En bref
Réponses rapides aux questions essentielles
- Quels sont les vaccins obligatoires au Maroc en 2026 ?
- Pour la période 0-18 mois, le calendrier officiel du Programme National d'Immunisation prévoit l'hépatite B à la naissance, le BCG et une dose de polio orale (VPO) au cours des 4 premières semaines, le pentavalent DTC-Hib-HepB, le VPO et…
- Combien coûte la vaccination d'un enfant au Maroc ?
- Dans le secteur public, c'est-à-dire les centres de santé du Ministère, tous les vaccins du calendrier officiel PNI sont entièrement gratuits. Dans le privé, une consultation pédiatrique avec vaccination coûte de 200 à 500 dirhams selon…
- Le BCG est-il obligatoire au Maroc et pourquoi laisse-t-il une cicatrice ?
- Oui. Au Maroc, tous les nouveau-nés reçoivent systématiquement le BCG au cours des 4 premières semaines de vie, comme le prévoit le calendrier national, alors que la France et le Royaume-Uni ont abandonné la vaccination universelle. Cett…
Sommaire (11)+
- 01Calendrier officiel MoH 2026
- 02BCG à la naissance
- 03Pentavalent DTC-Hib-HepB
- 04VPI / polio
- 05ROR rougeole-oreillons-rubéole
- 06Vaccins du secteur privé : HPV, méningocoque, rotavirus, varicelle, hépatite A
- 07Carnet de santé et certificats
- 08Centres publics vs cliniques privées
- 09Effets secondaires et gestion
- 10Rattrapage et retards
- 11Questions fréquentes
01Calendrier vaccinal officiel du Maroc en 2026#
Depuis 1987, la vaccination des enfants marocains repose sur le Programme National d'Immunisation (PNI), piloté par le Ministère de la Santé et de la Protection sociale. En 2026, son calendrier protège contre onze maladies évitables pendant les deux premières années de vie de l'enfant. Selon les dernières estimations conjointes OMS/UNICEF (WUENIC, révision 2025), la couverture atteint 96 % pour la 3e dose de DTC et 98 % pour la 1re dose de vaccin contre la rougeole, des taux parmi les plus élevés du continent africain et du monde arabe, mais elle n'est que de 92 % pour le rotavirus et de 77 % pour le pneumocoque. Ce niveau s'explique par un réseau de plus de 2 800 centres de santé urbains et ruraux, par la gratuité totale dans le secteur public et par le contrôle systématique du carnet de santé à l'inscription scolaire.
Le calendrier officiel 2026 commence à la naissance, avec la première dose d'hépatite B, puis le BCG et une dose de polio orale au cours des 4 premières semaines. Viennent ensuite des rendez-vous à 8, 10, 12, 16 et 18 semaines, puis à 6, 9, 12 et 18 mois, puis des rappels à l'âge préscolaire et scolaire, et enfin une vaccination dT-Polio à l'adolescence. Le PNI se rapproche peu à peu des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé : un nouvel antigène entre au calendrier quand son introduction a été validée par le Comité national technique et scientifique consultatif de vaccination.
Outil santéCalculer mon remboursement CNSSD'autres vaccins sont recommandés sans faire partie du programme national. On ne les trouve que dans le secteur privé, et ils sont payants. C'est le cas notamment des vaccins contre le méningocoque ACWY ou B, contre la varicelle et contre l'hépatite A ; les vaccins contre le papillomavirus humain (HPV) et contre le rotavirus font, eux, partie du PNI gratuit, mais on les trouve aussi en pharmacie. Selon la spécialité, les parents paient de 200 à 3 500 dirhams par dose. L'AMO (Assurance Maladie Obligatoire), encadrée par l'ANAM et gérée par les caisses, ne les rembourse qu'en partie, et les conditions varient selon la caisse : CNSS pour les salariés du privé, CNOPS pour les fonctionnaires.
Les parents marocains, comme les MRE qui rentrent quelque temps au pays, ont besoin de comprendre l'ordre chronologique de ce calendrier, de distinguer les vaccins obligatoires du PNI des recommandations supplémentaires et de savoir où faire vacciner leur enfant : centre de santé public, cabinet de pédiatre libéral ou clinique privée. Les sections qui suivent font le point, à jour 2026, sur le calendrier officiel, les vaccins recommandés, les prix réels, la couverture AMO, le rattrapage en cas de retard et la conduite à tenir face aux effets secondaires.
02BCG à la naissance : tuberculose et particularité marocaine#
Le BCG (bacille de Calmette et Guérin) se fait au cours des 4 premières semaines de vie, comme le prévoit le calendrier national, si possible avant la sortie de la maternité. L'OMS classe le Maroc parmi les pays à incidence intermédiaire de tuberculose, avec environ 99 cas pour 100 000 habitants en 2024 d'après son rapport mondial. Le pays continue donc de vacciner tous les nouveau-nés, alors que la France et le Royaume-Uni ont abandonné la vaccination généralisée pour ne plus cibler que les enfants à risque. C'est pour cette raison qu'un enfant né en France de parents marocains, et vacciné selon le calendrier français, ne sera pas considéré comme à jour pour la scolarisation au Maroc, et inversement.
L'injection est strictement intradermique, sur la face postéro-externe du bras gauche, à la jonction entre le tiers moyen et le tiers supérieur. Le geste demande une formation spécifique : si le produit passe par accident sous la peau, il peut provoquer un abcès profond ou une adénite suppurée. Juste après l'injection, une papule blanchâtre se forme et disparaît en quelques minutes. Vers la 3e semaine apparaît en général un nodule rouge, qui s'ulcère, suinte pendant plusieurs semaines puis cicatrise en laissant une marque ronde caractéristique. Cette évolution est normale. Il n'y a rien à appliquer, sauf une compresse sèche si le suintement est abondant. La cicatrice peut mettre 4 à 6 mois à se stabiliser et elle inquiète parfois les parents ; c'est pourtant le signe que l'organisme a bien répondu au vaccin.
Chez le nourrisson, le BCG protège bien contre les formes graves et disséminées de la tuberculose, c'est-à-dire la méningite tuberculeuse et la miliaire. Son efficacité est estimée à 64 % contre la méningite tuberculeuse et à 78 % contre les formes disséminées, selon une méta-analyse publiée dans la revue Pediatrics en 1995. Contre la tuberculose pulmonaire de l'adulte, il protège beaucoup moins, et de façon variable. Les complications graves sont rares, mais elles existent. Il peut s'agir d'une bécégite généralisée chez un enfant porteur d'un déficit immunitaire combiné sévère qui n'a pas encore été diagnostiqué (c'est pourquoi le BCG est contre-indiqué en cas d'antécédent familial de déficit immunitaire), d'une adénite axillaire suppurée qui demande parfois un drainage chirurgical, ou de kéloïdes sur la cicatrice. Un abcès chaud, un gros ganglion fluctuant ou une fièvre qui persiste doivent faire consulter un pédiatre sans délai. Si le nouveau-né n'a pas pu recevoir le BCG à la maternité (accouchement à domicile, sortie précoce), le vaccin peut être rattrapé au centre de santé jusqu'à l'âge de 5 ans. Après 3 mois, une intradermoréaction (IDR) à la tuberculine est toutefois requise avant l'injection, pour vérifier que l'enfant n'a pas d'infection latente.
03Pentavalent DTC-Hib-HepB : la pierre angulaire du calendrier#
À 2 mois révolus, le nourrisson reçoit sa première dose de vaccin pentavalent. Celui-ci contient les antigènes de la diphtérie, du tétanos, de la coqueluche à germes entiers (DTCe), d'Haemophilus influenzae b (Hib) et de l'hépatite B. Dans le PNI, il s'agit surtout du Pentavac ou du Quinvaxem, selon les approvisionnements de l'UNICEF. Une seule injection intramusculaire remplace ainsi les trois à cinq piqûres séparées qu'il fallait autrefois. Le schéma comprend trois doses, à 2, 3 et 4 mois, avec au moins un mois entre deux doses, puis un premier rappel à 18 mois avec un vaccin DTC-Polio.
Les cinq maladies visées tuaient autrefois beaucoup d'enfants. La diphtérie forme dans la gorge des fausses membranes qui étouffent, et elle peut être toxique pour le cœur, parfois mortellement. La vaccination de masse l'a presque fait disparaître du Maroc : moins de cinq cas sont déclarés chaque année depuis 2010. Le tétanos néonatal vient d'une contamination du cordon ombilical chez les bébés dont la mère n'était pas vaccinée. Il est éliminé en tant que problème de santé publique depuis 2002, première certification de ce type dans la région OMS de la Méditerranée orientale, grâce au PNI et au programme de vaccination antitétanique des femmes enceintes. La coqueluche, elle, reste endémique, avec des poussées épidémiques tous les 3 à 5 ans, et elle tue encore des nourrissons de moins de 6 mois dont la vaccination est incomplète. Avant l'entrée du vaccin Hib au PNI en 2007, Haemophilus influenzae b était la première cause de méningite bactérienne du nourrisson au Maroc : 5 à 10 % des enfants atteints en mouraient, et 30 % des survivants gardaient des séquelles neurologiques. La maladie a presque disparu au cours de la décennie 2010. Quant à l'hépatite B, sa prévalence chronique est encore estimée à 1,8 % de la population générale selon les enquêtes HCP/MS, mais elle a quasiment disparu chez les enfants qui ont reçu la série complète.
Le pentavalent est en général bien toléré. Les parents peuvent toutefois observer une réaction à l'endroit de la piqûre (rougeur, induration, douleur au toucher pendant 24 à 48 heures) et, chez environ 30 % des enfants, une fièvre modérée de 38 à 39 °C dans les 24 heures qui suivent l'injection. Plus rarement, le bébé est irritable et crie longtemps, ou il somnole de façon inhabituelle. Ces réactions sont attendues et n'empêchent pas de poursuivre le calendrier. On peut donner du paracétamol en suspension pédiatrique, à 60 mg/kg/jour répartis en quatre prises, à la demande pendant les premières 24 heures si l'enfant a de la fièvre ou mal ; l'OMS déconseille de le donner avant ou au moment du vaccin. Il faut en revanche signaler au pédiatre une fièvre au-dessus de 40 °C, des convulsions fébriles, un épisode d'hypotonie-hyporéactivité (collapsus vagal post-vaccinal) ou des pleurs qui durent plus de trois heures. Ils doivent aussi être inscrits dans le carnet de santé, car ils orientent la suite du calendrier, avec un passage possible à un vaccin coqueluche acellulaire.
04VPI : éradication mondiale en cours#
La poliomyélite fait partie des derniers grands chantiers de l'OMS, qui vise son éradication dans le monde entier. Le Maroc n'a enregistré aucun cas de polio depuis 1987, et son dossier de certification, déposé auprès du Bureau régional de l'OMS pour la Méditerranée orientale (EMRO), a été accepté en 2002. Pour garder ce statut et contribuer à l'effort mondial, le PNI a introduit en mai 2015 une dose de vaccin polio inactivé injectable (VPI), puis a remplacé en avril 2016 le vaccin polio oral trivalent par le VPO bivalent, comme le recommandait le Strategic Advisory Group of Experts on Immunization (SAGE) de l'OMS. Les 156 pays et territoires qui utilisaient le VPO ont fait ce remplacement entre le 17 avril et le 1er mai 2016. Il a pour but de supprimer le risque de polio dérivée du vaccin lié à la souche Sabin de type 2, responsable de plus de 90 % de ces cas.
Aujourd'hui, le VPO se donne au cours des 4 premières semaines puis à 2, 3 et 4 mois, le même jour que le pentavalent, et le VPI en une dose à 4 mois (c'est un vaccin distinct, mais la consultation est unique). Un rappel de VPO suit à 18 mois, avec le rappel DTC, puis un autre à 5 ans, avant l'entrée en primaire. Si l'enfant part dans un pays où le poliovirus sauvage circule encore (surtout l'Afghanistan et le Pakistan), ou dans un pays où l'OMS signale une circulation de poliovirus dérivé du vaccin (cVDPV2), le pédiatre peut proposer une dose de rappel supplémentaire selon les recommandations de l'International Health Regulations. Les MRE qui rentrent pour les vacances avec des enfants vaccinés en Europe doivent penser à apporter le carnet de vaccination international, pour que le calendrier marocain soit mis à jour sans incohérence.
05ROR : rougeole, oreillons, rubéole et la cible d'élimination#
Le vaccin ROR (rougeole-oreillons-rubéole), appelé MMR en anglais et parfois RRO dans certains documents marocains, compte parmi les plus importants du calendrier. La rougeole peut en effet être grave (encéphalite, panencéphalite sclérosante subaiguë, surinfections pulmonaires sévères), et la rubéole contractée par une femme enceinte non immunisée expose le bébé à une rubéole congénitale. Le PNI utilise le vaccin combiné RR (rougeole-rubéole, sans les oreillons) : une première dose à 9 mois depuis 2010, puis une deuxième à 18 mois depuis 2014, comme l'OMS le recommande pour les régions où la transmission persiste. Avec ces deux doses précoces, l'enfant est protégé efficacement dès l'âge de la marche, au moment où il commence à fréquenter des lieux collectifs (crèche, garde partagée).
Le Maroc, qui relève de la région OMS de la Méditerranée orientale, s'est doté d'une stratégie nationale d'élimination de la rougeole et de contrôle de la rubéole. L'objectif d'élimination, fixé d'abord à 2020, a été repoussé parce que la pandémie de COVID a fait baisser les couvertures vaccinales. La rougeole reste endémique : partie de provinces du Souss-Massa fin 2023, une épidémie a gagné les 12 régions du pays, avec plus de 25 000 cas suspects et 184 décès entre octobre 2023 et avril 2025 selon l'OMS, là où des groupes d'enfants restent mal vaccinés. Chez un enfant d'âge préscolaire, une fièvre avec éruption, conjonctivite, rhinite et toux doit faire penser à la rougeole et être signalée aux autorités sanitaires régionales, pour limiter la propagation.
Le ROR est en général bien toléré, avec deux particularités à connaître. Une fièvre tardive, entre le 5e et le 12e jour après l'injection, est fréquente : elle correspond à la phase où le virus vaccinal atténué se multiplie, et l'enfant n'a ni la rougeole ni une maladie qu'il pourrait transmettre. Une éruption maculo-papuleuse discrète peut accompagner cette fièvre. Ces réactions, bien décrites dans le RCP de l'ANSM française, n'ont rien d'inquiétant et n'empêchent pas de faire la deuxième dose. Le ROR est en revanche contre-indiqué chez l'enfant atteint d'un déficit immunitaire sévère, sous chimiothérapie ou sous corticothérapie à forte dose, ainsi que chez la femme enceinte ; une adolescente ou une jeune femme vaccinée en rattrapage doit donc éviter toute grossesse dans le mois qui suit. L'idée d'un lien entre le ROR et l'autisme vient d'une étude frauduleuse d'Andrew Wakefield, publiée en 1998 dans The Lancet et rétractée par la revue elle-même en 2010. Plus de vingt grandes études épidémiologiques l'ont démentie, dont la cohorte danoise de 657 461 enfants publiée dans Annals of Internal Medicine en 2019. Cette fausse information circule pourtant encore sur les réseaux sociaux, et les pédiatres marocains doivent en tenir compte pour y répondre avec pédagogie, à chaque fois.
06Vaccins du secteur privé : HPV, méningocoque, rotavirus, varicelle, hépatite A#
Les sociétés savantes recommandent plusieurs vaccins qui ne font pas partie du PNI gratuit. On les trouve dans le secteur privé et chez certains pédiatres libéraux conventionnés. Leur prescription se décide en famille, en tenant compte de la situation épidémiologique, du budget et de l'assurance. Tous peuvent être commandés en pharmacie sur ordonnance. Certains connaissent des ruptures d'approvisionnement régulières : il est alors utile de s'adresser à une pharmacie de garde ou de demander un pédiatre libéral équipé de réfrigérateurs à vaccins.
Le vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) sert d'abord à prévenir le cancer du col de l'utérus. D'après les estimations 2024 du Centre international de recherche sur le cancer, c'est le troisième cancer le plus meurtrier chez la Marocaine, après ceux du sein et du côlon-rectum, avec 2 228 nouveaux cas et 1 009 décès par an. La vaccination HPV fait partie du PNI depuis le 12 octobre 2022 : elle est gratuite pour les filles de 11 ans, d'abord en deux doses puis en dose unique, mais la couverture reste très faible (environ 3 % des filles à 15 ans en 2024 selon l'OMS et l'UNICEF). En dehors de ce cadre (garçons, adolescentes plus âgées), la vaccination HPV se fait en cabinet libéral. Deux spécialités dominent : le Gardasil 9, nonavalent, qui couvre 9 sérotypes oncogènes ou responsables de condylomes, et le Cervarix, bivalent 16/18. La dose coûte de 800 à 1 100 dirhams, soit 1 600 à 2 200 dirhams pour le schéma à deux doses des pré-adolescentes, ou 2 400 à 3 300 dirhams pour le schéma à trois doses des adolescentes plus âgées. La vaccination est aussi utile chez les garçons : la HAS française la recommande pour eux depuis 2019, comme les sociétés savantes nord-américaines, afin de prévenir les cancers de l'oropharynx et de l'anus.
Contre les méningites et les septicémies à méningocoque, il existe le vaccin conjugué tétravalent ACWY (Nimenrix, Menveo) et le vaccin contre le méningocoque B (Bexsero). Au Maroc, l'incidence reste faible, moins de 1 cas pour 100 000 habitants par an. Les infections à méningocoque B et W peuvent cependant être foudroyantes et mortelles, et c'est pour cela que beaucoup de familles choisissent de payer cette vaccination. Le Bexsero coûte environ 1 200 dirhams la dose (deux à trois doses selon l'âge auquel on commence), le Nimenrix 800 dirhams. La vaccination est surtout recommandée avant un voyage en zone d'endémie, comme la ceinture africaine de la méningite, et avant le pèlerinage à La Mecque : le vaccin ACWY y est obligatoire, avec un certificat international, pour obtenir le visa Hadj ou Omra.
Le rotavirus provoque chez le nourrisson des gastro-entérites aiguës sévères, avec un risque de déshydratation et d'hospitalisation pendant la saison hivernale. Le PNI le fait gratuitement en trois doses par la bouche, à 8, 12 et 16 semaines. En pharmacie, le vaccin oral est le Rotarix (monovalent) ou le RotaTeq (pentavalent), entre 6 semaines et 6 mois selon la spécialité, en deux ou trois doses à 400 à 700 dirhams chacune. Le vaccin contre la varicelle (Varilrix, Varivax) se fait en deux doses, à 600 à 800 dirhams l'une. Il est recommandé aux enfants qui n'ont pas eu la varicelle, surtout avant l'entrée en collectivité. Le vaccin contre l'hépatite A (Havrix, Avaxim pédiatrique) comporte deux doses espacées de 6 à 12 mois, à 250 à 400 dirhams la dose. Il est conseillé dès l'âge de 1 an et fortement recommandé avant un voyage en zone d'endémie, ainsi que pour les MRE qui reviennent régulièrement au Maroc avec des enfants nés en Europe.
Le remboursement de ces vaccins par l'AMO varie. La CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale), qui couvre les salariés du secteur privé, rembourse en partie certains vaccins prescrits sur ordonnance du pédiatre, sur la base du tarif de référence ANAM ; au bout du compte, la famille paie en général 60 à 80 % du prix d'achat. La CNOPS (Caisse Nationale des Organismes de Prévoyance Sociale), qui couvre les fonctionnaires, applique des règles proches. Les assurances complémentaires privées (Sanlam, ex-Saham, Wafa, AXA Maroc, Atlanta) remboursent davantage, selon les contrats. Pour être remboursé, gardez toujours la facture de la pharmacie et le bon de soins du pédiatre. Si le dossier est compliqué ou si vous contestez une décision, une consultation pédiatrique chez un praticien conventionné aide à constituer le dossier de prise en charge.
07Carnet de santé et certificats : pièces essentielles#
Toutes les vaccinations sont inscrites dans le carnet de santé de l'enfant, remis gratuitement à la naissance dans toutes les maternités publiques marocaines et chez les pédiatres libéraux conventionnés. Ses pages consacrées au calendrier officiel du PNI prévoient, pour chaque dose, la place de l'étiquette du lot, la date, la signature de la personne qui a vacciné et le cachet du centre. Le carnet est exigé à l'inscription en crèche, à l'entrée en maternelle puis en primaire, et à chaque hospitalisation. En cas de perte, il faut demander un duplicata au centre de santé d'origine ou, à défaut, faire reconstituer le carnet à partir des registres de vaccination du Système National d'Information Sanitaire (SNIS).
Pour les enfants de MRE et ceux qui ont été vaccinés à l'étranger, le pédiatre ou le médecin scolaire établit l'équivalence des calendriers au cas par cas. Les vaccins faits en Europe ou en Amérique du Nord sont reconnus s'ils sont prouvés par un document (carnet européen, carnet jaune de l'OMS). Le BCG doit en revanche être ajouté s'il n'a pas été fait à la naissance, sauf si l'enfant a plus de 5 ans, car on ne vaccine plus systématiquement par le BCG après l'âge scolaire. Le certificat international de vaccination (carnet jaune OMS) reste obligatoire pour certains voyages, notamment pour la fièvre jaune avant un séjour en Afrique subsaharienne et pour la méningite ACWY avant le pèlerinage à La Mecque.
08Où vacciner son enfant : centres publics, cabinets privés, cliniques#
Les centres de santé publics du Ministère de la Santé, présents dans chaque commune, font gratuitement tout le calendrier officiel, sans inscription préalable. La chaîne du froid nationale garantit la bonne conservation des vaccins : tous les centres sont équipés de réfrigérateurs solaires ou électriques contrôlés chaque mois. Le principal inconvénient tient aux files d'attente du matin, parfois longues dans les zones urbaines denses, et aux horaires restreints (en général 8h-12h et 14h-16h en semaine, fermeture le week-end). La consultation se limite à la vaccination : un enfant en bonne santé n'y passe pas d'examen pédiatrique approfondi.
Le cabinet d'un pédiatre libéral est payant, mais souvent plus confortable. Une consultation avec vaccination coûte de 200 à 500 dirhams selon la ville et la notoriété du médecin. Les tarifs les plus élevés se trouvent à Casablanca, Rabat, Marrakech et Tanger, en particulier dans les quartiers résidentiels (Anfa, Souissi, Hivernage). Le pédiatre peut faire les vaccins du PNI avec des doses fournies par le centre de santé du quartier : le parent va chercher la dose gratuite et la transporte dans un porte-vaccin isotherme remis par le centre, pour respecter la chaîne du froid. Pour les vaccins recommandés hors PNI, il injecte des doses achetées en pharmacie. La consultation comprend un examen clinique complet, le suivi de la croissance staturo-pondérale (poids et taille), la vérification des acquisitions psychomotrices et un temps d'explications avec les parents, ce qui compte beaucoup pour les familles qui veulent un suivi pédiatrique global.
Les cliniques privées et les grands hôpitaux universitaires (CHU Ibn Rochd à Casablanca, CHU Ibn Sina à Rabat, CHU Mohammed VI à Marrakech) vaccinent aussi, le plus souvent dans le cadre d'une consultation de pédiatrie générale sur rendez-vous. À l'hôpital public, les tarifs restent modérés, de 50 à 150 dirhams selon le ticket modérateur. Les cliniques privées (Polyclinique du Maghreb à Casablanca, Clinique Agdal à Rabat, Clinique Internationale à Marrakech) facturent la consultation entre 400 et 800 dirhams. Pour trouver le centre de vaccination le plus proche et vérifier ses horaires en temps réel, l'annuaire Centres de vaccination Maroc recense l'ensemble des structures publiques et privées, avec leurs coordonnées, leurs horaires et des avis.
09Effets secondaires : ce qui est normal et ce qui ne l'est pas#
Presque tous les vaccins du calendrier marocain sont très bien tolérés. Rougeur, induration et douleur au point d'injection sont attendues et durent 24 à 72 heures ; une compresse fraîche posée sur la zone, sans masser, réduit la gêne. Après le pentavalent, 20 à 30 % des nourrissons font une fièvre modérée (38 à 39 °C) dans les 24 heures, qui se traite par paracétamol à 60 mg/kg/jour en quatre prises ; après le vaccin contre la rougeole, la fièvre survient plutôt entre le 5e et le 12e jour. Un enfant grognon, qui mange moins pendant quelque temps ou qui somnole, reste lui aussi dans ce qui est normal.
D'autres signes imposent en revanche de consulter un pédiatre en urgence, en personne : une fièvre au-dessus de 40 °C, une convulsion fébrile, un épisode d'hypotonie-hyporéactivité (collapsus vagal post-vaccinal : l'enfant devient mou, pâle et ne réagit presque plus, de façon passagère), des pleurs qui durent plus de trois heures, une éruption généralisée avec gonflement du visage (signe d'une réaction allergique), ou un abcès chaud au point d'injection avec une rougeur qui s'étend (suspicion de surinfection). En cas de convulsion, de malaise avec hypotonie ou de gonflement du visage, appelez le 141. Ces événements doivent être notés dans le carnet de santé et déclarés au Centre Anti-Poison et de Pharmacovigilance du Maroc (CAPM), qui alimente le système national de pharmacovigilance des vaccins.
Les vraies contre-indications sont rares : une réaction anaphylactique lors d'une dose précédente du même vaccin, un déficit immunitaire sévère pour les vaccins vivants (BCG, ROR, varicelle, rotavirus), une encéphalopathie évolutive non stabilisée pour le vaccin contre la coqueluche. La rhinopharyngite simple, la fièvre modérée, l'eczéma et l'allaitement ne sont jamais des contre-indications, même si certaines familles continuent de le croire. Repousser un vaccin pour un rhume banal laisse l'enfant exposé aux infections plus longtemps.
10Rattrapage : enfant en retard de calendrier#
Le retard peut être de quelques semaines à cause d'une maladie passagère, de plusieurs mois après un séjour à l'étranger sans suivi, ou de plusieurs années chez un enfant rapatrié ou adopté. Dans tous les cas, l'enfant peut et doit être rattrapé, sans repartir de zéro. Une dose antérieure documentée reste valable, quel que soit le temps écoulé depuis. Il n'est jamais nécessaire de recommencer un schéma vaccinal interrompu : on reprend à la dose suivante, en respectant l'intervalle minimal entre deux doses (en général 4 semaines pour le pentavalent et le VPI, et au moins 4 semaines entre les deux doses de ROR).
Le pédiatre construit un plan de rattrapage propre à chaque enfant, selon son âge, les doses déjà reçues et documentées, et les vaccins à rattraper en priorité. Un enfant de plus de 5 ans qui n'a jamais reçu certains vaccins peut suivre un schéma accéléré : plusieurs antigènes sont faits lors de la même séance, chacun injecté à un endroit différent du corps. Pour les MRE rentrés d'Europe avec un calendrier européen suivi en partie seulement, la Direction de l'Épidémiologie et de la Lutte contre les Maladies (DELM) du Ministère de la Santé tient à jour un tableau d'équivalences.
Un retard ne justifie jamais de priver un enfant de ses vaccins. Le plus simple est de prendre une consultation pédiatrique de rattrapage chez un médecin libéral ou à l'hôpital. Un premier avis peut se faire en téléconsultation Sahha Live avec un pédiatre qui la propose ; s'il le juge utile, il envoie une ordonnance par e-mail. Les doses, elles, se font ensuite en présentiel.
Article rédigé avec l'aide de l'IA et relu par l'équipe éditoriale Sahha.
Disclaimer médical : Ce contenu est informatif et ne remplace en aucun cas une consultation médicale individuelle ni les recommandations officielles du Ministère de la Santé du Maroc.
Foire aux questions
Questions fréquentes
1Quels sont les vaccins obligatoires au Maroc en 2026 ?+
2Combien coûte la vaccination d'un enfant au Maroc ?+
3Le BCG est-il obligatoire au Maroc et pourquoi laisse-t-il une cicatrice ?+
4Le vaccin HPV est-il disponible et remboursé au Maroc ?+
5Que faire si mon enfant a de la fièvre après un vaccin ?+
6Mon enfant est en retard de vaccins, peut-on rattraper ?+
Vérifiable
Sources médicales
- 01Ministère de la Santé et de la Protection sociale, Programme National d'Immunisation — Calendrier national de vaccination 2023
- 02Ministère de la Santé, Direction de la Population — Programme National d'Immunisation : évolution et perspectives (janvier 2016)
- 03Académie nationale de médecine — Évolution du calendrier vaccinal au Maroc (N. Lamdouar Bouazzaoui, 2006)
- 04Médias24 — Infections à pneumocoques : un nouveau vaccin plus efficace disponible au Maroc (8 février 2023)
- 05Médias24 — HPV : face au faible taux d'adhésion, une réunion nationale prévue pour revoir la stratégie vaccinale (14 janvier 2026)
- 06OMS/UNICEF — Couverture vaccinale HPV au Maroc (estimations WUENIC)
- 07OMS — L'OMS actualise ses recommandations sur le schéma de vaccination HPV (20 décembre 2022)
- 08Hespress — Health Ministry launches vaccination against cervical cancer for 11-year-old female students (2022)
- 09OMS EMRO, Eastern Mediterranean Health Journal — Ezzine et al., Trends for rotavirus acute gastroenteritis before and after vaccine introduction, Morocco 2006-2014 (2021)
- 10OMS — Disease Outbreak News : Measles, Morocco (2025-DON568)
- 11CIRC/OMS, Global Cancer Observatory — Morocco fact sheet, GLOBOCAN 2024
- 12OMS/UNICEF — Morocco : WHO and UNICEF estimates of immunization coverage (WUENIC), révision 2025
- 13OMS — Reducing pain at the time of vaccination : WHO position paper, Relevé épidémiologique hebdomadaire n° 39 (2015)
- 14Pediatrics — Colditz GA et al., The efficacy of BCG vaccination of newborns and infants : meta-analyses (1995)
- 15Cour des comptes — L'Agence nationale de l'assurance maladie (ANAM)
- 16Médias24 — Sanlam Maroc : changement d'identité et perspectives 2022 (16 juin 2022)
- 17CDC, MMWR 2008;57(10) — Recommandations de l'ACIP sur le vaccin combiné RORV (convulsions fébriles après ROR)
- 18Ministère de la Santé du Maroc — Programme National d'Immunisation (PNI)
- 19ANAM — Liste des médicaments remboursables et procédures AMO
- 20OMS — Vaccination Coverage Joint Reporting Form (JRF) Morocco
- 21OMS — Position papers on vaccines (BCG, DTP, Polio, Measles, HPV)
- 22HAS — Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales (édition 2025)
- 23ANSM — RCP vaccins pentavalent, ROR, HPV, méningocoque
- 24BNDM — Base Nationale du Médicament Maroc
- 25DELM Maroc — Direction de l'Épidémiologie et de Lutte contre les Maladies
- 26Vidal — Monographies vaccinales pédiatriques
Méthode éditoriale
Équipe Sahha
Cet article a été rédigé avec l'aide de l'IA, puis relu par l'équipe éditoriale Sahha à partir des sources citées ci-dessus. La relecture médicale par des médecins nommés est en cours de mise en place.
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