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Fast answers to essential questions
- La péridurale est-elle dangereuse ?
- Non, la péridurale est très sûre quand réalisée par anesthésiste expérimenté. Effets secondaires possibles : hypotension maternelle (10-30 %, prévenue par perfusion), prurit transitoire, rétention urinaire (sondage), prolongation modeste…
- Pourquoi le taux de césarienne est-il si élevé au Maroc ?
- Au Maroc, le taux de césarienne atteint 30-35 % (vs OMS recommandé 10-15 %). Plusieurs facteurs expliquent cette tendance : (1) Médico-légal : peur des poursuites en cas de complication voie basse ; (2) Confort : programmation horaires,…
- Combien de temps dure le congé maternité au Maroc ?
- Au Maroc, le congé maternité légal est de 14 semaines (98 jours), réparties habituellement : 7 semaines avant l'accouchement (date prévue) et 7 semaines après. Certaines salariées prennent moins avant pour avoir plus après. Maintien du s…
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01Les phases du travail#
L'accouchement comprend 3 phases. La phase de latence se caractérise par des contractions régulières mais peu douloureuses, avec une dilatation du col de 0 à 3 cm ; elle dure généralement 6 à 12 heures chez la primigeste et 4 à 6 heures chez la multigeste, avec un effacement progressif du col. La phase active se caractérise par des contractions intenses et régulières, survenant toutes les 3 à 5 minutes, avec une dilatation du col de 3 à 10 cm jusqu'à dilatation complète ; elle dure 4 à 8 heures chez la primigeste et 2 à 4 heures chez la multigeste, période pendant laquelle la patiente doit être à la maternité. Les contractions sont alors régulières et douloureuses, avec une modification progressive du col (effacement, dilatation) ; une rupture des membranes est possible (dans 10 à 30 % des cas dès le début du travail), de même qu'une perte du bouchon muqueux. La phase d'expulsion débute à dilatation complète (10 cm) : elle associe la descente du bébé dans le bassin et les efforts expulsifs maternels, les poussées, pour une durée de 30 minutes à 2 heures chez la primigeste et de 5 à 30 minutes chez la multigeste, jusqu'à la naissance du bébé.
La délivrance, c'est-à-dire l'expulsion du placenta, survient 5 à 30 minutes après la naissance ; elle est le plus souvent dirigée activement, avec administration systématique d'ocytocine pour prévenir l'hémorragie du post-partum. Pendant tout le travail, un monitoring fœtal continu (cardiotocographie ou CTG) surveille le rythme cardiaque fœtal et les contractions, ainsi que la tension artérielle, le pouls et la température maternels ; la dilatation et la descente du bébé sont suivies régulièrement, de même que le niveau de la péridurale lorsqu'elle est posée. Au Maroc, 30 à 50 % des accouchements ont lieu en CHU public et 50 à 70 % en clinique privée ; la sage-femme joue un rôle central dans le suivi du travail, le gynécologue intervenant au moment crucial de la naissance.
02Douleur et péridurale#
La douleur de l'accouchement est très variable selon les femmes : elle provient des contractions utérines pendant la phase de dilatation (T1) et de la descente fœtale pendant la phase d'expulsion (T2), et peut atteindre 8 à 10 sur 10 chez certaines patientes. Plusieurs approches non médicamenteuses permettent de la soulager : la préparation à la naissance et à la parentalité (PNP) et les techniques de respiration (yoga prénatal, sophrologie), ainsi que la visualisation et l'hypnose. La marche, la position debout, le ballon de naissance, le bain chaud, la douche et le massage par l'accompagnant sont également utiles, de même que la chaleur locale, l'acupuncture, l'électrostimulation TENS, la position à quatre pattes ou en décubitus latéral, et parfois un soutien psychologique.
La péridurale (anesthésie péri-médullaire) consiste en une anesthésie locale dans le dos, au niveau du rachis lombaire (L3-L4) : un cathéter est posé dans l'espace péridural, permettant une injection continue d'anesthésique (ropivacaïne, bupivacaïne) associé à un opioïde (sufentanil). Elle est posée par un anesthésiste, le plus souvent pendant la phase active du travail ; elle est efficace dans 80 à 90 % des cas, avec une installation en 15 à 20 minutes, et son effet est maintenu jusqu'à la naissance.
Elle procure un soulagement efficace tout en préservant généralement la conscience de la patiente ; la mobilité peut même être conservée dans certains cas (péridurale ambulatoire), et elle peut être convertie en anesthésie pour une césarienne en urgence.
Ses effets secondaires possibles comprennent une hypotension maternelle (10 à 30 % des cas), prévenue par une perfusion, ainsi qu'un prurit et des frissons transitoires, et une rétention urinaire nécessitant parfois un sondage vésical. Elle peut aussi entraîner une prolongation du travail et augmenter le recours aux extractions instrumentales (ventouse, forceps), et provoquer, plus rarement (1 % des cas), des céphalées post-péridurale. Elle n'a en revanche aucun effet sur le bébé.
Les contre-indications à la péridurale comprennent les troubles de la coagulation, une infection cutanée au site de ponction, une pathologie rachidienne sévère, ou le refus de la patiente. Au Maroc, elle est disponible dans environ 90 % des cliniques privées et 60 à 70 % des CHU publics, pour un coût de 1 500 à 3 000 MAD en privé ; elle est remboursée, et des anesthésistes sont disponibles 24 heures sur 24 dans les grandes maternités. La rachianesthésie, qui consiste en une dose unique injectée en intra-thécal (à la différence de la péridurale posée par cathéter), a un effet plus rapide mais plus court ; elle est surtout utilisée pour la césarienne. L'anesthésie générale est devenue rare et réservée aux urgences ou aux contre-indications à l'anesthésie loco-régionale : la patiente est alors endormie. Le gaz d'inhalation (mélange MEOPA) constitue une alternative mineure à la péridurale, et la morphine par voie sous-cutanée reste peu utilisée et souvent indisponible au Maroc.
03Accouchement voie basse#
L'accouchement par voie basse, c'est-à-dire par les voies naturelles, concerne 75 à 80 % des naissances au Maroc en privé et 60 à 70 % en CHU. Il nécessite une présentation céphalique (tête en bas), un bassin maternel adéquat, l'absence d'antécédent de césarienne (selon le contexte, cette condition peut être discutée) et l'absence d'autre contre-indication. Il se déroule selon les phases de contractions et de dilatation décrites dans la section précédente.
Une fois la dilatation complète atteinte (10 cm) et la présentation engagée dans le bassin, les contractions et les efforts expulsifs maternels permettent, en décubitus dorsal (position classique), latérale, accroupie ou à quatre pattes, la descente progressive du bébé, puis le dégagement de la tête, des épaules, et enfin du corps.
L'expulsion du placenta suit, avec une administration systématique d'ocytocine par voie intraveineuse pour prévenir l'hémorragie.
Une incision chirurgicale du périnée (épisiotomie) peut être pratiquée pour faciliter l'expulsion : autrefois systématique, elle est aujourd'hui restrictive et réalisée surtout en cas de signes de souffrance fœtale, d'extraction instrumentale, de présentation volumineuse ou de périnée résistant ; elle est suturée après la naissance. Son taux au Maroc reste variable, entre 20 et 50 % des accouchements, mais il est en réduction.
Des déchirures spontanées du périnée peuvent également survenir, classées en 4 degrés de gravité croissante : le 1er et le 2e degré touchent la peau et les muscles superficiels, le 3e degré atteint le sphincter anal, et le 4e degré s'étend à la muqueuse recto-vaginale. Elles sont systématiquement suturées.
L'extraction instrumentale peut faire appel à la ventouse (Kiwi, Bird), aux forceps (moins utilisés aujourd'hui) ou, parfois, aux spatules de Thierry. Elle est indiquée en cas de souffrance fœtale, de fatigue maternelle ou de défaut de progression, à condition que la dilatation soit complète et la présentation engagée.
La position dorsale (avec étriers) reste la plus fréquente, mais le décubitus latéral, la position semi-assise, accroupie ou à quatre pattes sont également possibles. Au Maroc, le choix se fait selon les préférences de la mère et des soignants.
Le bébé est posé sur le ventre de sa mère (le peau-à-peau est idéal), et un clampage tardif du cordon, entre 60 et 180 secondes, est recommandé car il favorise un meilleur transfert sanguin. Les soins néonatals immédiats comprennent l'essuyage, l'aspiration si nécessaire, le score d'Apgar, et un allaitement précoce, idéalement dans la première heure.
04Césarienne au Maroc#
La césarienne est l'extraction chirurgicale du bébé par incision de l'abdomen et de l'utérus. Elle concerne 30 à 35 % des accouchements au Maroc, contre 10 à 15 % recommandés par l'OMS, un taux élevé lié notamment au choix maternel, à des considérations médico-légales et à la formation des praticiens ; il dépasse 50 % en privé contre 25 à 35 % en CHU public.
Les indications de césarienne programmée comprennent le placenta praevia recouvrant, la présentation transversale et, selon la politique de l'équipe (essai de voie basse ou césarienne d'emblée), la présentation en siège ; l'utérus cicatriciel après 2 césariennes ou plus, les myomes obstructifs et la disproportion entre le bassin et le fœtus ; certaines pathologies maternelles sévères (cardiopathie sévère, prééclampsie sévère) ; ainsi qu'une macrosomie fœtale estimée supérieure à 4,5 kg.
Les indications de césarienne en urgence comprennent la souffrance fœtale aiguë (rythme cardiaque fœtal anormal), la non-progression du travail, une dystocie des épaules anticipée, une procidence du cordon, ou une rupture utérine (rare mais urgente). La rachianesthésie est l'anesthésie standard pour une césarienne programmée ; la péridurale déjà posée peut être renforcée en cas d'urgence, l'anesthésie générale n'étant utilisée qu'en cas d'échec de la péridurale.
L'incision cutanée est le plus souvent transversale, dite de Pfannenstiel (basse et esthétique), sauf en cas d'urgence ; l'incision utérine est segmentaire transversale, ce qui préserve l'utérus pour des grossesses futures. Le bébé est généralement extrait 5 à 10 minutes après le début de l'intervention, suivi de la délivrance du placenta, puis d'une suture par plans successifs (utérus, péritoine, muscles, fascia, peau). La durée totale de l'intervention est de 30 à 60 minutes.
L'hospitalisation dure 4 à 7 jours ; la douleur est prise en charge par paracétamol, AINS et parfois morphine, avec une mobilisation précoce dès le premier jour. Le suivi comprend la surveillance de la plaie opératoire, dont les points sont résorbables ou retirés au 7e jour.
Les complications possibles comprennent l'endométrite, l'infection de la plaie, parfois une hémorragie, une thrombose veineuse profonde, une embolie pulmonaire, ou plus rarement une atteinte des organes voisins (vessie, intestin). Des adhérences post-opératoires peuvent survenir, ainsi qu'un risque accru de rupture utérine lors des grossesses suivantes ; la mortalité maternelle liée à la césarienne reste toutefois très faible (moins de 0,01 %).
Pour le bébé, une détresse respiratoire transitoire reste possible mais très rare, et la mise au sein peut être retardée par rapport à un accouchement par voie basse. Un accouchement par voie basse après une première césarienne (VBAC) reste possible, avec un taux de succès de 60 à 80 %, mais nécessite un suivi rapproché du travail en raison d'un risque de rupture utérine de 0,5 à 1 % ; il est réalisable au Maroc dans les CHU et les cliniques équipées. La césarienne est gratuite dans le cadre de l'AMO, et coûte entre 15 000 et 40 000 MAD en privé, séjour inclus.
05Suites de couches immédiates#
La période des suites de couches comprend le post-partum immédiat, correspondant aux 2 premières heures, puis se prolonge jusqu'à 6 semaines. Pendant ces 2 premières heures :
Une surveillance rapprochée est réalisée en chambre de naissance, car l'hémorragie de la délivrance (HPP) peut survenir brutalement et met en jeu le pronostic vital. Elle porte sur la tension artérielle, le pouls, la température, le tonus utérin (globe utérin), les saignements vaginaux (lochies) et l'état général. Un environnement chaleureux favorise le lien d'attachement, et une mise au sein précoce favorise à la fois la rétraction utérine et l'allaitement. L'examen du périnée et de l'épisiotomie complète cette surveillance.
L'hémorragie du post-partum est la principale cause de mortalité maternelle : elle est définie par des pertes sanguines supérieures à 500 mL après un accouchement par voie basse, ou supérieures à 1 000 mL après une césarienne. Sa cause la plus fréquente est l'atonie utérine, mais elle peut aussi résulter d'une rétention placentaire, de déchirures cervicales ou vaginales, ou de troubles de la coagulation. Sa prise en charge repose sur l'ocytocine, le massage utérin, le sulprostone, la transfusion, l'embolisation, et l'hystérectomie en dernier recours.
Les saignements normaux durent 4 à 6 semaines, d'abord modérés puis brunâtres, à mesure que l'utérus se rétracte progressivement (involution utérine). Des antalgiques peuvent être pris en cas de douleurs du périnée, des seins ou de l'épisiotomie. Les soins du périnée reposent sur un lavage à l'eau et au savon doux, un séchage par tamponnement ; les douches sont autorisées mais les bains sont à éviter tant que la cicatrisation du périnée n'est pas complète. Une reprise précoce d'une activité légère, une alimentation équilibrée et une bonne hydratation sont également recommandées.
Les lochies évoluent en plusieurs étapes : rouges (lochies rubra) pendant 3 à 7 jours, puis brunâtres entre le 7e et le 14e jour, et enfin jaunâtres jusqu'à 4 à 6 semaines post-partum. La déclaration de naissance doit être effectuée à la mairie ou à la Maison de la Naissance dans les 30 jours, avec mise à jour du livret de famille et remise du carnet de santé de l'enfant. La sortie de la maternité intervient généralement au 3e jour après un accouchement par voie basse, et entre le 4e et le 7e jour après une césarienne ; elle est précédée d'examens de la mère et du bébé ainsi que de conseils de sortie.
06Allaitement maternel#
L'allaitement maternel transmet les anticorps de la mère (immunité passive) et s'adapte aux besoins du bébé. Il réduit les infections digestives, respiratoires et les otites, ainsi que les allergies, l'asthme et l'eczéma. Il diminue également le risque d'obésité et de diabète de type 1 et de type 2 chez l'enfant, favorise le lien mère-enfant, et est associé à un développement cognitif légèrement supérieur.
Pour la mère, il favorise une rétraction utérine plus rapide et facilite la perte de poids, tout en réduisant le risque de cancer du sein et de l'ovaire ainsi que le risque de diabète de type 2. Il diminue aussi le risque cardiovasculaire, renforce le lien d'attachement, et reste pratique et économique. L'allaitement exclusif est recommandé jusqu'à 6 mois, puis associé à la diversification alimentaire jusqu'à 2 ans. Au Maroc, 80 à 90 % des femmes débutent l'allaitement, mais seulement 30 % environ allaitent encore exclusivement à 6 mois ; le soutien à l'allaitement reste émergent. La mise au sein est recommandée dès la première heure de vie, avec 8 à 12 tétées par jour en moyenne et une alternance des seins. Une succion correcte se reconnaît à une bouche grande ouverte, une lèvre inférieure éversée, et une prise en bouche du mamelon et d'une grande partie de l'aréole.
En cas d'engorgement (seins durs et douloureux), il est conseillé de multiplier les tétées, d'appliquer de la chaleur, de masser les seins et de prendre du paracétamol si besoin. En cas de crevasses (douleurs aux mamelons), il faut vérifier la prise du sein, appliquer de la lanoline et continuer à allaiter malgré la douleur. En cas de mastite (sein douloureux associé à de la fièvre), l'allaitement doit être poursuivi, associé à des antibiotiques (oxacilline). Une insuffisance de lait est souvent perçue mais rarement réelle : il est alors conseillé d'augmenter la fréquence des tétées, et de consulter une consultante en lactation si le bébé prend mal le sein.
Le tire-lait, manuel ou électrique, permet d'exprimer le lait en cas de reprise du travail, de prématurité, de jumeaux, etc. ; le lait exprimé se conserve 4 jours au réfrigérateur et 6 mois au congélateur. Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes) constitue une ressource fiable pour vérifier la compatibilité des médicaments avec l'allaitement : la majorité des antibiotiques sont compatibles, de même que la plupart des antidépresseurs de la classe des ISRS, à l'exception de certaines molécules à éviter. Le sevrage se fait progressivement, généralement après 4 à 6 mois avec l'introduction de la diversification alimentaire, au rythme de la mère et de l'enfant, par une diminution progressive du nombre de tétées. Le lait infantile constitue une alternative valable de 0 à 6 mois : il se prépare en biberon stérilisé, avec une formule adaptée diluée dans de l'eau, donnée à la demande, à raison d'environ 6 à 7 biberons par 24 heures au début, avec une hygiène rigoureuse. Les ressources d'accompagnement se développent au Maroc : consultantes IBCLC certifiées, groupes de soutien comme "Allaitement Maroc", applications de suivi, et la PNP qui aborde également ce sujet.
07Post-partum et 1er mois#
Le premier mois post-partum est une période de récupération physique et d'adaptation.
L'utérus retrouve sa taille d'avant grossesse en 6 semaines environ. La rééducation périnéale est recommandée à partir de 6 semaines post-partum, d'autant que le diastasis des grands droits est fréquent et justifie lui aussi une rééducation. La perte de poids est progressive, de l'ordre de 8 à 12 kg au cours des premiers mois. Le retour de couches survient généralement 6 à 8 semaines après l'accouchement en l'absence d'allaitement, et plus tardivement, de façon variable, en cas d'allaitement ; la fertilité pouvant revenir rapidement, une contraception doit être envisagée dès cette période.
La rééducation périnéale est systématique après l'accouchement, réalisée par une sage-femme ou un kinésithérapeute en 10 à 20 séances selon les besoins, remboursée ; elle repose sur les exercices de Kegel, le biofeedback et l'électrostimulation, et traite l'incontinence, le prolapsus et la dyspareunie. La reprise de l'activité sexuelle est possible dès 4 semaines post-partum. La reprise du sport suit le même délai : elle est sécuritaire dès 4 semaines et compatible avec l'allaitement. Concernant la contraception, la pilule œstroprogestative doit être évitée avant 6 semaines en raison du risque de thrombose et est contre-indiquée en cas d'allaitement avant 6 semaines, tandis que les méthodes progestatives seules restent toujours possibles. La visite postnatale, à réaliser 6 à 8 semaines après l'accouchement, comprend un examen général et gynécologique, un bilan de la rééducation périnéale, un point sur la contraception et sur l'allaitement, ainsi qu'un dépistage de la dépression post-partum.
La dépression post-partum touche 10 à 20 % des femmes ; elle se distingue du baby blues, transitoire et touchant environ 50 % des femmes dans la première semaine. Elle se manifeste par une tristesse persistante, un sentiment de culpabilité, une anhédonie, des troubles du sommeil et de l'appétit, ainsi que des difficultés dans le lien avec le bébé ; des idées suicidaires constituent une urgence. Sa prise en charge repose sur la psychothérapie et les antidépresseurs (les ISRS sont compatibles avec l'allaitement). Le dépistage utilise l'échelle EPDS (Edinburgh Postnatal Depression Scale), généralement à 6 semaines, et le soutien familial reste essentiel. La psychose du post-partum, plus rare mais grave (1 à 2 cas pour 1 000 naissances), constitue une urgence psychiatrique.
Les soins du nouveau-né comprennent le score d'Apgar, l'injection de vitamine K, le premier bain, le test auditif, le test de Guthrie (dépistage néonatal de la phénylcétonurie, de l'hypothyroïdie congénitale, de l'hyperplasie surrénale et de la mucoviscidose), ainsi qu'un examen pédiatrique avant la sortie.
Chez le nouveau-né, l'alternance sommeil-éveil-repas est marquée par des tétées fréquentes, jusqu'à 10 par jour, ce qui est normal ; les selles sont de couleur jaune chez le bébé allaité, avec 6 à 8 couches par jour, et le poids de naissance est généralement retrouvé vers le 5e jour. Les vaccinations débutent avec le BCG à la naissance et le vaccin contre l'hépatite B à la naissance puis à 2 mois, avant de suivre le calendrier du PNI (Programme National d'Immunisation).
Un examen pédiatrique systématique évalue le poids et la croissance du bébé, accompagné de conseils aux parents.
08Choix maternité au Maroc#
Le choix de la maternité dépend du niveau de risque de la grossesse. Le niveau 1 convient aux grossesses normales, sans risque particulier, suivies par une sage-femme ou un gynécologue, avec des moyens limités en cas de complications et un transfert prévu si un problème survient. Le niveau 2 s'adresse aux grossesses à risque modéré, avec une néonatologie sur place pour la prise en charge du nourrisson et la possibilité d'un transfert materno-fœtal si nécessaire. Le niveau 3 est réservé aux grossesses à haut risque, avec une réanimation néonatale complète et un plateau médico-chirurgical complet.
Les CHU relèvent essentiellement des niveaux 2 et 3 : à Rabat (Souissi-Ibn Sina, Avicenne), à Casablanca (CHU et hôpital du 20 Août), ainsi qu'à Fès, Marrakech, Oujda et Tanger. Les maternités publiques régionales sont le plus souvent de niveau 1 à 2, certaines atteignant le niveau 3.
Le choix de la maternité tient compte du type de grossesse (à risque ou non), de la distance du domicile, de la disponibilité de la péridurale 24 heures sur 24 et de l'équipe médicale, des moyens néonataux et des équipements disponibles, des avis d'autres familles, ainsi que du coût en privé. L'accouchement est gratuit avec l'AMO, la CNOPS ou le RAMED ; en privé, il coûte entre 8 000 et 25 000 MAD pour une voie basse et entre 15 000 et 40 000 MAD pour une césarienne, une chambre individuelle et la péridurale pouvant représenter un supplément selon les établissements. La prise en charge des consultations, des bilans et de l'accouchement peut aller jusqu'à une couverture totale selon le forfait conventionné, avec des dépassements possibles ; une mutuelle complémentaire reste recommandée.
- 1S'inscrire dans la maternité de choix vers 28-32 SA.
- 2Consulter l'anesthésiste pour évaluer la faisabilité de la péridurale, entre 32 et 36 SA.
- 3Suivre les 8 séances de préparation à la naissance et à la parentalité.
- 4Préparer sa valise de maternité, prête à 35-36 SA.
- 5Rédiger un plan de naissance, optionnel, à discuter avec l'équipe médicale.
- 6Prévoir un moyen de transport pour se rendre à la maternité.
La préparation du partenaire est essentielle : il doit être impliqué, à travers des lectures (Sahha.ma, ouvrages validés) et l'organisation pratique (valise, transport, garde des aînés). Il est conseillé de rester calme, d'accepter le soutien du partenaire, et de faire confiance à l'équipe soignante ; le plan de naissance reste un idéal à garder adaptable selon les circonstances. Le soutien familial est important, tout comme le repos, même s'il est souvent difficile à trouver, une alimentation équilibrée, et la rééducation périnéale prévue vers 6-8 semaines. La fatigue importante des premières semaines expose le couple à des tensions : la communication reste essentielle, de même que le soutien mutuel et la patience, la reprise de l'activité sexuelle se faisant quand la mère est prête, souvent entre 4 et 6 semaines mais de façon variable. Le soutien culturel marocain constitue un atout, complété par les groupes de mères, applications et réseaux sociaux ; la sage-femme, le pédiatre et le gynécologue restent des ressources en cas de signes de dépression du post-partum (DPP).
Les perspectives d'évolution incluent l'amélioration des techniques anti-douleur, un suivi péri- et post-partum renforcé, la prévention de la prééclampsie, la généralisation du dépistage systématique de la dépression post-partum, et le développement d'outils d'aide au diagnostic.
L'accouchement reste une étape physiologique, mais il nécessite un suivi attentif. La péridurale est disponible et efficace ; la césarienne concerne 30 à 35 % des accouchements au Maroc, pour des indications variables. Les suites de couches doivent être surveillées pendant 6 semaines, l'allaitement exclusif est recommandé pendant 6 mois, la rééducation périnéale post-partum est essentielle, la contraception doit être envisagée dès le post-partum, et le dépistage de la dépression post-partum reste capital.
Frequently asked questions
Common questions
1La péridurale est-elle dangereuse ?+
2Pourquoi le taux de césarienne est-il si élevé au Maroc ?+
3Combien de temps dure le congé maternité au Maroc ?+
Verifiable
Medical sources
Medical review
Dr. Aicha El Bahraoui
Gynécologue-obstétricienne
This article was medically reviewed on 29 avril 2026 following Sahha standards (E-E-A-T health, sources WHO / HAS / Inserm / Moroccan Ministry of Health).
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