Sommaire (8)+
01Rôle de la thyroïde#
La thyroïde est une glande endocrine située dans le cou, en avant de la trachée, en forme de papillon (deux lobes reliés par un isthme). 15-20 g chez l'adulte, richement vascularisée, ainsi que suit les mouvements de déglutition.
Produit les T4 (thyroxine) et T3 (triiodothyronine) — régulation par axe hypothalamo-hypophyso-thyroïdien :, hypothalamus → TRH, parfois hypophyse → TSH, thyroïde → T4, T3 — rétrocontrôle négatif, iode essentiel à la synthèse.
Régule la production d'énergie — température corporelle, parfois rythme cardiaque ; fonction cognitive, digestion, transit ; peau, cheveux, ongles, souvent développement (croissance, neurodéveloppement) et menstruations, fertilité.
Trop d'hormones (Basedow, nodules toxiques), souvent pas assez d'hormones (Hashimoto, post-radio, post-chirurgie) — augmentation de volume sans dysfonction, parfois zones isolées, bénignes ou malignes, cancer thyroïdien.
Carence légère à modérée historiquement, supplémentée (sel iodé depuis 1993), souvent zones anciennement déficientes en iode, ainsi que augmentation des dysthyroïdies (vieillissement, dépistage).
02Maladie de Hashimoto#
Maladie auto-immune la plus fréquente chez l'humain.
Auto-anticorps (anti-TPO, anti-Tg) attaquent la thyroïde, souvent inflammation chronique lymphocytaire, parfois destruction progressive des cellules thyroïdiennes — thyroïde finalement atrophique, hypothyroïdie progressive.
Terrain HLA, agrégations familiales, iode (excès comme carence), virus, stress, post-partum, autres maladies auto-immunes associées : diabète type 1, maladie de Biermer, vitiligo, lupus, polyarthrite rhumatoïde, maladie cœliaque.
5-10 % des femmes (8-9 femmes pour 1 homme) — 30-60 ans surtout et augmente avec l'âge, souvent au Maroc : ~ 1-2 millions de femmes concernées.
Peut précéder hypothyroïdie de plusieurs années ; fréquente association avec hypothyroïdie subclinique, ainsi que évolution vers hypothyroïdie franche dans 5-10 %/an, souvent peut commencer par hyperthyroïdie transitoire ("hashitoxicose") avant hypothyroïdie.
Goitre modéré, ferme, "caoutchouteux" (parfois), ou thyroïde atrophique normale en taille ; symptômes d'hypothyroïdie progressifs. On traite la conséquence (hypothyroïdie) par lévothyroxine.
03Symptômes de l'hypothyroïdie#
Sur le plan clinique, on retrouve souvent fatigue chronique, asthénie ; frilosité, intolérance au froid, ainsi que prise de poids (modeste, 2-5 kg) et bradycardie (cœur lent), hypothermie légère.
Sur le plan clinique, on retrouve souvent peau sèche, froide, jaunâtre (carotinodermie), souvent cheveux secs, cassants, alopécie diffuse, ainsi que sourcils clairsemés (signe de Hertoghe : queue clairsemée) ; ongles cassants. œdème cutané (myxœdème) : visage gonflé, mains, jambes, langue épaissie.
Sur le plan clinique, on retrouve souvent ralentissement psychomoteur, ainsi que troubles mémoire, concentration, souvent dépression et somnolence diurne, paresthésies (canal carpien), dépression, anxiété.
Sur le plan clinique, on retrouve souvent bradycardie, hypertension diastolique parfois ; dyslipidémie (cholestérol élevé), parfois épanchement péricardique (rare). Sur le plan clinique, on retrouve souvent constipation chronique, ballonnements, ainsi que prise de poids. Sur le plan clinique, on retrouve souvent voix rauque, grave, dyspnée ; ronflements majorés. Sur le plan clinique, on retrouve souvent myalgies, crampes ; fatigue musculaire — CPK augmentées, parfois arthralgies. Sur le plan clinique, on retrouve souvent règles irrégulières, ménorragies — infertilité, souvent galactorrhée (rare) et ménopause précoce.
Sur le plan clinique, on retrouve souvent anémie modérée (parfois macrocytaire). Sur le plan clinique, on retrouve souvent œdème généralisé, ainsi que bradycardie sévère, parfois hypothermie, somnolence, coma myxœdémateux (mortel sans traitement). TSH élevée, T4 normale — symptômes souvent absents ou frustes, ainsi que 5-10 % adultes, souvent évolution variable.
04Diagnostic et bilan#
TSH (1ère intention) : 0,4-4,5 mUI/L et TSH élevée, souvent valeur au-dessus de la normale ne suffit pas : confirmer. Le diagnostic repose sur valeurs normales : 9-23 pmol/L (variable selon laboratoires), parfois basse dans hypothyroïdie franche ; normale dans hypothyroïdie subclinique. Le diagnostic repose sur non systématique. Intéressant si suspicion résistance, hyperthyroïdie.
Le diagnostic repose sur anti-TPO (peroxydase) : très sensibles pour Hashimoto (positifs 90-95 %), anti-Tg (thyroglobuline) : positifs 50-70 %, parfois titre > 35-100 UI/mL = positif (variable) et présence = origine auto-immune.
Le diagnostic repose sur non systématique ;, souvent goitre palpable, parfois nodule suspect. Asymétrie. Variations de volume, aspect typique hétérogène, hypo-échogène, micro-nodulaire ; thyroïde parfois atrophique.
Si nodule suspect (BIRADS-like : score TIRADS). Élimine cancer. Le diagnostic repose sur glycémie, HbA1c (diabète associé), ainsi que NFS (anémie), souvent bilan lipidique, parfois vitamine B12 (Biermer associé), anticorps auto-immuns autres si suspicion.
| Diagnostic | TSH | T4L |
|---|---|---|
| Eu-thyroïdie | normal | normal |
| Hyperthyroïdie franche | basse | élevée |
| Hyperthyroïdie subclinique | basse | normale |
| Hypothyroïdie subclinique | élevée | normale |
| Hypothyroïdie franche | élevée | basse |
Primaires (95 %) :
Hashimoto (le plus fréquent), parfois post-thyroïdectomie, post-iode 131, post-radiothérapie cervicale, ainsi que amiodarone, lithium, interféron, immunothérapies (anti-PD1) et carence sévère en iode (rare au Maroc actuellement), excès iode (rare) — thyroïdite post-partum, parfois thyroïdite subaiguë (de Quervain), souvent dyshormonogenèse congénitale (dépistage néonatal).
Centrales (5 %, hypophyse, hypothalamus) : Adénome hypophysaire, souvent post-chirurgical, post-irradiation — syndrome de Sheehan (post-partum), TSH basse ou normale paradoxalement, T4 basse. Quand dépister ?
Le diagnostic repose sur symptômes évocateurs, ainsi que dépistage néonatal (au Maroc émergent) — grossesse (1er trimestre), souvent infertilité, dépression, démence, souvent hypercholestérolémie inexpliquée, antécédents familiaux auto-immuns — post-partum (3-12 mois), post-thyroïdectomie.
05Lévothyroxine : équilibrage#
Traitement de référence depuis > 60 ans. Lévothyrox (Merck) ; Euthyrox (Merck), ainsi que Tirosint (gel, mieux absorbée), souvent Levoxine, T4-Lévo (génériques). Substitue l'hormone thyroïdienne déficiente, converti en T3 active dans les tissus. 1 fois/jour, le matin, à jeun, parfois 30 minutes avant le petit-déjeuner OU et au coucher > 3 h après le dernier repas, ainsi que eau plate uniquement (pas café, jus, lait). Absorption réduite par : aliments, café, calcium, fer, certaines fibres. 60-70 % à jeun, 30-50 % avec aliments. 1,6 µg/kg/jour (≈ 100-150 µg), commencer à 25-50 µg, augmenter par paliers de 25 µg toutes les 4-6 sem. 25-50 µg. 1,6-2 µg/kg, doses freinatrices (TSH < 0,1).
TSH dosée à 6-8 semaines après initiation/changement, parfois jeune : 0,4-2,5 mUI/L et sujet âgé : 1-4 mUI/L. Grossesse : selon trimestre (cf section), adaptation par paliers de 12,5-25 µg, souvent suivi une fois équilibré : 6-12 mois, parfois pas de changement sans nouvelle TSH.
Amélioration clinique : 2-4 semaines, parfois 6-8 semaines, disparition symptômes complète : 3-6 mois. Effets secondaires (à doses excessives = hyperthyroïdie iatrogène) : Palpitations, tachycardie et nervosité, insomnie ; tremblements, ainsi que perte poids, diarrhée, sueurs et perte densité osseuse (surdosage prolongé) — fibrillation auriculaire (sujet âgé surtout). Persistance des symptômes. Évolution complications. Diminuent absorption (espacer ≥ 4 h) :
Calcium, fer, magnésium ; antiacides (oméprazole, IPP), parfois cholestyramine, colestipol, souvent sucralfate, sels d'aluminium, souvent café (intervalle 1 h minimum), parfois soja en grande quantité.
Augmentent métabolisme (besoin d'augmenter dose) : Rifampicine, parfois carbamazépine, phénytoïne, ainsi que œstrogènes (contraceptifs oraux, THS), souvent amiodarone, anti-rétroviraux. TSH annuelle si stable. TSH + clinique si modification poids significative, grossesse, médicaments interférents. Non recommandée en routine, discussion dans cas particuliers (résistance, persistance symptômes malgré TSH normale), non disponible facilement au Maroc. Non recommandés par sociétés savantes, ainsi que contiennent T3+T4 mais ratio non physiologique ; pas en pratique au Maroc. Lévothyrox/Euthyrox : 30-100 MAD/mois — génériques : 20-50 MAD/mois, ainsi que remboursement (ALD si chronique).
Reconnue ALD, prise en charge 100 % consultations + biologie + médicaments.
06Hypothyroïdie et grossesse#
Risques pour mère et enfant si non traitée. ×2 — HTA gravidique, pré-éclampsie ; hémorragie post-partum, parfois anémie. Prématurité et petit poids de naissance, souvent détresse respiratoire, parfois QI plus bas (2-7 points), retards, anomalies congénitales rares. Hormones thyroïdiennes maternelles essentielles au développement neurologique fœtal au 1er trimestre (avant que la thyroïde fœtale ne fonctionne).
Systématique chez femmes à risque :, souvent antécédents thyroïdiens — antécédents auto-immuns, goitre. Antécédents familiaux, parfois obésité, diabète ; âge > 30 ans, infertilité, opportunité chez toutes : TSH + anti-TPO en début de grossesse.
| Trimestre | Cible TSH | |
|---|---|---|
| 1er | < 2,5 mUI/L | |
| 2e | < 3,0 mUI/L | |
| 3e | < 3,0 mUI/L | Augmentation des besoins en lévothyroxine dès la grossesse : Augmenter dose de 25-30 % dès confirmation de grossesse, ainsi que ajustement régulier (TSH toutes les 4-6 semaines) ; prendre 9 cp/semaine au lieu de 7 (augmentation 30 %). TSH > 4-5 + anti-TPO+ : à traiter, TSH 2,5-4 + anti-TPO+ : à discuter, souvent TSH > 10 : à traiter même sans anti-TPO. Augmenter dose 25 % en grossesse. Ou TSH régulière. 150-250 µg/jour pendant grossesse (multivitamines prénatales), ne pas substituer à la lévothyroxine. |
Réduire dose de 25-30 % au retour pré-grossesse. 5-10 %, transitoire (hyperthyroïdie puis hypothyroïdie), 20 % évoluent vers hypothyroïdie permanente. Compatible (passage minime dans lait). Prise habituelle.
07Cas particuliers#
TSH élevée, T4 normale —, souvent TSH > 10 : oui, parfois TSH 4-10 + symptômes, anti-TPO+, hyperlipidémie, jeune, désir grossesse : oui. TSH 4-10, asymptomatique, sujet âgé : surveillance (les sociétés divergent, individualiser).
Doses plus faibles (cardiopathies, FA) et objectif TSH plus haut : 1-4 mUI/L ; introduction très progressive, surveillance ECG, FC. Risque angor, infarctus à l'introduction, souvent doses très progressives et accompagnement cardiologique. TSH non fiable (basse paradoxalement), équilibrage sur T4L (cible mi-supérieure), ainsi que bilan hypophysaire complet, souvent traitement causal si possible. Doses freinatrices post-thyroïdectomie totale + iode 131, ainsi que TSH < 0,1 dans formes à haut risque, TSH 0,1-0,5 dans formes à risque modéré et TSH 0,5-2 dans rémission complète.
3-12 mois après accouchement et, 1 — hyperthyroïdie transitoire (1-3 mois)
2, hypothyroïdie transitoire (3-12 mois)
3, récupération (mais 20 % restent hypothyroïdiens) β-bloquants en hyperthyroïdie, lévothyroxine en hypothyroïdie. TSH 1, 3, 6, 12 mois post-partum.
Urgence vitale, hypothyroïdie sévère décompensée + hypothermie + hypotension + bradycardie + coma — traitement IV : T4 ± T3, hydrocortisone, soins de soutien et mortalité 20-50 % même traitée. Thyroïde augmentée de volume sans dysfonction, ainsi que TSH normale et traitement : surveillance, parfois L-thyroxine, chirurgie si compressif/cancer suspect. 50 % en échographie chez adultes, ainsi que bilan : TSH + échographie (TIRADS) + cytoponction si suspect ; selon nature.
08Suivi au Maroc#
Rabat (Avicenne, Spécialités), Casa (Ibn Rochd, 20 août), Fès, Marrakech, Oujda, présents grandes villes ; peuvent suivre hypothyroïdie stable — Sahha.ma annuaire spécialisé.
Consultation endocrinologue : 400-800 MAD (privé), 100 MAD (CHU), consultation généraliste : 100-300 MAD, souvent TSH : 50-150 MAD ; T4L, T3L : 50-150 MAD. Anti-TPO, anti-Tg : 100-300 MAD chaque, souvent échographie thyroïdienne : 400-800 MAD et lévothyroxine : 30-100 MAD/mois, ainsi que remboursement consultations + biologie + médicaments + ALD.
Reconnue ALD. Prise en charge à 100 %.
1, symptômes ou contexte → dépistage TSH
2 et confirmer + T4L + anti-TPO
3 — endocrinologue ou généraliste : diagnostic et traitement
4, initialement, ajustement à 6-8 sem
5 et TSH annuelle si stable
6, parfois ne pas hésiter à ajuster
7, ainsi que surveillance auto-immunes associées.
1 cp/jour à vie (ou très long), souvent ne jamais arrêter sans avis, parfois rappels smartphone. À jeun le matin avec eau plate et 30 min avant petit-déjeuner, souvent ou au coucher > 3 h après repas, ainsi que ne pas avaler avec café/jus/lait. Espacer les substituts qui interagissent (calcium, fer, IPP) ≥ 4 h. Prévenir le médecin de tout traitement.
Équilibrée, méditerranéenne — suffisant via sel iodé et modéré, souvent goitrigènes (chou, brocoli, etc.) : pas en excès cru, si maladie cœliaque associée — utile (anti-TPO, fonction), parfois souvent carence associée.
Activité physique régulière ; gestion stress, ainsi que sommeil suffisant, souvent arrêt tabac.
Vérifier observance ; vérifier prise correcte (à jeun), vérifier interactions, souvent envisager autres causes (autres maladies auto-immunes, dépression). Discussion T3 associée dans certains cas (rare).
TSH annuelle (stable), souvent TSH plus rapprochée : changement poids, médicaments, grossesse — bilan annuel : NFS, lipides, glycémie. Anti-TPO chez parents 1er degré si symptômes ou risques. Enfants : surveillance si mère Hashimoto. Société Marocaine d'Endocrinologie (SMEDIAN), groupes WhatsApp/Facebook : "Hypothyroïdie Maroc", "Hashimoto Maroc" et forums francophones internationaux. Immunothérapies ciblées (auto-immunité), souvent nouvelles formes (gel, sublingual) — thérapie des cellules souches ; diagnostic précoce, microbiote intestinal et auto-immunité thyroïdienne.
Hypothyroïdie = fréquente, traitable simplement et Hashimoto = cause auto-immune n°1 — TSH = examen clé, ainsi que 1 cp/jour à jeun à vie, cible TSH individualisée — adaptation rapide, surveillance étroite et observance = pierre angulaire.
Foire aux questions
Questions fréquentes
1Faut-il prendre la lévothyroxine à vie ?+
2Pourquoi mes symptômes persistent malgré une TSH normale ?+
3L'hypothyroïdie peut-elle empêcher d'avoir des enfants ?+
Vérifiable
Sources médicales
Révision médicale
Dr. Mounir Hakim
Endocrinologue
Cet article a été vérifié médicalement le 29 avril 2026 selon les standards Sahha (E-E-A-T santé, sources OMS / HAS / Inserm / Ministère de la Santé du Maroc).
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