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Gastro-entérologie

Œsophage de Barrett et RGO sévère : surveillance et prévention du cancer au Maroc

L'œsophage de Barrett est une lésion précancéreuse liée au RGO chronique. Comprendre la surveillance endoscopique et le traitement endoscopique au Maroc.

Lecture

11 min

Mots

3 082

Publié

29 avril 2026

FAQ

3 Q/R

DH

Révision médicale

Dr. Hassan Bennani

Gastro-entérologue, hépatologue

Vérifié
Œsophage de Barrett et RGO sévère : surveillance et prévention du cancer au MarocAakash Dhage · Unsplash
Article révisé le 29 avril 2026

En bref

Réponses rapides aux questions essentielles

Tous les patients RGO ont-ils un Barrett ?
Non. Seulement 5-15 % des patients avec RGO chronique symptomatique développent un EB. La majorité des RGO ne progressent pas vers l'EB. Mais le risque est réel chez certains profils : RGO sévère et chronique (> 5-10 ans), homme blanc >…
Le traitement par IPP fait-il disparaître le Barrett ?
Non, les IPP contrôlent les symptômes du RGO mais n'éliminent pas la métaplasie intestinale du Barrett. Ils peuvent réduire l'inflammation, prévenir la progression vers la dysplasie, mais l'EB constitué persiste. Pour éliminer le Barrett…
Vais-je avoir un cancer si on m'a diagnostiqué un Barrett ?
Pas forcément. La majorité des EB ne progressent pas vers le cancer. Le risque de cancer est de 0,1-0,5 %/an chez les EB sans dysplasie. La surveillance endoscopique régulière permet de détecter précocement toute progression vers la dysp…
Sommaire (8)+
  1. 01Œsophage de Barrett : métaplasie
  2. 02Facteurs de risque
  3. 03Diagnostic endoscopique
  4. 04Dysplasie et progression
  5. 05Traitement médical du RGO
  6. 06Traitement endoscopique
  7. 07Surveillance
  8. 08Suivi au Maroc

01Œsophage de Barrett : métaplasie#

L'œsophage de Barrett (EB) est une complication du reflux gastro-œsophagien (RGO) chronique caractérisée par le remplacement de l'épithélium normal de l'œsophage distal (épithélium malpighien stratifié) par un épithélium intestinalisé (cylindrique avec cellules à mucus).

Cette métaplasie est une réponse adaptative des cellules œsophagiennes à l'agression acide chronique du RGO. L'EB est considéré comme le principal facteur de risque d'adénocarcinome de l'œsophage, un cancer en augmentation dans les pays développés. Le risque de développer un adénocarcinome est de 0,1 à 0,5 % par an en l'absence de dysplasie, mais il grimpe à 0,7 % par an en cas de dysplasie de bas grade et à 6-7 % par an en cas de dysplasie de haut grade, avec une progression qui s'étale typiquement sur 5 à 15 ans. C'est tout l'enjeu de la prise en charge de l'EB : dépister, surveiller et traiter la lésion avant qu'elle n'atteigne le stade de cancer invasif.

L'œsophage de Barrett touche 0,5 à 2 % de la population générale, mais jusqu'à 5 à 15 % des patients porteurs d'un RGO chronique symptomatique, et il est plus fréquent chez l'homme blanc d'âge moyen. Au Maroc, la prévalence est probablement inférieure à celle observée en Occident, pour plusieurs raisons liées notamment à l'alimentation et à la prévalence élevée d'Helicobacter pylori, qui joue paradoxalement un rôle protecteur contre l'EB. Cette prévalence est toutefois en augmentation avec la transition nutritionnelle en cours dans le pays.

On estime que plusieurs centaines de milliers de patients pourraient être porteurs d'un EB au Maroc, dont une grande partie reste sous-diagnostiquée.

02Facteurs de risque#

Plusieurs facteurs de risque sont associés à l'œsophage de Barrett. La durée et la sévérité du RGO jouent un rôle central : plus de 5 à 10 ans de RGO symptomatique augmentent nettement le risque, en particulier en cas d'œsophagite peptique récidivante, qui le multiplie par 2 à 3. L'âge constitue un autre facteur, avec un risque qui atteint son pic après 50 ans. L'origine ethnique influence également la prévalence : l'EB est plus fréquent chez les Caucasiens (Européens, Nord-Américains), avec un risque inférieur chez les populations asiatiques et africaines. L'obésité abdominale favorise le RGO par compression intra-abdominale et constitue en outre un facteur de risque indépendant du RGO pour l'EB. Le tabagisme, de son côté, favorise à la fois le RGO et l'apparition de l'EB. Enfin, une composante familiale existe, avec des cas d'« EB familial » décrits dans certaines familles.

L'alimentation joue également un rôle modéré : un régime riche en graisses saturées, en viandes rouges et en aliments ultra-transformés, et pauvre en fruits et légumes, est associé à un risque accru, alors qu'une alimentation riche en fruits et légumes semble protectrice. L'effet de l'alcool reste débattu selon le type de boisson consommée : la bière et le vin pourraient avoir un effet protecteur modeste, contrairement aux alcools forts.

L'infection à Helicobacter pylori a paradoxalement un effet protecteur contre l'EB, car l'infection chronique réduit la sécrétion acide gastrique. Au Maroc, la prévalence élevée d'H. pylori dans la population (70-85 %) constitue donc, de ce point de vue précis, un facteur protecteur.

Certains médicaments favorisent également le RGO et, par extension, le risque d'EB : anticholinergiques, inhibiteurs calciques, dérivés nitrés et anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

Au total, la prévalence de l'EB au Maroc est probablement inférieure à celle de l'Occident, grâce à une alimentation traditionnelle plus protectrice et à une prévalence élevée d'H. pylori. Une augmentation est toutefois attendue avec l'urbanisation, l'occidentalisation de l'alimentation (fast-food, produits ultra-transformés), la hausse de l'obésité et l'éradication progressive d'H. pylori dans la population.

03Diagnostic endoscopique#

Le diagnostic de l'EB repose sur l'endoscopie haute (œso-gastro-duodénoscopie, EOGD). Une endoscopie de dépistage de l'EB peut être envisagée chez les patients à profil à risque : homme blanc de plus de 50 ans, RGO chronique évoluant depuis plus de 5 ans, obésité, tabagisme, ou antécédents familiaux d'EB ou d'adénocarcinome œsophagien. Il n'y a en revanche pas d'indication à un dépistage de masse en population générale.

Certains symptômes d'alarme justifient une endoscopie en urgence : la dysphagie (difficulté à avaler), l'odynophagie (douleur à la déglutition), un amaigrissement inexpliqué, une anémie ferriprive, des vomissements répétés ou une hématémèse (vomissement de sang).

À l'endoscopie, l'œsophage normal apparaît rosé (épithélium malpighien), tandis que le Barrett se présente comme une muqueuse rouge saumonée s'étendant au-dessus de la jonction œso-gastrique normale. La classification de Prague décrit l'extension du Barrett selon deux mesures : l'extension circonférentielle (en cm au-dessus de la jonction) et l'extension maximale (en cm). Par exemple, C2M5 signifie 2 cm d'extension circonférentielle et 5 cm d'extension maximale. On distingue l'EB court (moins de 3 cm) de l'EB long (3 cm ou plus), ce dernier étant associé à un risque de cancer plus élevé. Seul l'examen anatomopathologique confirme toutefois la métaplasie intestinale : le diagnostic endoscopique doit donc systématiquement être complété par des biopsies à 4 quadrants tous les 1 à 2 cm sur toute la zone de Barrett, ainsi que par des biopsies dirigées sur les zones suspectes, réalisées et lues par un endoscopiste et un anatomopathologiste expérimentés.

L'analyse histologique confirme le diagnostic par la présence de cellules caliciformes (à mucus) et permet également la recherche, cruciale, d'une dysplasie ou d'un cancer débutant.

Le diagnostic endoscopique comporte cependant certaines limites : une variabilité dans la lecture selon l'opérateur, un biais d'échantillonnage source de faux négatifs possibles, d'où la nécessité de recourir à des endoscopistes formés et à des anatomopathologistes expérimentés.

Des techniques complémentaires améliorent la précision du diagnostic : la chromoendoscopie, par application de colorants (acide acétique, lugol), qui révèle les anomalies muqueuses ; le NBI (Narrow Band Imaging), une technologie d'éclairage qui améliore la visualisation des anomalies vasculaires et muqueuses ; et, dans certains centres, l'endomicroscopie confocale, qui permet une visualisation cellulaire en temps réel. Une alternative non invasive, la cytosponge, est également en développement. Au Maroc, l'endoscopie haute est largement disponible, pour un coût de 1500 à 3500 MAD selon les centres, et les techniques avancées sont accessibles dans plusieurs centres spécialisés.

04Dysplasie et progression#

La progression de l'EB vers le cancer passe par des stades de dysplasie croissante. En l'absence de dysplasie — c'est-à-dire en cas de métaplasie intestinale pure, sans atypies cellulaires — le risque de cancer est de 0,1 à 0,5 % par an. Lorsque les atypies sont non concluantes, les lames doivent être relues, un traitement intensif du RGO est instauré et un nouvel examen est réalisé à 3-6 mois. En cas de dysplasie de bas grade (atypies cellulaires modérées), le risque de cancer atteint 0,7 % par an ; une deuxième lecture par un expert est alors recommandée, avec pour décision une surveillance rapprochée ou un traitement endoscopique. En cas de dysplasie de haut grade (atypies sévères), le risque grimpe à 6-7 % par an ; la lecture par deux anatomopathologistes experts est requise, et un traitement endoscopique systématique est désormais recommandé, alors qu'une simple surveillance suffisait autrefois.

Au-delà de la dysplasie, un cancer in situ ou limité à la muqueuse peut encore être traité par voie endoscopique, tandis qu'une atteinte de la sous-muqueuse ou plus profonde nécessite une chirurgie (œsophagectomie).

La graduation de la dysplasie détermine directement la conduite à tenir : en l'absence de dysplasie, une simple surveillance suffit ; en cas de dysplasie de bas grade, le choix se fait entre surveillance rapprochée et traitement endoscopique ; en cas de dysplasie de haut grade ou de cancer débutant, le traitement endoscopique s'impose.

La graduation de la dysplasie a une variabilité interobservateur importante. Toute dysplasie doit être confirmée par 2 anatomopathologistes dans la mesure du possible, ou relue dans des centres experts.

05Traitement médical du RGO#

Avant d'envisager un traitement spécifique de l'EB, contrôler le RGO est essentiel pour ralentir la progression et soulager les symptômes.

Les mesures hygiéno-diététiques constituent la première étape : perte de poids chez les patients en surpoids, dernier repas pris au moins 3 heures avant le coucher, surélévation de la tête du lit de 15 à 20 cm, éviction des aliments déclencheurs (chocolat, café, alcool, menthe, agrumes, plats épicés ou gras), arrêt du tabac, port de vêtements non serrés à la taille, et absence de position couchée immédiatement après les repas.

Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) constituent le traitement médical de référence : ils réduisent significativement la sécrétion acide gastrique. Les molécules disponibles sont l'oméprazole (Mopral, génériques), l'ésoméprazole (Inexium), le pantoprazole (Inipomp), le lansoprazole et le rabéprazole. Dans l'EB, une dose double est souvent recommandée : 40 mg deux fois par jour ou 80 mg par jour, prise 30 minutes avant le repas, en traitement à vie chez les patients porteurs d'un EB. Ce traitement soulage les symptômes, permet la cicatrisation de l'œsophagite et réduit probablement le risque de progression de l'EB, même si cet effet reste débattu.

Les effets secondaires au long cours restent modestes : diarrhée, troubles digestifs, carences en vitamine B12 ou en magnésium (rares), possible légère augmentation du risque de fractures osseuses (effet débattu) et des infections digestives. Les IPP modifient également le microbiote intestinal et peuvent interagir avec certains médicaments — l'association oméprazole-clopidogrel est notamment à éviter, de même qu'une vigilance est nécessaire avec le méthotrexate.

Au Maroc, les IPP sont disponibles en pharmacie sur ordonnance, à des prix accessibles (50 à 200 MAD par mois selon les molécules). Les anti-H2, autre classe de traitement, ont vu la ranitidine retirée du marché ; la famotidine reste disponible mais elle est moins efficace que les IPP, avec une action de plus courte durée — elle n'est utilisée qu'en complément occasionnel.

L'aspirine à faible dose pourrait réduire le risque de progression de l'EB selon certaines études (étude AspECT), avec un effet protecteur potentiel jugé modeste. Ce bénéfice doit être mis en regard du risque hémorragique associé, si bien que la recommandation n'est pas systématique mais peut être discutée au cas par cas, notamment chez les patients présentant un risque cardiovasculaire associé.

La chirurgie anti-reflux (fundoplicature de Nissen) est indiquée en cas de RGO sévère résistant aux IPP, chez un patient ne souhaitant pas de traitement médicamenteux à vie, ou en cas de complications mécaniques (sténose peptique, hernie hiatale volumineuse). La technique standard moderne consiste en une réfection de la valve anti-reflux par enroulement de la grosse tubérosité gastrique autour de l'œsophage. Elle offre un excellent contrôle du RGO et un soulagement des symptômes, avec parfois la possibilité de réduire ou d'arrêter les IPP, mais elle n'élimine pas l'EB déjà constitué, qui nécessite une surveillance continue.

Il s'agit d'une chirurgie invasive, bien que réalisée par cœlioscopie (technique mini-invasive) ; des complications sont possibles, avec un taux de récidive de 10 à 20 % à 10 ans. Au Maroc, la fundoplicature est réalisée dans les centres de chirurgie viscérale, dans les CHU comme dans les grandes cliniques privées, pour un coût de 30 000 à 60 000 MAD en secteur privé.

06Traitement endoscopique#

La majorité des EB avec dysplasie et des cancers superficiels peuvent aujourd'hui être traités par endoscopie, sans recours à la chirurgie.

Les indications du traitement endoscopique sont la dysplasie de bas grade selon le contexte clinique, la dysplasie de haut grade, le cancer intramuqueux (T1a) et certains cancers de la sous-muqueuse superficielle (T1b répondant à des critères favorables).

  1. 1Mucosectomie endoscopique (EMR — Endoscopic Mucosal Resection) : la zone suspecte est aspirée puis réséquée à l'anse diathermique par voie endoscopique. Cette technique est adaptée aux lésions visibles de 2 cm ou moins et permet une analyse anatomopathologique complète de la pièce réséquée.
  1. 1Dissection sous-muqueuse endoscopique (ESD — Endoscopic Submucosal Dissection) : cette technique permet une résection plus profonde et en bloc, adaptée aux lésions plus étendues. Exigeante et de durée plus longue, elle offre en contrepartie une meilleure analyse pathologique de la pièce et un taux de récidive plus faible.
  1. 1Ablation par radiofréquence (RFA — Radiofrequency Ablation) : cette technique détruit la muqueuse de Barrett par énergie radiofréquence, délivrée via un cathéter introduit par l'endoscope. Elle est particulièrement adaptée à l'EB avec dysplasie, en complément de l'EMR ou de l'ESD des lésions visibles, ou pour traiter un EB avec dysplasie diffuse. Plusieurs séances sont généralement nécessaires (2 à 4), pour une éradication complète de l'EB dans 80 à 90 % des cas et une réduction majeure du risque de progression vers le cancer.
  1. 1Cryothérapie : cette technique détruit les tissus par azote liquide ou CO2 et constitue une alternative à la radiofréquence, mais c'est une technique plus ancienne, aujourd'hui peu utilisée. La stratégie la plus courante associe une EMR ou une ESD des lésions visibles suivie d'une RFA sur le reste de l'EB, afin d'éliminer la métaplasie résiduelle.

Les suites de ces traitements endoscopiques comprennent généralement une douleur thoracique modérée pendant quelques jours et une dysphagie transitoire, nécessitant une alimentation molle quelques jours, la poursuite des IPP à dose double pendant la cicatrisation (8 à 12 semaines) et des endoscopies de contrôle rapprochées.

Les complications restent limitées : une sténose œsophagienne survient dans 5 à 10 % des cas, dilatable par endoscopie ; les perforations sont rares mais graves et peuvent nécessiter une chirurgie de rattrapage. Les résultats à long terme sont en revanche très favorables : éradication de l'EB et de la dysplasie dans 80 à 90 % des cas, avec une réduction majeure du risque de cancer. Des récidives restent possibles (5 à 10 %), d'où la nécessité d'une surveillance continue.

Au Maroc, le traitement endoscopique de l'EB est disponible dans les centres de gastro-entérologie spécialisés, notamment au CHU Ibn Rochd de Casablanca, au CHU Ibn Sina de Rabat, au CHU Mohammed VI de Marrakech, ainsi que dans quelques cliniques privées.

Le coût de ces traitements reste élevé : la mucosectomie coûte entre 5000 et 15 000 MAD, et la radiofréquence est plus coûteuse encore, bien qu'une prise en charge progressive se mette en place. L'œsophagectomie chirurgicale reste réservée aux cancers invasifs profonds non éligibles à l'endoscopie : c'est une chirurgie lourde, avec une mortalité de 3 à 5 % et une morbidité importante, à éviter chaque fois que le traitement endoscopique est possible.

07Surveillance#

La surveillance endoscopique est un pilier de la prise en charge de l'EB : elle permet de détecter la progression vers la dysplasie et de repérer les cancers précoces, encore traitables par endoscopie. Les recommandations actuelles, qui varient selon les sociétés savantes, proposent un rythme adapté au stade de la maladie. En l'absence de dysplasie, une endoscopie tous les 3 à 5 ans est recommandée, certaines sociétés jugeant même cette surveillance débattue et l'espaçant à 5-10 ans. En cas d'atypies non concluantes, les IPP sont intensifiés pendant 3 à 6 mois, avant une nouvelle endoscopie avec biopsies à 6 mois. En cas de dysplasie de bas grade, la surveillance se fait à 6 mois puis 12 mois, puis annuellement, ou un traitement endoscopique est proposé d'emblée — une option de plus en plus recommandée. En cas de dysplasie de haut grade, le traitement endoscopique devient systématique, la simple surveillance n'étant plus considérée comme suffisante.

L'endoscopie de surveillance suit le protocole de Seattle, avec des biopsies à 4 quadrants tous les 1 à 2 cm, complétées par des techniques avancées (NBI, chromoendoscopie) pour améliorer la détection ; les biopsies sont lues par un anatomopathologiste expérimenté.

Les patients étant souvent asymptomatiques, ils négligent parfois les contrôles : l'éducation du patient est donc essentielle, en rappelant l'enjeu de prévention du cancer, avec un rappel régulier par le gastro-entérologue. Après un traitement endoscopique, la surveillance est renforcée : endoscopie et biopsies à 3, 6 et 12 mois post-traitement, puis annuellement pendant plusieurs années, en restant attentif aux récidives possibles. Cette surveillance reste nécessaire chez tous les patients porteurs d'un EB.

08Suivi au Maroc#

Le gastro-entérologue est l'interlocuteur principal pour le diagnostic, le traitement et la surveillance de l'EB ; comptez 400 à 800 MAD la consultation au Maroc. Le chirurgien viscéral intervient pour la fundoplicature ou l'œsophagectomie. L'oncologue prend le relais si un cancer invasif est diagnostiqué. L'anatomopathologiste est indispensable pour la lecture des biopsies et la graduation de la dysplasie. Ces spécialistes sont présents au CHU Ibn Rochd de Casablanca, au CHU Ibn Sina de Rabat, au CHU Mohammed VI de Marrakech, au CHU Hassan II de Fès, dans les centres oncologiques majeurs comme l'INO de Rabat, ainsi que dans de nombreuses cliniques privées disposant de gastro-entérologues.

Le budget à prévoir varie selon les étapes de la prise en charge : une consultation chez le gastro-entérologue coûte entre 400 et 800 MAD, une endoscopie haute (EOGD) avec biopsies entre 1500 et 3500 MAD, l'analyse anatomopathologique entre 500 et 1500 MAD, la mucosectomie endoscopique entre 5000 et 15 000 MAD, et la radiofréquence entre 15 000 et 40 000 MAD selon le nombre de séances. À cela s'ajoutent les IPP, entre 50 et 200 MAD par mois, et, en cas de recours à la chirurgie, la fundoplicature, facturée entre 30 000 et 60 000 MAD en secteur privé.

Côté remboursement, les consultations et les endoscopies bénéficient d'une prise en charge partielle par l'AMO, tout comme les IPP. Les traitements endoscopiques avancés font l'objet d'une prise en charge progressive, possible notamment pour les EB avec dysplasie ou complications.

Quelques conseils essentiels complètent la prise en charge : perte de poids en cas de surpoids, alimentation de type méditerranéen, dîner pris tôt en soirée avec élévation de la tête du lit, éviction de l'alcool, du tabac, du café en excès et des plats épicés, gestion du stress, et observance rigoureuse du traitement par IPP.

La téléconsultation est utile pour le suivi régulier des patients stables et pour l'éducation thérapeutique, mais le diagnostic et la surveillance endoscopique nécessitent une consultation physique. Sahha.ma référence des gastro-entérologues, chirurgiens viscéraux et oncologues vérifiés dans toutes les grandes villes marocaines.

L'œsophage de Barrett est une lésion précancéreuse importante mais manageable. Le dépistage ciblé chez les patients à haut risque, la surveillance endoscopique régulière, et le traitement endoscopique des dysplasies (mucosectomie, radiofréquence) ont transformé la prise en charge ces 20 dernières années. La majorité des EB peuvent être éradiqués par endoscopie, prévenant ainsi le développement du cancer œsophagien. Au Maroc, l'accès aux soins gastro-entérologiques de qualité s'améliore, avec le développement progressif des techniques modernes.

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Foire aux questions

Questions fréquentes

1Tous les patients RGO ont-ils un Barrett ?
+
Non. Seulement 5-15 % des patients avec RGO chronique symptomatique développent un EB. La majorité des RGO ne progressent pas vers l'EB. Mais le risque est réel chez certains profils : RGO sévère et chronique (> 5-10 ans), homme blanc > 50 ans, obésité, tabagisme, antécédents familiaux. Chez ces patients, une endoscopie de dépistage peut être discutée. Pour les RGO standards, pas d'endoscopie systématique sauf signes d'alarme.
2Le traitement par IPP fait-il disparaître le Barrett ?
+
Non, les IPP contrôlent les symptômes du RGO mais n'éliminent pas la métaplasie intestinale du Barrett. Ils peuvent réduire l'inflammation, prévenir la progression vers la dysplasie, mais l'EB constitué persiste. Pour éliminer le Barrett : traitement endoscopique (mucosectomie + radiofréquence) en cas de dysplasie. Le traitement par IPP reste à vie chez les patients EB pour le contrôle du RGO et probablement la prévention de la progression.
3Vais-je avoir un cancer si on m'a diagnostiqué un Barrett ?
+
Pas forcément. La majorité des EB ne progressent pas vers le cancer. Le risque de cancer est de 0,1-0,5 %/an chez les EB sans dysplasie. La surveillance endoscopique régulière permet de détecter précocement toute progression vers la dysplasie ou le cancer (encore traitable). Avec une bonne observance du suivi et du traitement IPP, la grande majorité des patients EB n'auront pas de cancer. Le risque augmente significativement seulement avec la dysplasie de haut grade (6-7 %/an), justifiant alors un traitement endoscopique.

Vérifiable

Sources médicales

  1. 01AGA — American Gastroenterological Association — Barrett's Esophagus Guidelines
  2. 02ESGE — European Society of Gastrointestinal Endoscopy
  3. 03Société Marocaine de Gastro-Entérologie et d'Hépatologie
DH

Révision médicale

Dr. Hassan Bennani

Gastro-entérologue, hépatologue

Cet article a été vérifié médicalement le 29 avril 2026 selon les standards Sahha (E-E-A-T santé, sources OMS / HAS / Inserm / Ministère de la Santé du Maroc).

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Sommaire

  1. 01Œsophage de Barrett : métaplasie
  2. 02Facteurs de risque
  3. 03Diagnostic endoscopique
  4. 04Dysplasie et progression
  5. 05Traitement médical du RGO
  6. 06Traitement endoscopique
  7. 07Surveillance
  8. 08Suivi au Maroc

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