qu'Ozempic. Trulicity (dulaglutide), des laboratoires Eli Lilly, est un agoniste GLP-1 hebdomadaire commercialisé au Maroc en 0,75 mg et 1,5 mg (les dosages 3 mg et 4,5 mg n'y sont pas enregistrés). Son prix public est en 2026 de 900 MAD la boîte de 4 stylos, pour le 0,75 mg comme pour le 1,5 mg (ce dernier est passé de 1 171 à 900 MAD en janvier 2026). Trulicity n'est pas autorisé dans l'obésité : il est strictement réservé au diabète de type 2. Il fait un peu moins baisser l'HbA1c que le sémaglutide (écart de 0,4 % dans SUSTAIN-7) et fait moins maigrir (perte moyenne de 2 à 3 kg). Comme on le trouve régulièrement en officine et que l'essai REWIND a validé son profil cardiovasculaire, c'est une alternative crédible chez le diabétique stable.
Victoza (liraglutide 1,2 ou 1,8 mg/jour) est l'agoniste GLP-1 quotidien historique de Novo Nordisk, commercialisé pour le diabète de type 2 depuis plus de dix ans. Son principal inconvénient est l'injection quotidienne, que les patients suivent moins bien qu'une injection hebdomadaire. Son prix public est de 1 193 MAD la boîte de 2 stylos, soit environ un mois à 1,2 mg/jour. Victoza reste prescrit chez certains patients déjà équilibrés avec ce traitement et qui ne veulent pas en changer.
Saxenda (liraglutide 3 mg/jour) contient la même molécule à plus forte dose. Il est autorisé pour l'obésité (IMC supérieur ou égal à 30, ou supérieur ou égal à 27 avec une maladie associée) et a obtenu son AMM marocaine en 2024, mais la base des médicaments de l'AMMPS le donne comme non commercialisé. C'est à ce jour le seul GLP-1 que l'on peut légalement prescrire au Maroc pour perdre du poids. Il fait perdre en moyenne environ 5 à 8 % du poids initial à un an, moins que Wegovy ou Zepbound, mais son cadre réglementaire est parfaitement clair. Son prix public, 2 625 MAD la boîte de 5 stylos (environ un mois à 3 mg/jour), reste un frein important pour la majorité des patients marocains. Pour adresser un patient en surpoids à la bonne consultation, l'annuaire endocrinologue à Casablanca recense les praticiens du réseau Sahha.
D'autres antidiabétiques récents, les inhibiteurs SGLT2 comme l'empagliflozine (Jardiance) et la dapagliflozine (Forxiga), font aussi perdre un peu de poids (2 à 3 kg) et protègent le cœur et les reins, un effet démontré. On peut les associer à un GLP-1 chez le diabétique qui cumule plusieurs complications.
09Coût et remboursement AMO/ALD#
Au Maroc, l'ANAM (Agence Nationale de l'Assurance Maladie) ne couvre les GLP-1 que dans le diabète de type 2 documenté en ALD (affection de longue durée). Le patient doit avoir un dossier complet validé par le médecin conseil de la CNOPS ou de la CNSS, et le médicament doit être prescrit par un endocrinologue ou un diabétologue hospitalier, dans une indication conforme au RCP. Le taux de remboursement dépend du régime : 70 à 100 % pour les ALD reconnues, avec un plafond annuel et un panier de soins défini.
Ozempic, lui, n'était couvert ni par la CNOPS ni par la CNSS (AMO) lors de son lancement en novembre 2025, selon la presse marocaine ; seules certaines assurances privées pouvaient le prendre en charge. Saxenda n'est pas remboursé, car l'obésité, son indication, n'est pas reconnue comme ALD dans le panier marocain de 2026, ce qui pèse lourdement sur l'observance. Trulicity et Victoza suivent le même régime qu'Ozempic. Mounjaro, qui n'est pas commercialisé, n'est évidemment pris en charge par aucun organisme.
Pour un patient non diabétique qui veut perdre du poids, aucun GLP-1 n'est pris en charge par les assurances marocaines en 2026. Il paie donc lui-même la totalité du coût mensuel, ce qui, dans les faits, réserve ces traitements aux patients qui en ont les moyens. Les sociétés savantes, notamment la Société Marocaine d'Endocrinologie, Diabétologie et Nutrition (SMEDIAN), font de cette inégalité d'accès l'un de leurs arguments pour demander aux autorités d'étendre progressivement le remboursement, à condition que ces médicaments soient utilisés de façon rationnelle.
10Ruptures et contrefaçons : comment se protéger#
Jusqu'en novembre 2025, Ozempic n'était pas commercialisé au Maroc : il ne s'obtenait qu'à l'étranger. La situation a changé fin 2025 avec son lancement officiel en officine, mais l'incertitude sur l'approvisionnement demeure. Concrètement, le patient marocain sous Ozempic doit s'organiser à l'avance : ne pas attendre la dernière semaine pour renouveler, prévenir son médecin de tout retard et identifier une molécule de repli à utiliser en cas de rupture prolongée (Trulicity, Victoza, voire passage temporaire à une insulinothérapie).
Le risque de contrefaçon est le revers de la pénurie. En juin 2024, l'OMS a publié une alerte (n° 2/2024) et une mise en garde sur des stylos Ozempic falsifiés, détectés en 2023 au Brésil, au Royaume-Uni et aux États-Unis, en déconseillant les achats auprès de sources non vérifiées comme les sites internet. Les plus dangereux contenaient de l'insuline à la place du sémaglutide, ce qui peut provoquer des hypoglycémies sévères, potentiellement mortelles. D'autres ne contenaient aucun principe actif, ou un dosage erratique.
Quelques règles simples permettent de se protéger : n'acheter qu'en officine marocaine agréée, refuser toute offre en ligne ou sur les réseaux sociaux, vérifier que la boîte est intacte (numéro de lot, sertissage, code Datamatrix lisible) et signaler tout aspect inhabituel du stylo, qu'il s'agisse de sa couleur, de la consistance du liquide visible dans la fenêtre ou du fonctionnement du sélecteur de dose. En cas de doute, le pharmacien peut interroger le laboratoire grâce au code Datamatrix. L'AMMPS, qui a repris les missions de la DMP, prévoit sur son site le signalement des médicaments de qualité inférieure ou falsifiés.
11Téléconsultation endocrinologue Sahha#
Entre les ruptures d'approvisionnement, la montée progressive des doses, la surveillance des effets indésirables et l'éducation thérapeutique, le suivi par un endocrinologue ou un diabétologue est un point critique du traitement. Pour les patients qui ne peuvent pas se déplacer tous les mois ou qui vivent loin des grandes villes, la téléconsultation Sahha Live permet une prise en charge continue par un endocrinologue marocain qualifié, avec ordonnance électronique, suivi du carnet glycémique et orientation vers une consultation en présentiel si besoin. Pour les MRE qui veulent commencer ou poursuivre leur traitement pendant un séjour au Maroc, le programme tourisme médical Sahha comprend un parcours avec un endocrinologue : bilan complet, prescription et suivi à distance.
En éducation thérapeutique, plusieurs points méritent d'être expliqués à chaque patient : l'auto-injection au stylo, la rotation des sites d'injection (abdomen, cuisse, bras), la conservation du stylo, au réfrigérateur tant qu'il n'est pas entamé puis à température ambiante après ouverture (jusqu'à 6 semaines selon les références), et la conduite à tenir en cas d'oubli. Une consultation vidéo de quinze minutes avant la première injection peut clarifier tout cela et nettement améliorer l'observance.
Article rédigé avec l'aide de l'IA et relu par l'équipe éditoriale Sahha.
Disclaimer médical : Ce contenu est informatif et ne remplace en aucun cas une consultation médicale individuelle. La prescription de tout traitement GLP-1 doit être individualisée et surveillée par un médecin.
Foire aux questions
Questions fréquentes
1Ozempic est-il disponible en pharmacie au Maroc en 2026 ?+
2Mounjaro est-il disponible au Maroc et combien coûte-t-il ?+
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10Quand consulter un endocrinologue plutôt qu'un médecin généraliste pour Ozempic ?+
Vérifiable
Sources médicales
- 01Yabiladi — Ozempic enters Moroccan market (20 novembre 2025)
- 02AMMPS — Lois relatives à l'AMMPS (loi 10-22 portant création de l'AMMPS)
- 03Davies et al. — STEP 2, The Lancet 2021
- 04AMMPS — Base des médicaments autorisés au Maroc : Mounjaro KwikPen 2,5 à 15 mg (AMM sans prix)
- 05AMMPS — Base des médicaments autorisés au Maroc : liraglutide (Victoza, Saxenda non commercialisé)
- 06Hespress — Semaglutide officially enters Moroccan market (5 novembre 2025)
- 07AMMPS — Base des médicaments autorisés au Maroc : Ozempic (PPV 1 099 DH, commercialisé)
- 08Bulletin officiel n° 7370 (16 janvier 2025) — Arrêté n° 3175-24 fixant les prix publics de vente (Ozempic 1 099 DH)
- 09ANSM — Base de données publique des médicaments : Ozempic 1 mg (76,58 €)
- 10Aronne et al. — SURMOUNT-5 : Tirzepatide as Compared with Semaglutide for the Treatment of Obesity, NEJM 2025
- 11Wilding et al. — Extension de STEP 1 : reprise de poids après arrêt du sémaglutide, Diabetes Obes Metab 2022
- 12FDA — Ozempic (semaglutide) prescribing information (2026)
- 13EMA — Ozempic, résumé des caractéristiques du produit (RCP)
- 14FDA — Lettre d'approbation Ozempic S-020/S-021 (22 septembre 2023) : ajout de l'iléus
- 15Le Brief — Ozempic débarque au Maroc (22 novembre 2025)
- 16AMMPS — Base des médicaments autorisés au Maroc : Trulicity 0,75 et 1,5 mg
- 17Aujourd'hui le Maroc — Société Marocaine d'Endocrinologie Diabétologie & Nutrition (SMEDIAN)
- 18OMS — Medical Product Alert N°2/2024 : Ozempic (sémaglutide) falsifié (19 juin 2024)
- 19ADA/EASD — Management of Hyperglycemia in Type 2 Diabetes, 2022 (Diabetes Care)
- 20Médias24 — L'Ozempic officiellement lancé au Maroc (5 novembre 2025)
- 21Le Matin — Recours aux antidiabétiques pour maigrir (2 mars 2023)
- 22Le Matin — Importantes baisses des prix des médicaments au Maroc (23 janvier 2026)
- 23Wadden et al. — STEP 3, JAMA 2021
- 24Rubino et al. — STEP 4 (essai de retrait), JAMA 2021
- 25Garvey et al. — STEP 5, Nature Medicine 2022
- 26FDA — Wegovy (semaglutide) prescribing information (2026)
- 27FDA — Mounjaro (tirzepatide) prescribing information (2022)
- 28EMA — Ozempic European Public Assessment Report
- 29EMA — Mounjaro European Public Assessment Report
- 30Marso et al. — SUSTAIN-6: Semaglutide and Cardiovascular Outcomes in Type 2 Diabetes, NEJM 2016
- 31Frías et al. — SURPASS-2: Tirzepatide vs Semaglutide Once Weekly in Type 2 Diabetes, NEJM 2021
- 32Wilding et al. — STEP-1: Once-Weekly Semaglutide in Adults with Overweight or Obesity, NEJM 2021
- 33Jastreboff et al. — SURMOUNT-1: Tirzepatide Once Weekly for the Treatment of Obesity, NEJM 2022
- 34ADA/EASD — Consensus Report 2022 on the Management of Hyperglycemia in Type 2 Diabetes
- 35HAS — Avis de la Commission de la Transparence sur Ozempic (2019, mises à jour ultérieures)
- 36ANSM — Point d'information sécurité GLP-1 et risque pancréatite (2013)
- 37OMS — Alerte produits médicaux falsifiés (Ozempic counterfeit, 2024)
- 38Ministère de la Santé Maroc — Loi 17-04 portant Code du médicament et de la pharmacie
Méthode éditoriale
Équipe Sahha
Cet article a été rédigé avec l'aide de l'IA, puis relu par l'équipe éditoriale Sahha à partir des sources citées ci-dessus. La relecture médicale par des médecins nommés est en cours de mise en place.
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