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Nephrology

Chronic Kidney Disease: Stages, Dialysis and Kidney Transplant in Morocco

Over 40,000 Moroccans are on chronic dialysis, and as many suffer from advanced kidney failure not yet dialyzed. Uncontrolled diabetes and hypertension account for 70% of causes.

Lecture

10 min

Mots

2 446

Publié

29 avril 2026

FAQ

3 Q/R

PN

Révision médicale

Pr. Naïma Ouzeddoun

Néphrologue, CHU Ibn Sina Rabat

Vérifié
Chronic Kidney Disease: Stages, Dialysis and Kidney Transplant in MoroccoUnsplash — Robina Weermeijer · Unsplash
Article révisé le 29 avril 2026
Sommaire (8)+
  1. 01Comprendre l'insuffisance rénale chronique
  2. 02Les 5 stades de l'IRC selon le DFG
  3. 03Causes principales au Maroc
  4. 04Dépistage : créatinine, DFG, protéinurie
  5. 05Ralentir la progression : leviers thérapeutiques
  6. 06Hémodialyse au Maroc
  7. 07Dialyse péritonéale et greffe rénale
  8. 08Questions fréquentes

01Comprendre l'insuffisance rénale chronique#

Les reins sont deux organes en forme de haricot, mesurant chacun environ 12 centimètres, situés de part et d'autre de la colonne vertébrale dans la région lombaire haute. Malgré leur taille modeste, ils accomplissent un travail considérable : filtrer chaque jour environ 180 litres de sang pour éliminer les déchets métaboliques (urée, créatinine, acide urique), réguler la quantité d'eau et d'électrolytes (sodium, potassium, calcium, phosphore), maintenir l'équilibre acido-basique, produire des hormones essentielles (érythropoïétine pour fabriquer les globules rouges, vitamine D active pour les os, rénine pour réguler la pression artérielle).

L'insuffisance rénale chronique (IRC) correspond à la perte progressive et irréversible de cette fonction de filtration. Quand le DFG (débit de filtration glomérulaire — l'indicateur clé de la fonction rénale) descend sous certains seuils, les déchets s'accumulent dans le sang et provoquent des symptômes systémiques : fatigue, anémie, troubles digestifs, démangeaisons, modifications osseuses, hypertension réfractaire, troubles cardiovasculaires accélérés.

Au Maroc, l'IRC est devenue un problème de santé publique majeur. Selon les estimations du Ministère de la Santé et de la Société Marocaine de Néphrologie, environ 5 à 10 % de la population adulte présente une atteinte rénale (stades 1 à 5 confondus), soit 1,5 à 3 millions de personnes. Plus de 40 000 patients sont en dialyse chronique en 2026, contre seulement 12 000 en 2010 — l'augmentation est explosive et liée principalement à l'épidémie de diabète et d'hypertension. La greffe rénale, bien que progressivement développée, ne couvre encore que 10-15 % des besoins.

Le coût social et économique est considérable. Une hémodialyse coûte 250 à 350 MAD par séance, à raison de 3 séances par semaine — soit environ 50 000 à 60 000 MAD par patient et par an. Les frais sont pris en charge par la CNSS, la CNOPS et l'AMO, mais représentent un poids financier majeur sur le système de santé. La prévention par dépistage et prise en charge précoce des facteurs de risque (diabète, HTA) est l'enjeu principal pour les 20 prochaines années.

02Les 5 stades de l'IRC selon le DFG#

L'IRC est classée en 5 stades selon la valeur du DFG (Débit de Filtration Glomérulaire), exprimé en mL/min/1,73 m² de surface corporelle. La normale chez l'adulte jeune est de 90 à 130 mL/min, et diminue physiologiquement avec l'âge (environ 1 mL/min/an après 40 ans).

Stade 1 : DFG ≥ 90 avec marqueurs d'atteinte rénale (protéinurie, hématurie, anomalie d'imagerie ou d'histologie) — pas d'insuffisance rénale au sens strict mais maladie rénale chronique débutante et importance : surveillance et prévention de la progression.

Stade 2 : DFG 60-89 avec marqueurs, souvent insuffisance rénale légère asymptomatique, parfois surveillance, traitement des facteurs de risque, néphroprotection médicamenteuse.

Stade 3a : DFG 45-59. Insuffisance rénale légère à modérée. Premières anomalies biologiques (hyperuricémie, anémie débutante, acidose métabolique modérée). Suivi rapproché par un néphrologue souhaitable.

Stade 3b : DFG 30-44 ; insuffisance rénale modérée, ainsi que anémie, hyperphosphorémie, hyperparathyroïdie secondaire débutent à apparaître. Avis néphrologique régulier indispensable, préparation progressive aux traitements de remplacement.

Stade 4 : DFG 15-29. Insuffisance rénale sévère. Symptômes cliniques fréquents : fatigue, anorexie, nausées, démangeaisons, crampes nocturnes. Préparation active à la dialyse ou à la greffe rénale, abord vasculaire (fistule artério-veineuse) à créer.

Stade 5 : DFG < 15 mL/min. Insuffisance rénale terminale. Indication formelle d'épuration extrarénale (hémodialyse, dialyse péritonéale) ou de greffe rénale, dont la mise en route est urgente.

Le DFG est calculé à partir de la créatinine sérique selon des formules incluant l'âge, le sexe et parfois le poids (CKD-EPI, MDRD). La consultation médicale, le bilan biologique et l'échographie rénale sont gratuits dans le secteur public marocain pour les bénéficiaires de l'AMO Tadamon (anciennement RAMED), et partiellement remboursés pour les autres assurés.

03Causes principales au Maroc#

Le diabète est la première cause d'IRC au Maroc, responsable de 35 à 45 % des nouveaux cas en dialyse. La néphropathie diabétique évolue silencieusement sur 10 à 20 ans après le début du diabète, particulièrement chez les patients mal équilibrés (HbA1c > 8 %), avec hypertension associée non contrôlée. Le dépistage par microalbuminurie annuelle chez tout diabétique est essentiel pour détecter précocement l'atteinte rénale et instaurer un traitement néphroprotecteur.

L'hypertension artérielle non contrôlée est la deuxième cause majeure (25 à 30 % des IRC). Une HTA chronique fait subir aux glomérules rénaux des contraintes mécaniques chroniques qui détruisent progressivement leur architecture (néphroangiosclérose). Au Maroc, environ 30-35 % des adultes sont hypertendus, dont seulement la moitié sont conscients de leur maladie et un tiers correctement traités.

Les glomérulonéphrites primitives (atteintes inflammatoires des glomérules : néphropathie à IgA, glomérulonéphrite membraneuse, hyalinose segmentaire et focale, Goodpasture) représentent 10 à 15 % des causes. La polykystose rénale autosomique dominante (maladie génétique caractérisée par la formation progressive de kystes multiples dans les reins) touche environ 1/1000 personnes au Maroc. L'amylose rénale (notamment AA, secondaire aux maladies inflammatoires chroniques, et FMF — Fièvre Méditerranéenne Familiale particulièrement présente dans certaines familles marocaines) est une cause à connaître.

Les causes urologiques (uropathies obstructives, reflux vésico-urétéraux non traités, lithiases obstructives chroniques, hypertrophie bénigne de prostate sévère négligée) provoquent des néphropathies par stase urinaire et infections récidivantes.

Les médicaments néphrotoxiques contribuent à l'aggravation : automédication par AINS prolongée (très fréquente au Maroc — ibuprofène, kétoprofène pour douleurs articulaires chroniques), automédication par phytothérapie traditionnelle aux propriétés néphrotoxiques mal connues (certaines herbes du souk, huiles essentielles non médicalisées), produits de contraste iodés chez patients à risque non hydratés, antibiotiques aminosides au long cours.

Plus de 5 % des IRC restent de cause non identifiée malgré le bilan complet (IRC d'origine inconnue, parfois liées à des néphropathies tropicales d'évolution lente).

04Dépistage : créatinine, DFG, protéinurie#

Le dépistage de l'IRC est simple et peu coûteux. Il repose sur trois examens essentiels.

La créatininémie (créatinine sérique) est dosée par simple prise de sang à jeun. La normale varie selon l'âge, le sexe et la masse musculaire (entre 6 et 12 mg/L chez la femme, 7 à 14 mg/L chez l'homme). Au Maroc, le coût est de 30 à 80 MAD en laboratoire privé, gratuit dans le public pour les bénéficiaires AMO Tadamon. Le DFG est calculé automatiquement par les laboratoires modernes selon la formule CKD-EPI.

La protéinurie sur 24 heures ou son équivalent simplifié, le rapport albuminurie/créatininurie sur échantillon urinaire (microalbuminurie), permet de détecter précocement les atteintes rénales avant que la créatinine ne soit augmentée. Un rapport > 30 mg/g signe la microalbuminurie (atteinte rénale précoce), > 300 mg/g signe la macroalbuminurie (atteinte significative). Coût 80 à 200 MAD en privé.

L'examen urinaire avec bandelette urinaire (sang, leucocytes, nitrites, glucose, protéines) est très accessible et peut être réalisé dès la consultation médicale. C'est un test de dépistage utile, à compléter par les analyses quantitatives en cas d'anomalie.

L'échographie des reins et des voies urinaires précise la morphologie : taille des reins (réduits en cas d'IRC évoluée), parenchyme rénal (épaisseur, échogénicité), recherche de kystes, de calculs, d'obstacles, de dilatations des cavités. Coût 350 à 700 MAD en privé. La biopsie rénale (dans certains cas pour caractériser une glomérulonéphrite) est réalisée dans les services de néphrologie hospitaliers.

Le dépistage est recommandé tous les 1 à 2 ans chez : diabétiques de type 1 et 2, hypertendus, sujets de plus de 60 ans, patients avec antécédent familial d'IRC, patients avec maladie cardiovasculaire connue, patients sous traitement néphrotoxique au long cours (AINS, lithium, certains immunosuppresseurs). Le dépistage néonatal des malformations urinaires (échographie systématique chez les nouveau-nés ayant une dilatation des cavités rénales détectée en anténatal) permet de prendre en charge précocement les uropathies congénitales.

05Ralentir la progression : leviers thérapeutiques#

La prise en charge de l'IRC vise principalement à ralentir la progression vers les stades terminaux et à prévenir les complications cardiovasculaires (qui sont responsables de la majorité de la mortalité dans l'IRC, avant même la dialyse).

Le contrôle de la pression artérielle est essentiel — cible < 130/80 mmHg, voire < 125/75 mmHg en cas de protéinurie significative. Les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC : ramipril, périndopril, énalapril) ou les antagonistes du récepteur de l'angiotensine 2 (ARA2 : valsartan, losartan, candésartan) sont les médicaments de première intention — ils diminuent la pression intraglomérulaire et réduisent la protéinurie. Surveillance de la kaliémie et de la créatinine 2 semaines après instauration puis tous les 3-6 mois.

Le contrôle glycémique optimal chez les diabétiques est crucial. HbA1c cible adaptée à l'âge et aux comorbidités (généralement 6,5 à 7,5 %). Les inhibiteurs du SGLT2 (dapagliflozine/Forxiga, empagliflozine/Jardiance) ont révolutionné la prise en charge depuis 2019-2020 — ils ralentissent significativement la progression de l'IRC chez les patients diabétiques et non diabétiques avec atteinte rénale. Recommandés actuellement chez tous les patients avec IRC stade 2-4 et protéinurie significative, ou en association au diabète. Au Maroc, ces médicaments sont disponibles depuis 2020-2022, avec coût mensuel de 400 à 800 MAD, partiellement remboursés en cas de prescription par néphrologue.

La finerénone (Kerendia), antagoniste minéralocorticoïde non stéroïdien, est une autre nouveauté thérapeutique récente avec preuves de néphroprotection chez le diabétique de type 2.

L'éviction des médicaments néphrotoxiques est impérative : pas d'AINS au long cours, prudence avec les produits de contraste iodés (hydratation préalable), adaptation des doses des médicaments à élimination rénale, méfiance vis-à-vis de la phytothérapie traditionnelle non médicalisée.

L'alimentation joue un rôle important. Restriction sodée modérée (5-6 g de sel/jour). Restriction protéique modérée chez les stades 4-5 (0,6 à 0,8 g/kg/j) — pas chez les stades précoces. Limitation du potassium (bananes, abricots, pommes de terre, dattes) en cas d'hyperkaliémie. Limitation du phosphore (produits laitiers, sodas type cola, fromages, poisson, abats) en cas d'hyperphosphorémie. Hydratation suffisante (1,5 à 2 L/jour) sauf œdèmes ou IRC très avancée. Au Maroc, des consultations de diététique adaptée sont disponibles dans les services de néphrologie hospitaliers.

L'arrêt du tabac est essentiel — il accélère la progression de l'IRC. La perte de poids en cas d'obésité, l'activité physique régulière, le contrôle du cholestérol par statines, la vaccination antigrippale et antipneumococcique annuelles sont des mesures complémentaires importantes.

06Hémodialyse au Maroc#

Quand le DFG descend sous 10-15 mL/min ou que des symptômes urémiques apparaissent (nausées, vomissements, péricardite urémique, encéphalopathie, hyperkaliémie, surcharge hydrosodée résistante), l'épuration extrarénale devient nécessaire.

L'hémodialyse est la technique la plus utilisée au Maroc (90 % des patients). Le sang est extrait du patient via un abord vasculaire (fistule artério-veineuse au poignet ou cathéter central), passe à travers un filtre artificiel (dialyseur) où s'effectue la purification, puis est restitué au patient. Une séance dure 3 à 5 heures, à raison de 3 séances par semaine, à vie ou jusqu'à transplantation rénale.

L'abord vasculaire de référence est la fistule artério-veineuse (FAV), créée chirurgicalement entre une artère et une veine du bras non dominant, idéalement 6 à 12 mois avant le démarrage de la dialyse pour qu'elle "mature". La FAV permet des dialyses durables avec moins de complications infectieuses qu'un cathéter central. Au Maroc, la création d'une FAV est réalisée dans les services de chirurgie vasculaire des CHU et plusieurs cliniques privées spécialisées.

Au Maroc, les centres de dialyse se sont multipliés depuis les années 2000, particulièrement en privé. On compte plus de 250 centres répartis sur le territoire (Casablanca, Rabat, Marrakech, Fès, Tanger, Agadir, Oujda, Béni Mellal, et toutes les grandes villes). La majorité des séances est prise en charge par l'AMO (CNSS, CNOPS) et l'AMO Tadamon dans le public. Le coût d'une séance est de 250 à 400 MAD selon le centre.

Les complications de l'hémodialyse comprennent : hypotension peropératoire (la plus fréquente), crampes musculaires, infections (notamment sur cathéter), thromboses ou sténoses de la fistule, anémie, hyperphosphorémie, troubles cardiovasculaires majeurs. Une surveillance multidisciplinaire (néphrologue, cardiologue, endocrinologue, diététicien, psychologue) est essentielle.

L'espérance de vie en dialyse varie selon l'âge, les comorbidités, l'observance. Globalement, environ 60-70 % des patients sont en vie à 5 ans, 30-40 % à 10 ans. La greffe rénale offre une survie nettement meilleure et une qualité de vie significativement améliorée — d'où son intérêt pour les patients éligibles.

07Dialyse péritonéale et greffe rénale#

La dialyse péritonéale est une alternative à l'hémodialyse, particulièrement utile chez certains profils. Le péritoine (membrane qui tapisse la cavité abdominale) sert de filtre naturel : un liquide de dialyse est introduit dans l'abdomen via un cathéter implanté chirurgicalement, séjourne plusieurs heures pour permettre les échanges, puis est drainé. Deux modalités principales : DPCA (Dialyse Péritonéale Continue Ambulatoire — 4 échanges manuels par jour) et DPA (Dialyse Péritonéale Automatisée — la nuit avec une machine cyclique).

Les avantages : autonomie du patient (à domicile), préservation initiale de la diurèse résiduelle, pas de fistule, moins d'instabilité hémodynamique, meilleure adaptation à la vie professionnelle. Les inconvénients : risque de péritonite (10-20 % par an), formation requise du patient, contrainte quotidienne, complications du cathéter, péritoine qui peut perdre son efficacité après 5-10 ans. Au Maroc, la dialyse péritonéale reste peu développée (5-10 % des patients dialysés) malgré ses avantages — par manque de formation, de financement, et de tradition d'autonomie du patient.

La greffe rénale est le traitement de référence des stades 5 chez les patients éligibles. Elle offre la meilleure qualité de vie et la meilleure espérance de vie comparée à la dialyse. Le greffon peut provenir d'un donneur vivant (apparenté ou non — époux, frère, sœur, enfant majeur, parent, autorisé au Maroc avec encadrement éthique strict) ou d'un donneur décédé en mort encéphalique.

Au Maroc, la greffe rénale est en développement progressif : environ 80-150 greffes annuelles dans les années récentes (vs 1500-2000 en France). Les centres de greffe sont situés au CHU Ibn Sina à Rabat, CHU Ibn Rochd à Casablanca, Hôpital Cheikh Khalifa à Casablanca, CHU Mohammed VI à Marrakech. La majorité des greffes proviennent de donneurs vivants familiaux. La greffe sur cadavre reste limitée par la pénurie d'organes et les difficultés culturelles autour du don d'organe.

Le bilan pré-greffe est rigoureux (compatibilité tissulaire HLA, absence de cancer ou d'infection active, état cardiovasculaire suffisant, profil immunologique). L'opération dure 3-4 heures sous anesthésie générale, hospitalisation de 1-2 semaines. Le traitement immunosuppresseur à vie est essentiel pour prévenir le rejet — combinaison classique : ciclosporine ou tacrolimus + mycophénolate mofétil + corticoïdes à faible dose. Les effets secondaires (infections opportunistes, néphrotoxicité, diabète post-greffe, cancers cutanés et lymphomes augmentés, hypertension) nécessitent un suivi à vie en consultation de greffe.

Coût d'une greffe rénale au Maroc : environ 150 000 à 300 000 MAD en privé, partiellement remboursés par AMO. Pris en charge par l'AMO Tadamon dans le public.

Foire aux questions

Questions fréquentes

1Mon père est diabétique depuis 15 ans, son DFG est à 55 mL/min — est-ce grave et que doit-il faire ?
+
Il est en stade 3a d'insuffisance rénale chronique, conséquence de la néphropathie diabétique. Cela ne constitue pas une urgence mais nécessite une prise en charge active pour ralentir la progression. Plusieurs mesures essentielles. Premièrement, optimisation glycémique stricte (HbA1c cible 7-7,5 % adapté à son âge). Deuxièmement, contrôle tensionnel rigoureux (cible < 130/80 mmHg) avec IEC ou ARA2 en première intention. Troisièmement, ajout d'un inhibiteur SGLT2 (Forxiga/dapagliflozine ou Jardiance/empagliflozine) qui ralentit significativement la progression de l'IRC chez le diabétique — indication très claire actuellement. Quatrièmement, éviter les médicaments néphrotoxiques (AINS notamment, fréquemment utilisés en automédication), ne pas se déshydrater, adapter les doses des médicaments éliminés par le rein. Cinquièmement, suivi néphrologique régulier (tous les 3-6 mois) pour surveiller la créatinine, la protéinurie, la kaliémie, et adapter la stratégie. Sixièmement, alimentation modérément hyposodée, hydratation suffisante. Avec ces mesures bien conduites, beaucoup de patients en stade 3a stabilisent leur fonction rénale pendant des années.
2Combien de temps peut-on vivre en hémodialyse ?
+
L'espérance de vie en hémodialyse est variable selon plusieurs facteurs : âge au démarrage de la dialyse, comorbidités cardiovasculaires, équilibre métabolique, observance du traitement et du régime, qualité du suivi médical. Globalement, environ 60-70 % des patients sont en vie à 5 ans, 30-40 % à 10 ans, 15-20 % à 15 ans. Les patients jeunes (< 50 ans) sans diabète, sans atteinte cardiovasculaire majeure, peuvent vivre plus de 20-25 ans en hémodialyse. À l'inverse, les patients âgés diabétiques avec atteinte cardiaque ont un pronostic plus réservé. La dialyse n'est pas une condamnation — beaucoup de patients dialysés mènent une vie active, travaillent, voyagent. La greffe rénale, lorsque possible, améliore significativement l'espérance et la qualité de vie. Discuter cette option avec votre néphrologue dès l'arrivée au stade 4 est essentiel.
3Au Maroc, comment être inscrit sur la liste de greffe rénale ?
+
Au Maroc, le système de greffe rénale est encore en développement et l'accès se fait via les centres de greffe accrédités : CHU Ibn Sina (Rabat), CHU Ibn Rochd (Casablanca), Hôpital Cheikh Khalifa (Casablanca), CHU Mohammed VI (Marrakech). Plusieurs étapes. Premièrement, votre néphrologue doit vous adresser à un centre de greffe pour évaluation. Deuxièmement, un bilan pré-greffe rigoureux est réalisé : compatibilité HLA, absence de cancer ou d'infection active, état cardiovasculaire compatible avec une intervention lourde et un traitement immunosuppresseur à vie, évaluation psychologique. Troisièmement, identification d'un donneur — au Maroc, la majorité des greffes proviennent de donneurs vivants familiaux (époux/épouse, frère/sœur, parent/enfant majeur, oncle/tante, cousin germain, autorisés par la loi marocaine après autorisation du tribunal). Le don d'organe sur cadavre reste très limité. Le bilan du donneur est aussi rigoureux. Quatrièmement, inscription sur liste d'attente pour greffe sur donneur cadavérique si pas de donneur vivant — délais souvent de plusieurs années en raison de la pénurie. Cinquièmement, l'opération coûte environ 150 000 à 300 000 MAD en privé, prise en charge par AMO en public selon les protocoles. Discutez avec votre néphrologue dès le stade 4 pour démarrer ces démarches qui prennent du temps.

Vérifiable

Sources médicales

  1. 01KDIGO — Clinical Practice Guideline for Evaluation and Management of CKD 2024
  2. 02Société Marocaine de Néphrologie — Recommandations IRC 2024
  3. 03Ministère de la Santé Maroc — Plan national lutte contre l'IRC 2024
PN

Révision médicale

Pr. Naïma Ouzeddoun

Néphrologue, CHU Ibn Sina Rabat

Cet article a été vérifié médicalement le 29 avril 2026 selon les standards Sahha (E-E-A-T santé, sources OMS / HAS / Inserm / Ministère de la Santé du Maroc).

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⚠️ Disclaimer médical. Cet article est à visée informative et pédagogique. Il ne remplace pas l'avis d'un·e professionnel·le de santé. En cas de symptômes ou de doute, consultez votre médecin.

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Contents

  1. 01Comprendre l'insuffisance rénale chronique
  2. 02Les 5 stades de l'IRC selon le DFG
  3. 03Causes principales au Maroc
  4. 04Dépistage : créatinine, DFG, protéinurie
  5. 05Ralentir la progression : leviers thérapeutiques
  6. 06Hémodialyse au Maroc
  7. 07Dialyse péritonéale et greffe rénale
  8. 08Questions fréquentes

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