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Public health

Seasonal allergies in Morocco: rhinitis, pollen and treatment

25% of Moroccans affected by respiratory allergies (SMA). Pollen calendar, symptoms, antihistamines, desensitisation — full guide.

Lecture

8 min

Mots

2 347

Publié

24 avril 2026

FAQ

6 Q/R

DY

Medical review

Dr. Youssef Alaoui

Pneumologue, tabacologue, 17 ans d'expérience

Vérifié
Seasonal allergies in Morocco: rhinitis, pollen and treatmentUnsplash · Unsplash
Article révisé le 24 avril 2026
Sommaire (8)+
  1. 01Rhinite allergique
  2. 02Calendrier pollinique Maroc
  3. 03Symptômes
  4. 04Tests allergo
  5. 05Traitements
  6. 06Désensibilisation
  7. 07Éviction allergènes
  8. 08FAQ

01Comprendre la rhinite allergique#

La rhinite allergique désigne une inflammation chronique des muqueuses nasales déclenchée par le contact avec un allergène respiratoire — le plus souvent des pollens, des acariens domestiques, des poils ou squames d'animaux, ou des moisissures de l'environnement intérieur. Elle résulte d'une réaction d'hypersensibilité immédiate de type I médiée par les anticorps IgE : lors d'un contact avec l'allergène, des cellules immunitaires sentinelles (mastocytes) libèrent massivement de l'histamine et d'autres médiateurs inflammatoires qui provoquent la cascade typique de symptômes.

On distingue classiquement deux grandes formes selon la chronologie. La rhinite allergique saisonnière correspond aux allergies polliniques : elle survient pendant les périodes de pollinisation des plantes auxquelles le patient est sensibilisé, dure de quelques semaines à quelques mois et disparaît hors saison. La rhinite allergique perannuelle, à l'inverse, est présente toute l'année car elle est déclenchée par des allergènes continus — acariens des matelas et tapis, allergènes d'animaux domestiques, moisissures domestiques. Beaucoup de patients présentent en réalité une combinaison des deux formes, avec des sensibilisations multiples qui se cumulent.

Au Maroc, l'Enquête de la Société Marocaine d'Allergologie (SMA) 2019 estime qu'environ 25 % de la population générale présente des symptômes compatibles avec une rhinite allergique, soit près de 9 millions de personnes. La prévalence atteint son maximum chez les 15-35 ans et touche également hommes et femmes. Cette prévalence considérable s'explique par plusieurs facteurs : urbanisation rapide qui modifie l'exposition aux allergènes, pollution atmosphérique qui aggrave la réactivité des muqueuses, hygiène moderne qui modifie la maturation immunitaire selon l'hypothèse hygiéniste de Strachan, et bien sûr prédisposition génétique (l'atopie familiale double approximativement le risque).

L'enjeu sanitaire est important car la rhinite allergique n'est pas une simple gêne saisonnière. Elle représente la deuxième cause d'absentéisme respiratoire au Maroc après les infections, perturbe significativement le sommeil et la qualité de vie, peut altérer les performances scolaires et professionnelles, et surtout elle évolue dans environ 30 à 40 % des cas non traités vers un asthme allergique selon le concept de la "marche allergique" décrit par les sociétés savantes internationales (ARIA, OMS). Cette évolution progressive de la sphère nasale à la sphère bronchique est l'argument principal pour ne pas se contenter de gérer les symptômes mais traiter activement la maladie sous-jacente.

02Le calendrier pollinique au Maroc#

Bien connaître les périodes de pollinisation des principales plantes allergisantes permet d'anticiper les traitements et d'adapter les comportements préventifs. Au Maroc, le calendrier pollinique présente des particularités liées au climat méditerranéen et à la diversité des écosystèmes du pays — du nord humide et tempéré aux régions arides du sud, en passant par les chaînes de l'Atlas.

PériodePrincipaux pollensRégions principalement concernées
Janvier - marsCyprès et cupressacées (genévrier, thuya)Nord du Maroc, Moyen-Atlas, Rif
Mars - maiOliviers, platanes, chênes, frênesQuasi-totalité du pays, particulièrement plaines
Avril - juinGraminées (foin, blé sauvage, ray-grass)Plaines agricoles, périurbain de toutes les villes
Mai - juilletPariétaires, plantains, oseilleCentres urbains avec friches et jardins
Août - octobreArmoises, ambroisies, chénopodesEst du pays, plaines de l'Oriental
Toute l'annéeAcariens, moisissures, animauxHabitations, particulièrement en zones humides

Le printemps (mars à juin) reste la période la plus chargée en pollens pour la majorité des patients allergiques marocains, du fait de la concentration des pollinisations d'oliviers, de chênes, de graminées et de cyprès retardataires. Les olives notamment, dont l'allergie est l'une des plus fréquentes au Maroc et dans tout le bassin méditerranéen, libèrent des pollens très volatiles qui peuvent voyager sur des dizaines de kilomètres et toucher des patients vivant en ville malgré l'éloignement des plantations.

Le réseau Pollens Maroc (en cours de développement par la SMA en partenariat avec l'OMS) commence à fournir des prévisions de concentrations polliniques pour les principales villes. En attendant ce service national pleinement opérationnel, les patients peuvent consulter les indices polliniques européens proches (RNSA France pour le pourtour méditerranéen) qui sont en grande partie applicables au nord du Maroc.

03Les symptômes typiques et associés#

La triade symptomatique classique de la rhinite allergique associe trois manifestations qui surviennent généralement ensemble lors du contact avec l'allergène. Les éternuements en salves, c'est-à-dire des séries répétées de 5 à 10 éternuements consécutifs, sont souvent le premier symptôme et un signe particulièrement évocateur. La rhinorrhée claire et aqueuse — liquide transparent qui coule continuellement du nez — accompagne les éternuements et n'a rien à voir avec l'écoulement épais et coloré d'un rhume bactérien. L'obstruction nasale, parfois unilatérale et changeant de côté, peut aller du simple inconfort à une véritable impossibilité de respirer par le nez, particulièrement la nuit. Un prurit nasal intense (démangeaison du nez) complète la triade, souvent associé à un prurit oculaire et palatin (démangeaison du palais) très évocateur.

Au-delà de cette triade, plusieurs symptômes associés peuvent dominer le tableau ou même être présents seuls. La conjonctivite allergique (yeux rouges, larmoyants, démangeaisons oculaires) accompagne la rhinite chez 60 à 70 % des patients. Des manifestations pharyngées (prurit, toux sèche d'irritation) sont fréquentes. La fatigue et les troubles du sommeil induits par l'obstruction nasale nocturne et les réveils peuvent être très invalidants, avec retentissement sur la performance diurne. Des céphalées liées à la congestion sinusienne, des otites séreuses par dysfonctionnement tubaire, et une diminution de l'odorat (hyposmie) complètent parfois le tableau.

Le diagnostic différentiel principal est le rhume banal (rhinopharyngite virale), avec lequel la confusion est fréquente mais évitable. Quelques critères distinctifs aident à trancher.

CritèreRhume viralRhinite allergique
Mode de débutProgressif sur 1-2 joursBrutal après contact allergène
Durée totale7-10 jours puis guérisonSemaines à mois, récidivante
FièvrePossible (38°C-38,5°C)Absente
Écoulement nasalInitialement clair, devient jaune-vertToujours clair et aqueux
Prurit nasal/palatinAbsentIntense, évocateur
Caractère saisonnierNonSouvent oui
Antécédents personnelsPas de répétition annuelleAtopie familiale, eczéma, asthme

04Les tests allergologiques pour identifier les coupables#

Le diagnostic de rhinite allergique est avant tout clinique dans les formes typiques. Les tests allergologiques sont indiqués pour identifier précisément les allergènes responsables — information utile pour guider l'éviction et envisager une désensibilisation — ou pour éliminer le diagnostic en cas de doute.

Les prick-tests cutanés (ou tests cutanés à lecture immédiate) constituent le gold standard diagnostique. Ils consistent à déposer sur l'avant-bras des gouttes d'extraits allergéniques standardisés (acariens, pollens variés, animaux, moisissures), puis à pratiquer une micro-piqûre superficielle à travers chaque goutte. Si le patient est sensibilisé, un œdème local (papule) entouré d'un érythème apparaît en 15 minutes au point correspondant. Le test est rapide, peu douloureux, peu coûteux, et permet de tester en une séance jusqu'à 30 allergènes différents. Au Maroc, il se réalise chez un allergologue ou un pneumo-allergologue pour 300 à 600 MAD selon les structures, avec un remboursement de 70 à 80 % par l'AMO sur prescription médicale.

Le dosage des IgE spécifiques sériques (anciennement appelé RAST) est une alternative ou un complément quand les tests cutanés ne sont pas réalisables (urticaire, dermographisme, prise d'antihistaminiques non interrompue, médicaments contre-indiquant les tests). Il consiste en une prise de sang qui mesure le taux d'anticorps IgE dirigés contre des allergènes ciblés. Sa sensibilité est légèrement inférieure aux prick-tests mais sa spécificité est excellente. Il coûte 800 à 1 500 MAD au Maroc selon le nombre d'allergènes testés, partiellement remboursé.

Les tests multi-allergéniques de criblage (Phadiatop, ImmunoCAP ISAC) constituent une troisième option utile en première approche pour confirmer ou éliminer une allergie respiratoire avant de s'engager dans des tests plus poussés.

05Les stratégies thérapeutiques#

Le traitement médicamenteux suit une stratégie graduée selon la sévérité, conformément aux recommandations internationales ARIA (Allergic Rhinitis and its Impact on Asthma) mises à jour régulièrement.

Les antihistaminiques anti-H1 oraux constituent la première ligne pour les rhinites allergiques légères à modérées. Les molécules de deuxième génération sont préférées car elles ne traversent pas la barrière hémato-encéphalique et n'induisent donc que peu ou pas de somnolence : cétirizine (Zyrtec, génériques nombreux), desloratadine (Aerius), fexofénadine (Telfast), lévocétirizine (Xyzall), bilastine (Bilaska). La prise est généralement quotidienne, 1 comprimé par jour, idéalement à horaire fixe. L'effet est rapide (30 minutes à 1 heure) et l'efficacité bonne sur les éternuements, le prurit et la rhinorrhée, plus modeste sur l'obstruction nasale. Le coût mensuel se situe entre 60 et 180 MAD selon les marques, avec un remboursement de 70 à 80 % par l'AMO.

Les corticoïdes locaux nasaux sont la deuxième ligne et le traitement de référence pour les formes modérées à sévères, particulièrement quand l'obstruction nasale domine. Plusieurs molécules sont disponibles : mométasone (Nasonex), fluticasone propionate (Flixonase) ou furoate (Avamys), béclométasone (Beconase), budésonide (Rhinocort). La posologie standard est de 1 à 2 pulvérisations par narine, une à deux fois par jour. L'effet n'est pas immédiat : il faut compter 3 à 7 jours d'utilisation régulière pour percevoir le bénéfice maximal, ce qui justifie de commencer le traitement avant l'arrivée de la saison pollinique chez les patients aux symptômes prévisibles. Le coût se situe entre 80 et 150 MAD par flacon (qui dure environ un mois). Contrairement à une croyance répandue, les corticoïdes nasaux à doses recommandées ont une absorption systémique négligeable et n'induisent pas les effets indésirables des corticoïdes oraux (prise de poids, ostéoporose, etc.), même en utilisation prolongée.

Les antileucotriènes (montélukast, Singulair) sont utiles en troisième ligne, particulièrement chez les patients ayant un asthme associé. Ils apportent une efficacité modérée sur la rhinite mais améliorent significativement l'asthme et la qualité de vie globale. Récemment, des alertes de pharmacovigilance ont signalé un risque accru d'effets neuropsychiatriques (cauchemars, dépression, idées suicidaires) particulièrement chez l'enfant, ce qui justifie une prescription prudente et une surveillance.

Les mesures complémentaires sont précieuses : lavages de nez quotidiens au sérum physiologique ou à l'eau de mer iso/hypertonique pour éliminer mécaniquement les allergènes des fosses nasales ; collyres antihistaminiques en cas de conjonctivite associée (lévocabastine, kétotifène) ; corticoïdes oraux en cure courte (5-7 jours, prednisolone) réservés aux poussées sévères réfractaires.

06La désensibilisation : le seul traitement modifiant la maladie#

L'immunothérapie allergénique (ITA), communément appelée désensibilisation, est selon l'OMS le seul traitement capable de modifier l'histoire naturelle de la maladie allergique. Là où les médicaments contrôlent les symptômes mais doivent être pris au long cours, la désensibilisation modifie en profondeur la réponse immunitaire en induisant une tolérance progressive à l'allergène, avec un bénéfice qui persiste pendant des années après l'arrêt du traitement.

Le principe est de réintroduire l'allergène dans l'organisme à doses progressivement croissantes pour "habituer" le système immunitaire à le considérer comme inoffensif. Deux voies d'administration coexistent. La voie sublinguale (ITA-SL) est aujourd'hui la voie de choix pour la plupart des indications : elle consiste à déposer chaque jour sous la langue des gouttes ou des comprimés d'extrait allergénique standardisé. Le traitement se fait à domicile après une phase initiale supervisée. Cette voie présente un excellent profil de sécurité et permet de traiter des allergies multiples (acariens, pollens, etc.). La voie sous-cutanée (ITA-SC) classique nécessite des injections régulières chez l'allergologue avec phases de progression puis d'entretien. Plus contraignante, elle reste indiquée dans certains cas particuliers.

La durée du traitement est de 3 à 5 ans pour obtenir un bénéfice durable. L'efficacité est démontrée dans 70 à 80 % des cas pour les principales allergies (acariens, graminées, bouleau, ambroisie), avec une réduction significative des symptômes, des médicaments nécessaires, et surtout une prévention de l'évolution vers l'asthme chez les patients à risque. Au Maroc, la désensibilisation est disponible chez la plupart des allergologues installés à Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger et Fès. Le coût annuel est de 3 000 à 5 000 MAD selon les laboratoires et les allergènes, partiellement remboursé par l'AMO.

07Les mesures d'éviction au quotidien#

Aucun traitement ne remplace une bonne éviction allergénique lorsqu'elle est possible. Les mesures concrètes diffèrent selon le ou les allergènes responsables.

Pour les acariens domestiques, allergène le plus fréquent au Maroc et dans le monde : housses anti-acariens sur le matelas, l'oreiller et la couette (norme NF EN ISO 14644 ou équivalent), lavage à 60°C des draps et housses au moins tous les 15 jours, aspirateur muni d'un filtre HEPA utilisé deux fois par semaine, suppression des tapis et moquettes dans la chambre à coucher si possible, maintien d'une hygrométrie inférieure à 50 % par aération régulière. Évitez d'accumuler les peluches et coussins dans les chambres d'enfants, ou lavez-les régulièrement.

Pour les pollens, lorsqu'on ne peut éviter de sortir : consulter les niveaux polliniques avant les sorties (météo polliniques sur les sites spécialisés), garder fenêtres fermées pendant les pics de la journée et privilégier l'aération en fin de soirée ou tôt le matin, porter lunettes de soleil en extérieur pour protéger les conjonctives, se doucher et se laver les cheveux le soir pour éliminer les pollens accumulés, ne pas faire sécher le linge dehors pendant la saison pollinique. Un purificateur d'air HEPA dans la chambre à coucher peut significativement améliorer le confort nocturne.

Pour les animaux domestiques chez un patient allergique : idéalement, éviter le contact ; si l'animal est déjà présent et qu'on ne peut s'en séparer, interdire absolument la chambre à coucher, brosser l'animal régulièrement à l'extérieur, laver les surfaces et tissus en contact, utiliser un purificateur HEPA. Quelques nouvelles approches émergentes (alimentation animale modifiée, désensibilisation aux protéines animales) commencent à offrir des alternatives prometteuses.

Pour les moisissures, agir sur l'environnement humide : traiter les points d'humidité, ventiler les pièces (cuisine, salle de bain) après usage, éviter l'accumulation de plantes vertes dans les chambres, nettoyer régulièrement les zones susceptibles (joints de salle de bain, pourtour de fenêtres).

Frequently asked questions

Common questions

1Une rhinite allergique non traitée peut-elle évoluer vers de l'asthme ?
+
Oui, c'est ce qu'on appelle la marche allergique : l'inflammation chronique des voies respiratoires supérieures peut progressivement gagner les bronches et déclencher un asthme allergique. Les études épidémiologiques montrent que 30 à 40 % des patients atteints de rhinite allergique modérée à sévère non traitée développent un asthme dans les années qui suivent, contre seulement 10-15 % en cas de prise en charge thérapeutique active. Ce risque est particulièrement élevé chez l'enfant et l'adulte jeune, et plus encore en présence d'autres terrains atopiques (eczéma, allergie alimentaire) ou d'antécédents familiaux. C'est l'argument principal pour ne pas se contenter d'antihistaminiques saisonniers à la demande mais envisager un traitement de fond (corticoïdes nasaux) et idéalement une désensibilisation chez les patients aux symptômes invalidants ou aux sensibilisations identifiées.
2Les antihistaminiques rendent-ils tous somnolent ?
+
Non, et c'est une distinction très importante à faire entre les antihistaminiques de première et de deuxième génération. Les antihistaminiques de première génération (hydroxyzine/Atarax, dexchlorphéniramine/Polaramine, prométhazine/Phénergan) traversent la barrière hémato-encéphalique et induisent une somnolence parfois marquée, qui peut être utile en cas d'urticaire avec démangeaisons nocturnes mais constitue un effet indésirable handicapant en utilisation diurne (conduite, travail). Les antihistaminiques de deuxième génération (cétirizine/Zyrtec, lévocétirizine/Xyzall, desloratadine/Aerius, fexofénadine/Telfast, bilastine/Bilaska) ne traversent pas ou peu cette barrière et n'induisent pas ou très peu de somnolence chez la majorité des patients. Une faible proportion d'utilisateurs reste sensible et peut ressentir une légère fatigue avec la cétirizine en particulier ; dans ce cas, on peut essayer la fexofénadine ou la bilastine qui sont les moins sédatives de la classe. Évitez en revanche d'associer ces molécules à de l'alcool ou à d'autres dépresseurs du système nerveux.
3Combien de temps faut-il pour que la désensibilisation fasse effet ?
+
La désensibilisation est un traitement de longue haleine qui suit un calendrier en plusieurs phases. Pendant les 3 à 6 premiers mois, on observe généralement une amélioration progressive des symptômes mais pas spectaculaire ; c'est normal car le système immunitaire se réadapte progressivement. Le bénéfice maximal s'installe entre 6 et 12 mois de traitement régulier, avec une réduction nette des symptômes et de la consommation médicamenteuse. La poursuite pendant 3 à 5 ans au total permet de consolider cette tolérance immunitaire et d'obtenir un bénéfice durable. L'arrêt prématuré (avant 3 ans) expose à un retour des symptômes dans les années qui suivent. À l'inverse, après une cure complète de 4-5 ans, le bénéfice persiste dans 70 à 80 % des cas pendant au moins 7 à 10 ans après l'arrêt, parfois beaucoup plus longtemps. C'est l'investissement thérapeutique le plus rentable à long terme pour les rhinites allergiques sévères avec sensibilisation identifiée.
4Peut-on vraiment guérir d'une allergie respiratoire ?
+
Le terme 'guérir' est trompeur car il sous-entend une disparition complète et définitive, ce qui est rare. En revanche, on peut très souvent obtenir une **rémission durable** où les symptômes deviennent absents ou minimes sans traitement quotidien. La désensibilisation est l'outil le plus efficace pour atteindre cet objectif, avec 70 à 80 % de bons résultats sur les principales allergies (acariens, graminées, bouleau, olives). Pour les patients qui ne sont pas candidats à la désensibilisation ou qui préfèrent une approche médicamenteuse, une combinaison d'éviction allergénique rigoureuse et de traitement médical bien conduit permet généralement un excellent contrôle symptomatique. Quelques patients connaissent une rémission spontanée de leurs allergies à l'âge adulte, surtout pour les allergies infantiles. À l'inverse, certains voient apparaître de nouvelles sensibilisations au fil des années (élargissement du spectre allergique). Le suivi par un allergologue permet d'adapter la stratégie au fil du temps.
5Comment gérer une rhinite allergique pendant la grossesse ?
+
La grossesse modifie l'équilibre hormonal et peut soit améliorer soit aggraver une rhinite allergique préexistante (les deux évolutions sont possibles selon les femmes). Le traitement doit être adapté pour limiter au maximum les expositions médicamenteuses au fœtus. Les **corticoïdes nasaux** sont autorisés pendant la grossesse, le **budésonide** (Rhinocort) étant celui qui dispose du meilleur recul d'utilisation et qui est privilégié. Parmi les **antihistaminiques oraux**, la **loratadine** et la **cétirizine** sont les molécules de choix car elles ont fait l'objet du plus grand nombre d'études prospectives sans signal de tératogénicité. Les **lavages nasaux au sérum physiologique** sont totalement libres et peuvent constituer le premier pilier du traitement. Les **antileucotriènes** (montélukast) et les **corticoïdes oraux** sont à éviter sauf indication formelle. La **désensibilisation** déjà en cours peut généralement être poursuivie sous surveillance, mais on n'initie pas un nouveau traitement de désensibilisation pendant la grossesse. En cas de doute, l'avis conjoint de l'allergologue et du gynécologue traitant permet d'adapter au cas par cas.
6Existe-t-il des solutions naturelles efficaces contre les allergies ?
+
Plusieurs approches naturelles ont fait l'objet d'études et peuvent constituer des compléments utiles, sans toutefois remplacer un traitement médical en cas de symptômes sévères. Les **lavages nasaux au sérum physiologique ou à l'eau de mer** plusieurs fois par jour pendant les pics polliniques sont validés et très efficaces pour réduire la charge allergénique sur les muqueuses. Le **miel local de la région** où vous vivez est parfois recommandé sur la base de l'idée qu'il contiendrait des traces de pollens locaux et induirait une tolérance ; les études cliniques sont contrastées et le bénéfice probablement modeste. La **vitamine D** dont la carence est très fréquente au Maroc pourrait avoir un rôle modulateur sur les allergies — un dosage et une supplémentation en cas d'insuffisance peuvent être utiles. Les **probiotiques** (souches Lactobacillus rhamnosus GG, Lactobacillus acidophilus) ont montré dans certaines études une modulation de la réponse allergique, particulièrement chez l'enfant. Les **plantes** comme la **pétasite** (Petasites hybridus, Tesalin) ont une efficacité comparable aux antihistaminiques de deuxième génération dans plusieurs études. En revanche, méfiez-vous des produits 'miracles' vendus sur internet sans données scientifiques, et surtout ne remplacez jamais un traitement de fond efficace par des solutions non éprouvées.

Verifiable

Medical sources

  1. 01OMS — ARIA
  2. 02Société Marocaine d'Allergologie
  3. 03HAS — Rhinite allergique
  4. 04Inserm — Allergies
  5. 05RNSA France (calendriers polliniques)
DY

Medical review

Dr. Youssef Alaoui

Pneumologue, tabacologue, 17 ans d'expérience

This article was medically reviewed on 24 avril 2026 following Sahha standards (E-E-A-T health, sources WHO / HAS / Inserm / Moroccan Ministry of Health).

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Contents

  1. 01Rhinite allergique
  2. 02Calendrier pollinique Maroc
  3. 03Symptômes
  4. 04Tests allergo
  5. 05Traitements
  6. 06Désensibilisation
  7. 07Éviction allergènes
  8. 08FAQ

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